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Une grande détresse psychologique enveloppe Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Des maisons sont entourées d'eau à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Les inondations à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans les Laurentides, vues du haut des airs.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À l'approche des premiers flocons de neige, des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac lancent un cri d'alarme. Ils sont encore nombreux à attendre des réponses du ministère de la Sécurité publique. Et ceux qui en ont reçu vivent de sérieuses difficultés financières. Sur le terrain, six mois après les inondations, cela se traduit par une grande détresse psychologique.

Le coeur gros, Sylvie Béchard constate que son quartier a bien changé depuis la rupture de la digue. Même si les sinistrés s'entraident, ils sont encore nombreux à subir les contrecoups des inondations du printemps dernier.

Elle aimerait bien que le premier ministre Legault et la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, reviennent les visiter.

Les maisons sont détruites, puis nous autres aussi on est détruits par en dedans. Ça serait bon qu'ils viennent le constater sur place, peut-être. Ça réveillerait peut-être des sentiments qui ne semblent pas partagés actuellement.

Sylvie Béchard
Kim Doucet, une des sinistrées de Saint-Marthe-sur-le-Lac.

Kim Doucet, une des sinistrées de Saint-Marthe-sur-le-Lac

Photo : Radio-Canada

Une autre sinistrée, Kim Doucet, est exaspérée. Elle attend toujours de savoir si sa maison doit être démolie. Elle craint la faillite. Elle a dû aller chercher de l'aide.

C'est pas beau ce qui se passe en moi. Je suis à bout. Je ne vais pas bien. Je ne vais pas bien financièrement, je ne vais pas bien émotivement.

Kim Doucet

Les intervenants psychosociaux sont encore déployés à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Ils entendent recontacter les résidents, parce qu'un événement comme la rupture de la digue peut faire revenir des symptômes de détresse 6 à 7 mois après l'événement.

Depuis quelques jours, les services psychosociaux à Sainte-Marthe-sur-le-Lac notent une augmentation du nombre d'appels.

Comme la situation ne s'améliore pas au niveau matériel évidemment, cela a une incidence sur la situation psychologique des gens. C'est à peu près 1600 personnes qu'on va appeler d'ici deux semaines, pour s'assurer que les gens n'ont pas besoin de nous, ou que s'ils ont besoin de nous, on va pouvoir leur répondre rapidement.

Mario Jarquin, directeur de service de santé mentale et de services psychosociaux, CISSS des Laurentides

Jean-Guy fait partie des résidents à bout de ressource. Sa fille est sourde, son fils est autiste. On lui a d'abord dit que sa maison pouvait être sauvée. Il a investi 20 000 $ en rénovations d'urgence. Mais, surprise, un autre inspecteur est passé à la maison et lui a dit qu'il fallait la démolir. Il a reçu l'autorisation de la Ville, mais il attend l'argent du gouvernement pour amorcer les travaux.

Jean-Guy, un des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Jean-Guy, un des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Photo : Radio-Canada

Entre-temps, malgré le danger que cela représente, il chauffe sa maison avec une chaufferette au gaz propane. Sa maison est craquée de partout. On peut voir les solives du plancher dans sa cuisine.

Un déploiement sans précédent

Les autorités ont déployé des ressources extraordinaires en ce qui a trait aux services psychosociaux destinés aux sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

En ce qui concerne la durée et les personnes affectées, ce serait l'un des plus importants déploiements d'intervenants psychosociaux jamais connus au Québec. Jusqu'ici, 250 sinistrés sont passés par leurs services. Et cela ne comprend pas ceux qui ont consulté leur médecin de famille ou l'hôpital.

Un groupe de chercheurs suit à la trace leur travail pour tirer des leçons de l'intervention.

Avec les informations de Dominic Brassard

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