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La diffusion en continu selon Quibi : des films sur mobile par chapitres de 10 minutes

Logo de Quibi

Quibi est une nouvelle plateforme de diffusion en continu qui verra le jour en 2020 et qui a pour particularité de proposer des formats courts de 10 minutes, uniquement sur téléphone mobile.

Photo : Quibi

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Regarder des films, des séries et d'autres émissions sur téléphone mobile, par tranches de 10 minutes maximum, dans les transports ou une file d'attente, c'est ce que propose la plateforme Quibi, qui veut adapter la diffusion en continu aux usages « nomades » actuels, loin de tout écran de télévision ou d'ordinateur.

La plateforme portée par Jeffrey Katzenberg, ancien patron de Disney (1984-1994) et créateur des studios Dreamworks, devrait être lancée en avril 2020.

Celui-ci a déjà séduit les studios d'Hollywood, qui ont mis 1 milliard de dollars sur la table. Nombre de vedettes prestigieuses, comme Steven Spielberg, Guillermo Del Toro ou Jennifer Lopez, se sont joints au projet et travaillent sur des programmes courts (films et séries, mais aussi talk-shows, émission d'informations, etc.) spécifiquement conçus pour un écran de téléphone, qui puisse être tenu indifféremment à la verticale ou à l'horizontale.

Une plateforme destinée à un public plus jeune

Nous créons une nouvelle plateforme de visionnement nomade, capable d'atteindre un public difficile à joindre : notre cible, ce sont les millénariaux, cette fameuse génération Y désignant les personnes nées entre 1980 et 2000, selon ce qu'a expliqué Meg Whitman, directrice générale de Quibi, lors d'une conférence organisée en Californie par The Wall Street Journal.

Pour les séduire, Quibi, diminutif de quick bites (« collations rapides » en français), proposera des vidéos de très haute qualité, de qualité hollywoodienne, dans des formats courts entièrement optimisés pour les mobiles et qui ne pourront pas être regardés sur un autre support, selon Meg Whitman.

L'ancienne patronne d'eBay et de Hewlett-Packard insiste qu'il ne s'agit pas seulement de la façon dont les images sont tournées, compressées et lues, mais aussi de la forme dans laquelle les vidéos elles-mêmes seront présentées.

Nous racontons les histoires découpées en chapitres. L'une de nos offres principales sera les films d'une heure et demie ou de deux heures, racontés en épisodes de 10 minutes, chacun avec sa propre dynamique,un début et une fin.

La meilleure analogie, c'est le Da Vinci Code. Chaque chapitre du livre fait cinq pages, car Dan Brown trouvait que les gens ne voulaient plus lire 40 minutes d'un coup, explique-t-elle.

Pour Meg Whitman, ce format court est la clé pour capter l'attention des futurs adeptes dans leurs activités quotidiennes, principalement du lundi au vendredi, de 7 h du matin à 19 h le soir. Exception à la règle, Steven Spielberg a demandé que la série d'horreur qu'il développe pour Quibi ne puisse être vue qu'à la nuit tombée, histoire de créer l'ambiance propice.

Un modèle économique remis en question

Le service, qui ne sera offert dans un premier temps qu'aux États-Unis et au Canada, aura un coût d'abonnement comparable à celui pour la plateforme Disney : 7,99 dollars par mois sans publicité, 4,99 dollars avec publicité.

Les espaces publicitaires pour les 12 premiers mois d'activité sont déjà tous vendus, pour 150 millions de dollars, mais la clientèle sera-t-elle au rendez-vous?

Sincèrement, je pense qu'on a déjà eu la preuve avec YouTube et sa chaîne payante que ce modèle économique ne marche pas, a déclaré à l'Agence France-Presse Tom Nunan, producteur et enseignant à l'école de théâtre, de film et de télévision de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Pour moi, parmi tous les nouveaux services de diffusion en continu qui se lancent, Quibi est le plus risqué, car il est exclusivement consacré au format court, alors que rien ne prouve que les gens veuillent s'abonner pour regarder ce genre de contenus, ajoute-t-il.

Je pense que Quibi peut être viable. Ça colle au mode de vie des jeunes d'aujourd'hui, des petits morceaux qu'ils peuvent regarder de manière nomade, puis y revenir, estime pour sa part Gene Del Vecchio, spécialiste en marketing et en comportement de consommation.

Meg Whitman met en avant l'atout de Quibi pour attirer les créations novatrices : comme ses concurrents, Quibi paye les coûts de production, plus 20 %. Nous gardons les droits des formats courts pendant sept ans, et à l'issue de ces sept ans, les créateurs et créatrices reprennent leur propriété intellectuelle.

Ils pourront remonter le film dans un autre format et le vendre à un autre média, pourquoi pas un autre service de diffusion en continu. Ça nous convient, car nous ne pensons pas réellement être des concurrents pour les services de diffusion en continu classiques, assure-t-elle.

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