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Le péronisme de retour au pouvoir en Argentine

Des partisans lèvent les bras devant l'affiche sur fond bleu de leur candidat Alberto Fernandez.

À Buenos Aires, des militants célèbrent la victoire du péroniste Fernandez qui gagne la présidentielle au 1er tour.

Photo : Reuters / Agustin Marcarian

Radio-Canada

Le candidat péroniste de centre gauche, Alberto Fernandez, a remporté l'élection présidentielle en Argentine avec 47,78 % des votes, devant le président sortant libéral Mauricio Macri (41,08 %), selon des résultats partiels portant sur 80 % des bulletins.

Les résultats confirment ainsi les prévisions des sondages. Pour l'emporter dès le premier tour, M. Fernandez devait obtenir plus de 45 % des voix, ou bien plus de 40 % des voix avec un écart de 10 % sur le candidat suivant.

Sur la base de ces résultats, Alberto Fernandez évite ainsi un second tour prévu le 24 novembre, alors que les électeurs ont rejeté les mesures d'austérité du président sortant Macri, dans un pays miné par la récession et l'inflation, et où un tiers des Argentins vit dans la pauvreté.

Une foule de militants encourageant Alberto Fernandez s'est réunie devant le siège de campagne du candidat pour l'acclamer, alors que l'ambiance était plus silencieuse de l'autre côté de la ville dans les locaux de Macri.

Cette victoire retentissante au premier tour est une expression très nette du peuple argentin, a déclaré Felipe Sola, l'un des plus proches conseillers de Fernandez.

Avec le vote de dimanche, nous devons commencer à tourner la page déshonorante qui a commencé à s'écrire le 10 décembre 2015, date de la victoire de M. Macri, avait lancé jeudi M. Fernandez lors de son dernier rassemblement électoral.

L'ancienne présidente Cristina Kirchner (2007-2015), associée à M. Fernandez comme candidate à la vice-présidence, se trouvait à ses côtés. Or, des analystes se demandent qui gouvernera réellement l’Argentine, puisque M. Fernandez était le chef de cabinet de Mme Kirchner tandis que celle-ci était présidente, et aussi celui de son mari, Nestor Kirchner, durant son mandat de 2003 à 2007.

Christina Kirchner sourit.

La candidate à la vice-présidence de l'Argentine, Cristina Kirchner, a été présidente du pays de 2007 à 2015.

Photo : afp via getty images / WALTER DIAZ

J'ai hâte que lundi arrive, que Fernandez et Cristina viennent, s'est exclamé Sergio Esteves, un fleuriste de 48 ans accompagné de ses deux enfants.

Mme Kirchner est pourtant en cause dans une douzaine de cas de corruption. Elle et son mari sont soupçonnés d’avoir détourné des dizaines de milliards de dollars.

Récession, dette et inflation

M. Macri termine son mandat présidentiel au milieu de la pire crise économique que l'Argentine ait vécue depuis 2001. Le pays, qui est en récession depuis plus d'un an, connaît une inflation élevée (37,7 % en septembre), une dette massive et un taux de pauvreté en hausse (35,4 %).

Mauricio Macri insère un bulletin de vote dans une urne en carton, en esquissant un sourire.

Le président sortant de l'Argentine Mauricio Macri vote à Buenos Aires, le 27 octobre 2019.

Photo : afp via getty images / JUAN MABROMATA

Le retour des péronistes alimente quant à lui les craintes d’un nouveau kirchnérisme pour les investisseurs, qui craignent que la victoire d'Alberto Fernandez n'entraîne le retour des politiques interventionnistes de l’État.

Deux jours avant le scrutin, les marchés étaient en ébullition. En une semaine, le peso a perdu près de 5,86 % de sa valeur face au dollar. La monnaie américaine est historiquement le refuge des Argentins en cas de crise.

Ceux-ci, qui sont habitués aux bouleversements économiques, se sont rendus massivement dans les banques et les bureaux de change vendredi pour acheter des dollars ou encore retirer leurs dépôts. Depuis les primaires, les épargnants argentins ont retiré près 12 milliards de dollars de leurs comptes, soit environ 36,4 % du total des épargnes.

Alberto Fernandez a pourtant voulu les rassurer. Que les Argentins soient tranquilles, nous allons respecter vos dépôts, a-t-il déclaré en faisant allusion au spectre du « corralito », nom officieux des mesures qui ont été prises en Argentine en 2001 pour mettre fin à une course à la liquidité et à la fuite des capitaux du pays.

Mais Martin, un cinéaste âgé de 50 ans, n'a pas confiance. Vendredi, il a retiré beaucoup de billets argentins pour acheter 3000 $ US dans un bureau de change. C'est toujours la même histoire, dit-il. Mes parents ont tout perdu dans le corralito, je ne veux pas que ça m'arrive.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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