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Exclusif

Dégâts d'eau souillée et toilettes bouchées à la centrale Victoria

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Centrale de police Victoria de Québec

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguere

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La centrale de police Victoria est aux prises avec de sérieux problèmes d'infiltration d'eau souillée. Des détenus bouchent régulièrement les toilettes des cellules afin d'inonder les espaces du personnel, tant et si bien que la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a été saisie du dossier.

Ce sont des dégâts d’eau souillée d’urine et d’excréments et ça tombe sur la tête de mes gens, tonne le président de la Fraternité des policiers, Marc Richard.

Radio-Canada a obtenu une copie du rapport d’intervention de la CNESST, daté du 28 octobre, qui fait suite à une plainte déposée le mois dernier par une policière de la Ville.

L'inspecteur au dossier y constate qu'un dégât d’eau survient au minimum deux fois par mois et que la situation nécessite l’intervention d’un plombier toutes les cinq à six semaines.

Un plafond et des murs marqués par le passage de l'eau sous le plâtre.

Les marques laissées par l'eau lors d'un incident récent.

Photo : tirée de la plainte déposée à la CNESST

« C’est dégueulasse de voir des choses qui coulent d’un plafond et qui sortent d’une toilette. »

— Une citation de  Marc Richard, président de la Fraternité des policiers de Québec

En raison de la fréquence des infiltrations d'eau, le rapport note que des mesures ont dû être prises pour limiter la possible prolifération de moisissures.

Le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec, qui représente plusieurs employés de bureau à la centrale du parc Victoria, ajoute sa voix à celle de la Fraternité des policiers.

Ça n’a pas de bon sens, tranche Réal Pleau, le président.

Une centrale vétuste

La source du problème est connue depuis des années et s'explique par la vétusté des installations.

L’unité de détention est située au deuxième étage de la centrale Victoria et les planchers sont faits de dalles de béton prémoulées qui laissent passer des liquides entre les joints.

Les détenus, bien au fait de la situation, bouchent sciemment les toilettes des cellules et provoquent des inondations à l’étage inférieur.

Marc Richard le président de la Fraternité des policiers de Québec.

Marc Richard le président de la Fraternité des policiers de Québec

Photo : Radio-Canada

« Des dégâts d’eau, on en a à répétition venant de la détention. »

— Une citation de  Marc Richard, président de la Fraternité des policiers de Québec

Le Service de gestion des immeubles de la Ville a fait installer des sondes de détection d’eau afin de prévenir le problème. Ces appareils permettent le déclenchement d’une alarme visuelle et provoquent l’arrêt automatique de l’arrivée d’eau afin de limiter les dégâts.

Or, le système a flanché à plusieurs reprises ces derniers mois, forçant l’adoption de mesures plus rudimentaires.

Des boîtes remplies de bâches ont été disposées à certains endroits dans le bâtiment. Le personnel a reçu comme instructions de couvrir les documents importants et les bureaux en cas d’infiltration d’eau.

Une boîte sur laquelle c'est écrit : Bâches à utiliser en cas d'urgence

Les employés doivent utiliser les bâches dans ces boîtes pour éviter d’abîmer le matériel lors d'infiltrations d'eau.

Photo : tirée de la plainte déposée à la CNESST

Le président de la Fraternité des policiers, Marc Richard, n'en revient pas.

On ne soigne pas un bobo avec des bâches! Il faut régler le problème, s'indigne-t-il.

Dérogations à la loi

Le rapport d’intervention de la CNESST relève cinq dérogations à la Loi sur la santé et la sécurité au travail à la centrale Victoria.

La CNESST soulève notamment que la Ville n’informe pas adéquatement ses travailleurs affectés au nettoyage des sinistres, ce qui présente un risque de prolifération de moisissures dans l’air.

Un plafond avec des marques de dégâts comme des tuiles qui ont été enlevées.

Des tuiles au plafond de la cafétéria ont dû être enlevées à la suite d'un dégât survenu le mois dernier.

Photo : tirée de la plainte déposée à la CNESST

Aussi, la Ville n’utilise pas de méthodes et de techniques visant à identifier, à éliminer et à contrôler les risques d’exposition à des moisissures.

Finalement, les matériaux touchés par les infiltrations d’eau ne sont pas toujours nettoyés ou enlevés, ce qui est susceptible d’entraîner une prolifération fongique.

La Ville de Québec se voit dans l’obligation d’apporter des correctifs d’ici le 7 novembre, sous peine de sanctions.

Le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec, Réal Pleau, estime qu'il est grand temps que l'administration Labeaume prenne ses responsabilités dans ce dossier.

 Le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec, Réal Pleau.

Le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Québec, Réal Pleau

Photo : Radio-Canada

Si c’était à l’hôtel de ville, est-ce qu’on en parlerait aujourd’hui? Je ne pense pas, s'indigne-t-il.

Un bâtiment en ordre

Le directeur du Service de la gestion des immeubles, Jean Rochette, assure que la Ville de Québec se conformera aux exigences de la CNESST.

Selon lui, la centrale Victoria est « en ordre », mais il convient que le vieil édifice ne répond plus aux besoins d’aujourd’hui.

« C’est un poste de police qui a été fait en 1965, rappelle-t-il. Les opérations n’étaient pas semblables. »

Il martèle qu’aucune analyse n’a démontré à ce jour que l’air de l’édifice était contaminé par des moisissures.

« Rien ne permet de dire que la qualité de l'air n’est pas adéquate. »

— Une citation de  Jean Rochette, directeur du Service de la gestion des immeubles à la Ville de Québec

Contrairement à ce qu’avance la CNESST, Jean Rochette assure que les dégâts d’eau sont nettoyés en temps opportun et que le personnel affecté à la tâche est formé.

Pour lui, le principal problème est que la Ville ne tient pas de registres pour prouver et détailler les actions prises dans ce dossier.

« On le faisait, mais on le documentait mal », soutient-il.

Une longue saga

Rappelons que le projet de nouvelle centrale de police a connu plusieurs ratés ces dernières années à Québec, passant de 40 à 72 millions de dollars.

La transformation de l'édifice F.X. Drolet, qui doit permettre d'accueillir un poste de police de quartier et la nouvelle cour municipale dans Saint-Roch, accuse notamment un retard de 6 mois.

La semaine dernière, le ministère de l'Environnement a confirmé que la Ville de Québec tardait à faire une demande de décontamination dans ce dossier, ce qui repousse le début des travaux.

L'administration Labeaume a promis de tenir un comité plénier d'ici la fin de l'année, afin de faire le point sur l'évolution du projet de centrale de police.

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