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Un Britanno-Colombien atteint de démence reçoit l'aide médicale à mourir

Un couple pose devant leur résidence.

Gayle Garlock est mort chez lui avec sa famille à ses côtés.

Photo : Fournie par Barbara Garlock

Radio-Canada

Le cas de Gayle Garlock, un Britanno-Colombien de Victoria atteint de démence et ayant reçu l’aide médicale à mourir, « met en lumière les diverses interprétations de l'aide médicale à mourir par le milieu médical et le débat sur le droit des Canadiens atteints de démence », selon la directrice de la Société Alzheimer du Canada, Pauline Tardif.

Lors de l'adoption de la Loi canadienne sur l'aide médicale à mourir, en 2016, une hypothèse selon laquelle les personnes ayant reçu un diagnostic de démence seraient exclues de cette loi était largement répandue chez les médecins, les avocats, les patients et même les prestataires de l’aide médicale à mourir.

Gayle Garlock a contesté cette hypothèse. Le 26 août, il est devenu l'un des premiers Canadiens ayant souffrant de démence à recevoir l'aide médicale à mourir.

Perdre la capacité de lire

Dès les premiers moments de leur union, Barbara Garlock a compris que le besoin de lire faisait partie intégrante de la personnalité de son mari. Mais, un jour, le bibliothécaire et universitaire à la retraite a été incapable de lire une carte routière. En 2014, la démence à corps de Lewy a été diagnostiquée chez l'homme de 70 ans. Il s'agit de la forme de démence progressive la plus répandue après la maladie d'Alzheimer.

Un homme s'amuse avec une statue ayant la forme d'un accordéon.

Gayle Garlock voulait que son histoire soit connue, dans l’espoir que cela ouvre la porte à d’autres, selon sa femme, Barbara.

Photo : Fournie par Barbara Garlock

Être incapable de lire représentait pour lui une souffrance intolérable.

Barbara Garlock

Il n'était pas encore prêt à mourir, mais il voulait savoir si l’aide médicale à mourir serait une option éventuelle.

Un premier refus

Lorsqu'il a rencontré Stefanie Green pour la première fois, en 2018, la chef de l'Association canadienne des évaluateurs et des prestataires d'aide médicale à mourir a refusé de la lui accorder. Elle n'était pas convaincue qu'il remplissait les critères d'admissibilité.

Administrer l'aide médicale à mourir à un patient qui n'y est pas admissible est un crime passible d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 14 ans, explique-t-elle.

En février 2018, le Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie-Britannique a ouvert une enquête sur trois médecins qui avaient participer à l’administration de l’aide médicale à mourir pour une femme de Victoria atteinte de la maladie d’Alzheimer, Mary Wilson. Ils ont été blanchis de tout acte répréhensible.

Photo studio d'une femme vêtue de noir.

Au printemps 2019, après de longues discussions avec des collègues et des juristes, la Dre Green était prête à reconsidérer la demande de Gayle Garlock.

Photo : Chris McKeen/Stuff

Malgré la détérioration de l'état de Gayle Garlock, Mme Green a déterminé qu'il savait toujours ce qui se passait autour de lui, et le 9 mai, elle a approuvé sa demande.

Mourir bien entouré

Le jour de sa mort, Gayle Garlock a reçu la visite de la Dre Green. Il savait qui j'étais. Il savait que je lui donnerais des médicaments susceptibles de causer sa mort. Il souhaitait ardemment que cela se produise, se rappelle-t-elle.

Barbara Garlock s'est allongée aux côtés de son mari et l’a tenu dans ses bras. Elle chuchotait Je t’aime à son oreille. Leurs fils, assis au pied du lit, lui ont dit à quel point il avait été un père merveilleux.

La Dre Green a administré le médicament, et Gayle Garlock est mort paisiblement quelques minutes plus tard.

Elle espère que cette affaire montrera qu'il est possible que l'aide médicale à mourir soit légale et bien faite si elle est effectuée correctement.

Avec les informations d'Alisa Siegel

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Colombie-Britannique et Yukon

Aide médicale à mourir