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Toronto aide les résidents à créer des jardins pour accueillir des abeilles

Une abeille butine une fleur.

Une abeille butine une fleur.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

La Presse canadienne

Des résidents de Toronto créent des espaces verts au centre-ville pour encourager les abeilles et d’autres pollinisateurs à s'installer l'année prochaine. Le but est d’inverser le déclin d'espèces pourtant essentielles à la production agricole dans tout le pays.

Avec plusieurs de ses voisins, Mike Perozak, âgé de 58 ans, bénéficie d'un programme de subvention municipal, PollinateTO, qui offre 5000 $ aux participants pour faire de leur maison un refuge pour les pollinisateurs dont les populations sont en déclin.

M. Perozak a déclaré que l'engagement était relativement modeste en temps et en argent.

Chaque coin de pelouse peut être une prairie ou plein de plantes de la forêt, que vous ayez du soleil ou de l'ombre, a-t-il déclaré. Nous pourrions vivre dans un paradis de papillons et d'insectes et faire à nouveau partie de l'écosystème.

Mike Perozak devant son domicile, à Toronto.

Alors que la plupart des propriétaires ramassent les feuilles d'automne, M. Perozak aide ses voisins du centre-ville de Toronto à préparer leurs jardins pour accueillir des abeilles au printemps.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Grâce à la subvention, Mike Perozak et d'autres membres de la Danforth Gardens Neighborhood Association agrandiront un jardin scolaire local et planteront des rangées de fleurs autour de quatre maisons et dans un parc de leur quartier.

L'objectif est de créer un corridor pollinisateur pour attirer les abeilles, dynamiser un écosystème soumis au stress et aider les agriculteurs locaux inquiets du déclin d'une espèce essentielle à leurs activités.

Les insectes pollinisateurs en déclin

De nombreuses populations d'abeilles, de papillons et d'autres insectes pollinisateurs sont en déclin, menaçant la production agricole des fruits et légumes qui représente 2,4 milliards de dollars en Ontario.

Les chercheurs considèrent que la perte d'habitat, les parasites, les pesticides et le changement climatique sont probablement les causes du déclin.

Mike Perozak explique que les pollinisateurs ont besoin d'une diversité de plantes indigènes de la région, telles que les rudbeckies hérissées. Les insectes ont également besoin de bois mort, de tiges et des feuilles pour affronter l’hiver.

Nous allons planter une variété de plantes à fleurs qui fleurissent à différentes périodes de l'année, fournissant ainsi des endroits plus constants pour les pollinisateurs, a expliqué Monica Gutierrez, l'une des membres de l'équipe. Je vais me débarrasser de toute mon herbe, entièrement.

Les bénéficiaires de la subvention, issus de plus de 150 candidats, ont prévu différents espaces destinés à attirer les pollinisateurs au printemps. Ils comprennent des parcelles de cour avant dans différentes rues de la ville ainsi que des projets dans des zones communautaires tels que des écoles ou des parcs.

Mike Perozak devant son domicile, dans un jardin.

Mike Perozak devant son domicile, à Toronto, le vendredi 25 octobre 2019.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Les environnementalistes saluent le programme, notant qu'une augmentation des populations de pollinisateurs pourrait aider à mettre un terme aux mesures coûteuses en temps et en argent auxquelles les agriculteurs ont recours ces dernières années pour préserver leurs cultures.

Avec le déclin des populations, les agriculteurs paient de plus en plus pour louer des abeilles pour la pollinisation des cultures.

Les insectes sont expédiés sur de longues distances au Canada et aux États-Unis afin de correspondre aux saisons de floraison complexes. Selon le ministère de l'Agriculture, la récolte de bleuets au Canada, évaluée à 244 millions de dollars en 2018, nécessite des milliers de pollinisateurs loués dans les provinces de l'Atlantique.

Une abeille sur une plante dans un jardin.

Les plantes indigènes sont les meilleures sources de nectar pour les abeilles.

Photo : Radio-Canada / Robyn Miller

L'espoir est que, avec le temps, nous pourrons avoir un nombre croissant de pollinisateurs indigènes complémentaires, plutôt que de dépendre totalement des abeilles importées et de plus en plus vulnérables, a déclaré Jode Roberts, stratège principal à l'organisation environnementale David Suzuki Foundation.

La somme d'argent que la Ville est prête à verser dans les subventions est un signe que Toronto prend la question au sérieux, selon lui.

Les incitations financières constituent un outil de politique environnementale commun pour encourager l'adoption de technologies plus propres, telles que des subventions pour les véhicules électriques ou des réductions d'impôts pour les rénovations domiciliaires.

Nous avons consulté plus de 7000 personnes et le message le plus important que nous avons entendu est “nous avons besoin d'incitations", a déclaré Patricia Landry, agente des parcs, de la foresterie et des loisirs de la Ville de Toronto.

Les subventions ont été recommandées dans le cadre d'une stratégie plus large de protection des pollinisateurs, adoptée à l'unanimité par le conseil municipal de Toronto en avril 2018. La Ville a annoncé qu'elle offrirait à nouveau les subventions à la communauté PollinateTO en 2020.

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