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  • Envoyé spécial
  • La classe moyenne argentine s’enfonce dans la pauvreté

    Un homme passe à côté d'une personne qui dort dans un carton et dont on ne voit dépasser que les pieds.

    Chômage en hausse, inflation de 38 % qui ronge les revenus : les familles n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

    Photo : Reuters / Marcos Brindicci

    Jean-Michel Leprince

    Après quatre ans à la tête du gouvernement argentin, Mauricio Macri n’a pas de quoi fêter : inflation de 38 %, doublement de la dette du pays et un tiers de la population vivant sous le seuil de la pauvreté.

    Ce triste constat est particulièrement frappant le soir, où un nombre croissant de sans-abri et de familles entières font la file autour des centaines de soupes populaires que compte la capitale. Les défis du prochain gouvernement d’Alberto Fernandez seront immenses.

    Le père Lorenzo de Vedia est le curé de la paroisse de Caacupé, dans la Villa 21 à Barracas. On l’appelle Padre Toto. Quitte à froisser sa modestie, la ville de Buenos Aires lui a décerné le titre de citoyen illustre. Car sa mission n’était pas facile : rassembler dans sa paroisse de braves gens et les aider à résister à la pauvreté et aux assauts incessants du narcotrafic.

    Dans ce quartier, bâti tant bien que mal sur un ancien bidonville, cela fait longtemps qu’on ne croit plus aux promesses des politiciens. Chômage en hausse, inflation de 38 % qui gruge les revenus, les familles n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

    Après quatre ans de régime néolibéral, il paraît clair pour Padre Toto que la répartition de la richesse n’a jamais été au programme du gouvernement.

    Ce n’est pas la famine, les gens ne meurent pas de faim dans la rue, mais ils ont faim dans la mesure où ils demandent de la nourriture, parce que l’argent qui leur servait à manger, ils en ont besoin pour le loyer, les médicaments, bref pour plein d’autres choses qu’ils n’arrivent plus à se payer.

    Padre Toto

    Dans tous les quartiers de Buenos Aires, la soupe populaire devient la solution de dépannage.

    Ça va très mal, confie Guillermo, le responsable de la distribution de nourriture tout près du Congrès argentin : Il y a quatre ans, on servait 130 repas par jour, on en est désormais à 300, soit plus du double.

    Alejandro, un bénéficiaire, pense qu’Alberto Fernandez, le nouveau président argentin, et surtout l’ex-présidente Cristina Kirchner feront bien meilleure figure que Mauricio Macri. Macri a tout détruit, c’est un désastre total, dit-il. C’est aussi l’avis unanime de tous les économistes.

    Mauricio Macri laisse à son successeur, Alberto Fernandez, une situation économique catastrophique que le péroniste, s’il applique les politiques habituelles de redistribution sociale, risque de faire empirer.

    L’économiste Javier Milei est très pessimiste. Le nouveau gouvernement va contrôler les prix, les salaires, augmenter la dépense publique qu’il va financer en imprimant de l’argent, au risque de provoquer l’hyperinflation. Cela pourrait conduire à moyen terme à la pire crise économique de l’histoire de l’Argentine, affirme-t-il.

    Les Argentins ne sont pas au bout de leurs peines.

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