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  • Il y a 40 ans débutait la crise des otages américains en Iran

    Un des 66 otages est montré par des militants iraniens à l'extérieur de l'ambassade américaine de Téhéran, le 9 novembre 1979.

    La crise des otages à l'ambassade américaine en Iran commence le 4 novembre 1979.

    Photo : La Presse canadienne / AP

    Radio-Canada

    Le 4 novembre 1979, l’ambassade des États-Unis en Iran est prise d’assaut par des étudiants partisans de la révolution islamique. Débute alors une crise majeure entre Téhéran et Washington qui a modifié de manière décisive les relations entre les deux pays.  

    Un tournant décisif dans les relations États-Unis–Iran

    Spectaculaire prise d’otages politiques à l’ambassade des États-Unis à Téhéran. Plus de 400 étudiants islamiques ont pris d’assaut ce matin l’ambassade américaine dans la capitale iranienne…

    Jean Ducharme

    Téléjournal, 4 novembre 1979

    C’est par ces phrases que l’animateur du Téléjournal Jean Ducharme annonce le 4 novembre 1979 le début de la crise des otages américains en Iran.

    Des étudiants radicalisés par la révolution islamique ont investi l’ambassade américaine à Téhéran et séquestré son personnel de nationalité américaine.

    Julie Miville-Dechêne décrit par la suite l’atmosphère qui règne dans la capitale iranienne ce jour-là.

    L’occupation de l'enceinte diplomatique aurait reçu la bénédiction du gouvernement révolutionnaire et de son guide suprême, l’ayatollah Khomeini.   

    Cette prise d’otage envenime de manière irrémédiable les relations déjà très tendues entre les États-Unis et l’Iran.

    Mais pourquoi un tel geste?

    Depuis février 1979, l’administration du président américain Jimmy Carter marche de plus en plus sur des œufs en ce qui concerne l’Iran.

    La révolution islamique vient de chasser du pouvoir Mohamed Reza Shah Pahlavi, que les Américains avaient appuyé de manière indéfectible durant tout son règne.

    Le nouveau régime iranien accuse les États-Unis d'avoir soutenu un tyran sanguinaire. Or, en octobre 1979, les États-Unis ont accepté d’accueillir le shah, atteint d’un cancer.

    Téhéran exige que l’ex-empereur soit extradé en Iran pour être jugé pour les crimes qu'il a commis.

    L’administration Carter refuse. La colère monte en Iran.

    La réplique du gouvernement révolutionnaire iranien est de laisser ses partisans parmi les plus radicalisés envahir l’ambassade des États-Unis.

    Washington aux abois

    La prise d’otage devient rapidement la priorité numéro un de l’administration Carter.

    Téléjournal, 8 novembre 1979

    L’animateur du Téléjournal Bernard Derome et le correspondant à Washington Normand Lester, le 8 novembre 1979, confirment que les Américains regardent avec inquiétude le déroulement des événements en Iran.

    Le président Carter a annulé une visite qu’il devait effectuer à Ottawa pour être capable de mieux réagir à n’importe quel moment à l’évolution de la crise.

    Il doit aussi gérer la colère grandissante de la population américaine.

    À Houston, des citoyens brûlent un drapeau iranien devant le consulat de l’Iran. Plusieurs réclament l’expulsion des 60 000 Iraniens inscrits dans les écoles américaines.

    Signe de la gravité de la situation, l’administration Carter contacte même l’Organisation de libération de la Palestine pour qu’elle tente une médiation avec l’Iran.

    Or, jusqu’à ce moment-là, Washington avait toujours refusé de dialoguer avec ce mouvement palestinien, qu'il considérait comme terroriste.

    Les jours passent et la situation se durcit.

    Les importations de pétrole iranien sont interdites le 12 novembre et d’importants avoirs bancaires iraniens sont gelés aux États-Unis deux jours plus tard.

    Le 7 avril 1980, le président Carter rompt les relations diplomatiques avec l’Iran.

    Le 25 avril 1980, les États-Unis tentent militairement de libérer les otages de l’ambassade de Téhéran. L’opération Eagle Claw échoue lamentablement.

    La crise iranienne se transforme en boulet attaché à la cheville du président Carter jusqu’à la fin de son mandat.  

    La crise s’invite dans l’élection présidentielle de 1980

    Le président Carter avait obtenu des politiciens que la question des otages ne soit pas transformée en un enjeu électoral.

    Mais au printemps 1980, des pourparlers secrets entre le gouvernement iranien et des dirigeants chargés de la campagne du candidat républicain à la présidence Ronald Reagan sont entamés.

    Ils s’entendent pour utiliser l'impasse que constitue la séquestration des diplomates américains pour empêcher le président Carter de remporter un deuxième mandat.

    Téléjournal, 21 octobre 1980

    La crise des otages s’invite donc subitement dans l'élection présidentielle de novembre 1980, comme le souligne le correspondant à Washington Raymond Saint-Pierre dans un reportage présenté au Téléjournal du 21 octobre 1980.

    Ronald Reagan rend responsable la « politique étrangère défaillante » de l'administration Carter de l’éclatement de la crise des otages.

    Jimmy Carter pourfend pour sa part son adversaire qui utilise la situation iranienne comme un instrument partisan.

    Le 4 novembre 1980, le président Carter est battu de manière écrasante par Ronald Reagan.

    Le 20 janvier 1981, jour de passation des pouvoirs à Washington, les otages américains sont libérés à Téhéran.

    Un dénouement qui ne règle pratiquement rien

    Ce soir, 22 janvier 1981

    Le 22 janvier 1981, le correspondant à Paris Louis-Bernard Robitaille propose à l’émission Ce soir une entrevue avec le journaliste Paul Balta du quotidien Le monde sur les raisons du dénouement de la crise et de ses conséquences.

    Paul Balta croit que la guerre entre l’Iran et l’Irak, qui a éclaté en septembre 1980, explique en partie la décision iranienne de laisser partir les Américains.

    Cette guerre ne va pas très bien pour les Iraniens. Ils auraient besoin de nouvelles armes.

    Pour en acquérir, il faudrait qu’ils aient accès à l’argent et à l’équipement militaire retenus aux États-Unis par l’administration Carter. Libérer les otages pourrait débloquer cette situation.

    De plus, les Iraniens craignent l’arrivée à la Maison-Blanche d’un Ronald Reagan soupçonné être plus intransigeant que le président Carter.

    Louis-Bernard Robitaille pose en conclusion une question à Paul Balta sur l’avenir des relations entre les deux pays.

    Le journaliste français répond que, même aux États-Unis, on n’envisage pas la réconciliation pour demain.

    Le rapprochement entre les États-Unis et l’Iran ne s’est toujours pas amorcé.

    En 2019, Washington et Téhéran continuent de se percevoir comme des ennemis irréductibles.

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