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  • Archives
  • Il y a 60 ans, le masque de Jacques Plante changeait le visage du hockey

    Le gardien de but Jacques Plante garde le filet.

    Jacques Plante en 1961 qui porte son second masque en carrière, le masque « bretzel » conçu en fibre de verre moulée.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 1er novembre 1959, le gardien de but du Canadien de Montréal Jacques Plante enfile pour la première fois un masque lors d'un match contre les Rangers à New York. Retour en archives sur ce geste audacieux qui allait changer à tout jamais le hockey professionnel.

    Le courage de braver les interdits

    Le 1er novembre 1959, Jacques Plante reçoit un tir du revers d'Andy Bathgate des Rangers de New York qui lui fracasse le nez. C'en est assez pour celui qui s'est déjà fait briser trois fois le nez, deux fois la mâchoire et les deux os de la joue. Il refuse de retourner au jeu sans porter le masque qu'il a lui-même conçu. Toe Blake, son entraîneur, est contre l’idée, mais il n'a pas le choix. « Le serpent » est son seul gardien.

    D’avoir défié les entraîneurs, la Ligue nationale à l’époque et le monde du hockey, et d’avoir porté un masque. Ben moi, je lui lève mon chapeau.

    Patrick Roy, ex-gardien de but

    Le temps de vivre, 9 mars 1983

    Le 9 mars 1983, l’animateur Pierre Paquette reçoit Jacques Plante à son émission Le temps de vivre.

    Le gardien explique que Toe Blake n’était pas d’accord avec le port du masque. Il croyait que si le gardien n’avait pas « la crainte de se faire tuer et jouait trop détendu », il serait moins alerte. Les blessures et les cicatrices étaient même perçues par l’entraîneur comme des trophées.

    J’étais receveur au baseball, j’étais gardien de but à la crosse et dans ces deux sports-là, je portais un masque. Au hockey, j’ai eu le nez cassé quatre fois, les deux os de la joue, la mâchoire deux fois je me suis dit si je porte un masque dans ces sports-là…

    Jacques Plante

    Il commence à porter un masque lors des entraînements dès 1956. Comme il l’explique lui-même, les pratiques sont beaucoup plus à risque pour un gardien. « On reçoit environ 300 tirs lors d’un exercice et environ 35 durant un match. »

    C’est d’ailleurs durant un entraînement qu’il s’est fait briser la mâchoire.

    Malgré la mentalité de l’époque qui voulait « qu’un brave garde les buts sans masque », Plante affirme l’avoir porté sans gêne. Cela faisait si longtemps qu’il attendait ce moment.

    Ce 1er novembre 1959 à New York, le Canadien a remporté le match par la marque de 3 à 1.

    Étant donné qu’on a gagné ce match-là, ça m’a probablement donné confiance. Le fait de jouer avec le Canadien aussi a aidé au port du masque, parce qu’on avait une bonne équipe, une équipe gagnante.

    Jacques Plante

    L'augmentation de la vitesse du jeu et l'avènement du lancer frappé rendent le port du masque indispensable. Peu à peu, les gardiens des autres formations adoptent l'idée. Qualifié au début de peureux, le geste du gardien originaire de Mont-Carmel, près de Shawinigan, en est maintenant un de bravoure et d'ingéniosité.

    Une protection artistiquement soignée

    La pièce d'équipement devient au fil du temps un élément d'affirmation de la personnalité du gardien, avec des couleurs et des dessins tout à fait caractéristiques.

    Au Nouvelles du sport du 31 octobre 2009, la journaliste Jacinthe Taillon fait une rétrospective de l'évolution du masque de gardien dans la Ligue nationale de hockey.

    Nouvelles du Sport, 31 octobre 2009

    La première confection du masque de Jacques Plante était parfaitement moulée à son visage. L’année suivante, il arbore le style bretzel. Un masque moulé en fibre de verre beaucoup plus aéré. Le casque muni d’une grille est introduit par le gardien de but russe Vladislav Tretiak lors de la série du siècle en 1972.

    Andy Brown des Penguins de Pittsburgh est le dernier gardien à avoir joué à visage découvert le 7 avril 1974.

    Gerry Cheevers des Bruins de Boston a été le premier à personnaliser son masque.

    Masque de gardien de but avec cicatrices dessinées.

    Le gardien Gerry Cheevers des Bruins de Boston a été le premier à personnaliser son masque.

    Photo : Radio-Canada

    Chaque fois qu’il recevait une rondelle, il estimait : " Bon, je viens de m’éviter 6-7 points de suture " et il mettait des marques sur son masque. C’est devenu un classique.

    Gilles Moffet, éditeur québécois, magazine Goalie’s World

    Lorsque le gardien Gilles Gratton des Rangers de New York est apparu sur la glace avec son masque représentant un tigre, les spectateurs et les joueurs étaient béats d’admiration.

    Quand je l’ai mis, il y a eu comme 18 200 personnes à New York qui ont fait " wow ".

    Gilles Gratton ex-gardien des Rangers de New York

    Avant de commencer la partie et de procéder à la la mise au jeu, arbitre et joueurs sont allés voir de plus près le masque du gardien.

    Masque de tigre du gardien de but Gilles Gratton et photo encadrée de Gilles Gratton.

    Le masque du gardien Gilles Gratton est exposé au Temple de la renommée du hockey.

    Photo : Radio-Canada

    Aujourd’hui, cette pièce d’équipement, véritable objet d’art, est exposée au Temple de la renommée du hockey.

    Jacques Plante continuera d’inspirer les gardiens de but partout au monde grâce à ses efforts pour développer, mettre en marché et promouvoir des protections faciales pour joueurs de hockey.

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