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Le chef de l'EI était un « malade et un dépravé », s'acharne Donald Trump

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Donald Trump s'adresse à des chefs de police du haut d'une tribune.

Le président Trump a profité d'une allocution devant des chefs de police du pays pour commenter à nouveau dans des termes peu élogieux la mort du chef de l'EI.

Photo : afp via getty images / BRENDAN SMIALOWSKI

Radio-Canada

Alors que le président Trump faisait lundi matin des gorges chaudes des circonstances entourant l’élimination du fondateur du groupe armé État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, une base américaine était la cible de tirs d’obus en Irak, près de Bagdad.

Le président Trump, qui a confirmé dimanche la mort du chef et fondateur du groupe armé État islamique en termes provocants et peu élogieux, a repris les mêmes qualificatifs lundi matin lors d’un discours à Chicago, où il a aussi reproché à son prédécesseur Barack Obama de ne pas avoir lui-même éliminé le chef de l’EI.

Devant un parterre de chefs de police réunis en congrès à Chicago, Donald Trump est brièvement revenu sur son annonce de la veille, rappelant sourire en coin à son auditoire qu’Abou Bakr al-Baghdadi était un homme malade et dépravé et qu’il avait fait preuve de lâcheté alors qu’il était cerné par les forces spéciales américaines.

C’était un homme malade et dépravé et maintenant il est mort. Il est raide mort. Et il n’est pas mort bravement, je vous le dis.

Donald Trump, président des États-Unis

Encouragé par les rires et les applaudissements de l’assistance, le président a ajouté sans le nommer que son prédécesseur, à savoir Barack Obama, aurait dû se charger personnellement de superviser la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi.

Il aurait dû être tué il y a des années. Un autre président aurait dû l’attraper…

Donald Trump, président des États-Unis

Dimanche matin, le président américain n’avait pas fait dans la dentelle en annonçant publiquement que le chef de l’EI s’était donné la mort en actionnant une ceinture d’explosifs en présence de trois enfants, alors qu’il était cerné dans un tunnel par les forces américaines dans le nord-ouest de la Syrie.

Le président avait alors déclaré, après avoir assisté à l’opération en direct, qu’Abou Bakr al-Baghdadi était mort comme un chien et comme un lâche en emportant avec lui les trois enfants dans la mort.

Rappelons que deux hommes ont aussi été capturés vivants par les forces américaines lors de l’opération, a confirmé lundi le général Mark Milley, chef d'état-major de l'armée américaine.

Les images du raid

Donald Trump envisage de publier des extraits de la vidéo du raid américain pendant lequel est mort Abou Bakr al-Baghdadi. 

« Nous y pensons, c'est possible », a déclaré M. Trump depuis la base aérienne d'Andrews, près de Washington.

« Nous pourrons prendre des extraits et les publier », a ajouté  M. Trump.

De son côté, le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Mark Milley, a expliqué que les images étaient en train d'être passées en revue.

« Elles sont en train de passer par le processus de déclassification », a-t-il dit lundi.

Le corps de Baghdadi immergé en mer

Il est assis au sol avec les jambes croisées.

Image d'Abou Bakr al-Baghdadi tirée de la vidéo diffusée sur un site lié à l'État islamique.

Photo : The Associated Press

Les restes du fondateur de l’EI, qui avaient été rapportés par les troupes américaines après l’assaut à des fins d’identification et d’autopsie, ont été immergés en mer dans un endroit non divulgué, selon un responsable du Pentagone cité par l’Agence France-Presse.

Le gouvernement américain avait utilisé le même procédé pour disposer du corps du fondateur d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, en mai 2011.

Selon Donald Trump, il s'agit d'une nouvelle de plus grande envergure que la mort d'Oussama ben Laden en 2011, survenue sous l'administration de Barack Obama.

Mais en dépit de cette mission exécutée avec brio par les forces spéciales américaines, plusieurs experts et élus américains, autant démocrates que républicains, estiment que l’EI n’est pas mort avec son fondateur et que les opérations du groupe vont se poursuivre.

C’est notamment l’avis du secrétaire à la Défense, Mark Esper, qui rappelait justement lundi matin qu’il est difficile de combattre une idéologie.

La situation sécuritaire en Syrie reste complexe, car de nombreux acteurs étatiques et non étatiques se disputent le contrôle des territoires et des ressources de ce pays, a par ailleurs expliqué le secrétaire à la Défense des États-Unis.

Diane Foley, la mère du journaliste américain James Foley, exécuté par des membres de l’EI en 2014, près de Raqqa, en Syrie, est du même avis.

J’étais très reconnaissante que nous ayons encore eu des troupes en Syrie qui ont pu utiliser les renseignements et rendre tout cela possible, a-t-elle fait remarquer en entrevue à la télévision américaine.

J’espère que sa disparition portera un coup énorme au groupe [armé] État islamique. Mais nous devons rester très vigilants, car ils veulent se regrouper et ramener leur règne de la terreur.

Diane Foley, mère du journaliste James Foley

Attaque contre une base en Irak

Pendant ce temps, en Irak, trois obus ont été tirés lundi sur la base américaine de Taji, au nord de Bagdad, selon l’Agence France-Presse.

Selon un responsable au sein des services de sécurité cité par l’agence, deux obus sont tombés directement sur la base, alors que le troisième s’est abattu aux abords de la base sans exploser.

L’attaque qui n’aurait pas fait de victimes n’avait pas été revendiquée au moment d’écrire ces lignes.

Par ailleurs, des témoins ont rapporté que des hélicoptères ont enlevé une famille de quatre personnes en Syrie, dans le secteur de Jarablos, près de la frontière avec la Turquie.

Un correspondant de l'AFP a parlé à un habitant de la région qui a vu les hélicoptères et a affirmé qu'une famille avait été enlevée, sans être en mesure de l'identifier.

« Celui qui n'a pas été tué sera interpellé », a tweeté lundi soir Mustafa Bali, un porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par les combattants kurdes. « Une autre opération réussie ce soir », a-t-il indiqué de manière énigmatique, sans plus de précisions.

Dimanche, les forces kurdes en Syrie, alliées de Washington dans la lutte antidjihadiste, ont aussi annoncé la mort du porte-parole de l'EI, Abou Hassan Al-Mouhajir, dans une opération coordonnée avec « l'armée américaine » dans le secteur de Jarablos.

Avec les informations de Agence France-Presse

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