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La grogne se poursuit au Chili, malgré la purge ministérielle

Des forces de sécurité interpellent un manifestant dans la rue.

Les manifestations se poursuivent à Santiago, capitale du Chili.

Photo : Reuters / Henry Romero

Radio-Canada

Huit des 24 ministres du gouvernement chilien se sont fait montrer la porte par le président Sebastian Piñera, lundi, au moment où le pays fait face à sa plus importante crise politique depuis le retour de la démocratie, en 1990. Les manifestations se sont toutefois poursuivies.

Le coup de balai au sein du Cabinet n'aura cependant pas calmé la grogne populaire; les manifestations se sont ainsi poursuivies à Santiago.

Les heurts se concentraient non loin du palais de La Moneda, et un rassemblement pacifique de plusieurs dizaines de milliers de personnes avait lieu au même moment sur la Plaza Italia, devenue l'épicentre des manifestations depuis le début de la contestation sociale.

Il a progressivement laissé place à de violents heurts, alors que des groupes de protestataires radicaux souhaitaient se rendre jusqu'au siège du gouvernement.

Piñera démission!, criaient les manifestants que la police tentait de contenir à coup de gaz lacrymogène et de lances à eau.

Quelques commerces ont été pillés, tandis qu'un violent incendie a touché un immeuble abritant un centre commercial, plusieurs boutiques et un hôtel, rappelant les violences qui avaient éclaté aux premiers jours de la contestation le 18 octobre.

D'autres affrontements ont eu lieu dans d'autres villes, y compris Concepcion et Valparaiso, où se trouve le parlement.

Il ne s'agit pas de gens qui veulent la justice sociale, qui veulent que les choses aillent mieux, ce sont des gens qui veulent la destruction, le chaos.

Karla Rubilar, la nouvelle porte-parole du gouvernement

Elle a toutefois exclu un rétablissement de l'état d'urgence, levé depuis dimanche à minuit.

Le ministre de l’Intérieur, Andres Chadwick, cousin et confident de longue date du président, a notamment été congédié au profit de Gonzalo Blumel, tandis que son collègue des Finances, Felipe Larrain, a été remplacé par Ignacio Briones.

Le chef de l'État conservateur avait annoncé un remaniement gouvernemental samedi, au lendemain d'une mobilisation historique contre les inégalités sociales qui a rassemblé plus d'un million de personnes dans le pays.

Violences et torture

Depuis le 18 octobre, le Chili est secoué par des émeutes visant à dénoncer les inégalités sociales qui sont durement réprimées. Des enquêteurs de l'ONU sont d'ailleurs attendus lundi pour vérifier des allégations d'abus perpétrés par les forces de l'ordre.

Selon des organisations de défense des droits de la personne, des cas de torture, de violences sexuelles, de tabassages ou de graves blessures provoquées par des tirs de plomb ont eu lieu pendant l'état d'urgence, qui a finalement été levé dimanche à minuit.

Les affrontements ont fait 20 morts jusqu'ici, selon des chiffres concordants du ministère de l'Intérieur, du parquet et de l'Institut national des droits humains (INDH), un organisme public indépendant qui dénombre des blessés à partir d'observations faites dans les hôpitaux et les commissariats.

L'armée serait impliquée dans quatre décès et une autre personne serait morte après avoir été tabassée par la police.

Deux victimes sont mortes après avoir été percutées par un conducteur ivre, tandis que les autres ont péri dans des incendies lors de pillages ou ont succombé à leurs blessures.

L'INDH recense également 1092 personnes blessées, dont 596 par des balles réelles en plomb ou des tirs d'armes d'impact, 3193 interpellations et 88 plaintes, y compris 5 pour homicides et 17 pour actes de torture et violences sexuelles.

Les émeutes ont été engendrées par l'annonce plus tôt en octobre de la hausse du prix du billet de métro de 30 pesos chiliens, soit un peu plus de 5 cents canadiens. D'autres hausses, dont une augmentation des tarifs de l'électricité, avaient été décrétées quelques semaines plus tôt.

La hausse a été rapidement annulée par le président Piñera, mais la colère des manifestants ne s'est pas apaisée.

Avec les informations de Agence France-Presse

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