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Le nombre d'avortements pratiqués à la clinique 554 de Fredericton demeure inconnu

La clinique 554 au centre-ville de Fredericton.

La clinique 554 au centre-ville de Fredericton.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La clinique privée 554, à Fredericton, n'est pas en mesure de divulguer le nombre d'avortements qu'elle pratique, au moment où elle demande au gouvernement du Nouveau-Brunswick de la financer pour éviter sa fermeture.

La fermeture imminente de la clinique a été annoncée en pleine campagne électorale fédérale et a même provoqué des manifestations.

Mais il est impossible de connaître le nombre d'avortements pratiqués dans cette clinique, qui indique tout simplement qu'elle n'a pas les ressources pour colliger les chiffres.

Malheureusement, nous n'avons ni le temps ni les ressources nécessaires pour examiner tous les dossiers des patients et compiler des statistiques à l'heure actuelle, explique Valerie Edelman, gestionnaire de la clinique.

Les avortements dans les hôpitaux

Pour leur part, les deux réseaux de santé et le gouvernement du Nouveau-Brunswick ont dévoilé le nombre d'avortements effectués dans les hôpitaux depuis 2010.

En 2015-2016, par exemple, plus de 570 avortements chirurgicaux ont été effectués dans les hôpitaux où le service est offert. En 2018-2019, il y en a eu près de 450.

Une stratégie politique?

Pour la professeure en administration des soins de santé à l'Université de Moncton, Claire Johnson, l'annonce de la fermeture de la clinique 554 en pleine campagne électorale n'était pas un hasard. Je pense que c’était probablement une stratégie de la part de la clinique d’en faire un enjeu pour que plus de gens en parlent pour apporter plus d’attention au sujet. Puis je pense que c’est de bonne [guerre]. Parce que c’est vraiment bizarre qu’au Nouveau-Brunswick, on ne couvre pas les avortements en milieu clinique.

une femme dans un bureau

Claire Johnson est professeure en administration des soins de santé à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Un quart des services en moins

La professeure estime qu'il faut se pencher sur la question de l'accessibilité. C'est accessible dans trois hôpitaux tout de suite, publiquement, puis [dans] une clinique privée, [aux] frais de la personne. Puis si tout à coup on enlève celui-là, on parle quand même d’un quart des services.

Elle ajoute que le Nouveau-Brunswick est l'une des seules provinces à ne pas couvrir les services d'avortement en milieu clinique communautaire.

Ce que ça démontre vraiment, c’est que le Nouveau-Brunswick n’est pas prêt à assumer les coûts d’un avortement fait dans un milieu clinique. C’est comme, on insiste que ce soit fait dans un milieu hospitalier. C’est vraiment là où l’accessibilité va être différente au Nouveau-Brunswick que partout ailleurs au Canada.

Mme Johnson estime que la fermeture éventuelle de la clinique 554 pourrait aussi avoir un impact sur l’accessibilité dans la mesure où les hôpitaux publics n'offrent pas le service aussi tard dans la grossesse que la clinique privée. Dans les hôpitaux, on le fait si la personne est moins que 14 semaines, tandis que la clinique, on va le faire jusqu’à 16 semaines. Ça fait qu’on parle d’un deux semaines de différence en termes d’accessibilité de ce service-là, explique-t-elle.

Plus de déplacements

Claire Johnson suppose aussi que la fermeture pourrait forcer des patients à se déplacer plus loin, comme les avortements ne seront accessibles qu'à Moncton et à Bathurst. La professeure se questionne aussi sur les raisons pour lesquelles le gouvernement a décidé de rendre le service accessible dans deux hôpitaux de la même ville, à Moncton. Déjà là, deux à Moncton, c’est un peu intéressant comme choix. La province va dire que c’est parce qu’il y a beaucoup de demande à Moncton, mais ça veut aussi dire que plusieurs personnes ont besoin de se déplacer.

La gestionnaire de la clinique 554 confirme cette supposition. Je peux vous dire que chaque semaine, je reçois des appels de femmes qui ne peuvent pas se rendre à Moncton, précise Valérie Edelman. Elle ajoute que ce sont le plus souvent les personnes les plus vulnérables qui paient le prix de ce manque d'accessibilité.

Quand on lui demande comment ce problème se fera sentir, Mme Johnson répond qu’on ne le sait pas. Selon moi, il va falloir faire énormément de surveillance pour s’assurer que les gens qui veulent un avortement peuvent encore [l'obtenir].

La clinique privée qui fournit aussi des services de santé généraux à la communauté LGBTQ+ a été mise en vente.

Elle cessera d'offrir ses services lorsqu'une transaction aura été conclue.

D'après un reportage de Wildinette Paul

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