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Le vol à l’étalage, nouveau fléau dans Winnipeg

Des étagères avec des bouteilles d'alcool dans un magasin.

Selon la police de Winnipeg, les magasins d'alcool subissent des vols entre 10 et 20 fois par jour (archives).

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Radio-Canada

De plus en plus de commerces de détail font affaire avec des agences de sécurité à Winnipeg pour contrer l’augmentation du vol à l’étalage, un phénomène qui dépasse largement les magasins de ventes d’alcool.

Winnipeg a vraiment un problème grave, estime Ron D'Errico. Président-directeur général et fondateur d’Impact Security Group, il emploie plus de 1500 gardes de sécurité à Winnipeg.

Il constate une augmentation de 68 % des demandes reçues l'an dernier pour intervenir dans des pharmacies, des épiceries, des magasins de vêtements et d’alcool.

Cela m’indique où se trouve le problème, reprend Ron D'Errico. Et la réalité est que le problème ne s’en va pas. C’est là, et le seul moyen de le combattre, c’est par une présence policière plus importante.

Afin de dissuader plus de voleurs, les agents de sécurité sont devenus plus visibles et sont souvent présents en permanence dans les magasins.

Il y a cinq ans, ces derniers ne portaient pas d'uniforme et assuraient la sécurité de plusieurs magasins à la fois.

Désormais, c’est normal de voir des agents patrouiller dans un magasin ou même accueillir les gens à l’entrée.

Ron D'Errico, PDG d'Impact Security Group

C’est la direction vers laquelle s’en va la Société manitobaine des alcools et des loteries. Depuis 2018, la société de la Couronne fait intervenir des agents dans ses magasins pendant les heures de pointe et leur demande même de contrôler les pièces d’identité des clients à la porte d’entrée.

Malgré toutes ces mesures, le problème est toujours présent. Les magasins d’alcool de la ville subissent un vol 10 à 20 fois par jour, affirme un agent de police de Winnipeg, Jay Murray, lors d’une conférence de presse lundi.

Des voleurs plus violents

Selon Ron D’Errico, les adeptes du vol à l’étalage sont devenus plus effrontés et organisés. Ils agissent souvent en groupe, parfois dans un mouvement brusque et rapide, d'autres fois de manière plus calme, en se séparant pour que les gardiens ne puissent pas tous les suivre.

Ils sortent aussi du magasin en groupe. Il est donc difficile de dire qui a volé quoi. Ron D’Errico estime que les voleurs sont aussi devenus plus violents.

Certains de ses employés ont été menacés avec des couteaux, du vaporisateur anti-agression et même un extincteur. C’est le moment le plus noir de l’histoire de Winnipeg pour n’importe quel type d’activité de sécurité dans la province, estime Ron D'Errico.

Son entreprise reçoit aussi des demandes pour des interventions dans les stationnements, en raison du nombre de vols dans les voitures.

En chiffres

Les chiffres de la police montrent une augmentation de 80 % du nombre de vols à l’étalage.

Voici les chiffres pour les vols dont la valeur est de moins de 5000 $ :

  • En 2017 : 2784

  • En 2018 : 5001

Nombre d'incidents déclarés à la police :

  • Entre août 2017 et juillet 2018 : moins de 4000
  • Entre août 2018 et juillet 2019 : près de 7000

Le responsable de la région des Prairies pour le Conseil du commerce du Canada, John Graham, dit que la réputation de Winnipeg est bien connue. Cela n’incite pas les commerces à s’y installer, surtout dans le centre-ville.

Les statistiques nationales indiquent que, en moyenne, le vol à l’étalage représente 1,44 % du produit total des commerces. Dans le centre-ville de Winnipeg, c’est le triple. C’est un chiffre alarmant qui a attiré l’attention des commerces au niveau national et régional, indique-t-il.

Quand les entreprises doivent investir et qu’elles cherchent un endroit où le faire, le taux de vol et le niveau de danger pour les employés sont pris en considération.

À Winnipeg, il y a une tendance à regarder en périphérie de la ville plutôt que dans le centre, ce qui n’est pas cohérent compte tenu des efforts réalisés pour reconstruire un centre-ville dynamique, ajoute John Graham.

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