•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec gèle le financement national des pêcheurs côtiers

Des pêcheurs qui rangent des casiers à homard

Il y a 325 homardiers aux Îles dont 210 sont membres du Rassemblement des pêcheurs et pêcheurs des côtes des Îles.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Joane Bérubé

Ni l’Association des pêcheurs professionnels des Îles-de-la-Madeleine (APPIM) ni le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles-de-la-Madeleine (RPCCI) ne recevront d’argent pour leurs frais de représentation.

Depuis sa fondation, le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles-de-la-Madeleine (RPCCI), qui compte plus de 200 pêcheurs membres parmi les 325 homardiers des Îles, conteste la représentativité de l’Association des pêcheurs professionnels des Îles-de-la-Madeleine (APPIM) au sein de différentes organisations, dont l’Alliance des pêcheurs professionnels du Québec (APPQ).

Québec verse, chaque année, 160 000 $ à l’APPQ pour des activités de représentation pour le développement national des pêches.

Le RPPCI a toujours été exclu de cette aide puisque c’est l’APPIM qui est l’organisme porteur. On fait beaucoup de voyages par année à l’extérieur des Îles pour aller représenter les pêcheurs dans différents comités de pêche, de travail. On ne reçoit aucun montant pour tout ce travail-là, toute visibilité là. On va chercher l’argent dans nos frais de fonctionnement pour représenter la majorité des pêcheurs des Îles , explique la coordonnatrice du Rassemblement, Léona Renaud.

Les représentations du Rassemblement ont finalement eu un écho à Québec, cet automne.

Dans une lettre, qu’il a fait parvenir au RPCCI, le mois dernier, le sous-ministre des pêches Abdoul Aziz Niang indique que Québec déduira le montant transféré à l’APPIM de l’aide financière qui sera versée à l’APPQ.

La situation perdurera, selon Québec, jusqu’à ce que les deux associations trouvent un arrangement.

Je vous invite fortement à travailler avec l’ensemble des pêcheurs côtiers des Îles-de-la-Madeleine et du Québec afin de trouver une solution à la problématique actuelle.

Extrait de la lettre d’Abdoul Aziz Niang, sous-ministre des Pêcheries du Québec

Lors de la récente visite aux Îles du ministre des Pêcheries, André Lamontagne, a précisé que le financement de l’Alliance des pêcheurs professionnels de Québec serait aussi suspendu jusqu’à la réception de la liste des membres ainsi que des statuts et règlements de l’organisation.

 Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne

Photo : Radio-Canada

Le Rassemblement demandait de consulter ces documents depuis deux ans.

Est-ce qu’on va laisser le MAPAQ donner des fonds à une organisation qui représente combien de pêcheurs sur le territoire? Nous, on va questionner le MAPAQ tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas des réponses claires et qu’il n’y aura pas d’équité et de transparence là-dedans.

Léona Renaud

Une autre association

Il y a environ 1000 pêcheurs côtiers au Québec. Pour qu’une association soit reconnue sur le plan national, elle doit en représenter au moins 50 % et au moins deux régions. L’Alliance, sans l’APPIM, ne représente plus que deux associations de pêcheurs côtiers, une en Gaspésie et l’autre sur la Côte-Nord.

La possibilité de créer une autre organisation nationale est aussi envisagée, confirme Mme Renaud.

Cette solution a été soumise au ministre des Pêches lors de son passage aux Îles. Le ministre nous a demandé de prendre une pause sur nos démarches , commente Léona Renaud.

Les relations sont tendues avec l’Alliance depuis la fondation du RPCCI en 2016.

Mme Renaud affirme qu’il n’y a jamais eu de rencontre formelle entre la direction de l’Alliance et son organisation, malgré des demandes répétées. On n’a même pas eu de contact direct par téléphone.

La situation n’a presque pas évolué depuis 2017, dit-elle, au moment où l’Allliance des pêcheurs du Québec a répondu à la demande du RPCCI en lui demandant de verser 18 000 $ pour devenir membre.

L’Alliance des pêcheurs professionnels du Québec n’a pas répondu à nos appels ni à notre demande d’entrevue.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches