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Les anti-indépendantistes défilent à leur tour en Espagne

Une foule compacte brandissant des drapeaux aux couleurs de l'Espagne, au soleil.

La police a dénombré quelque 80 000 manifestants à Barcelone, brandissant des drapeaux espagnols et criant «Ça suffit», «Les rues sont à tout le monde».

Photo : The Associated Press / Emilio Morenatti

Agence France-Presse

Des dizaines de milliers de Catalans partisans de l'unité de l'Espagne ont défilé, dimanche, à Barcelone pour dénoncer la stratégie de confrontation des indépendantistes ainsi que les violences ayant suivi la condamnation de dirigeants séparatistes.

Quelque 80 000 manifestants selon les estimations de la police, soit huit fois plus que deux semaines auparavant, ont descendu l'avenue du paseo de Gracia en brandissant des drapeaux espagnols et catalans et en criant ça suffit, les rues sont à tout le monde.

Ils ont ainsi détourné l’un des slogans des indépendantistes, lesquels étaient samedi 350 000 à manifester à Barcelone en revendiquant : Les rues seront toujours à nous.

Cette région de 7,5 millions d'habitants est divisée depuis la montée de la vague indépendantiste en 2012.

Le dernier sondage publié en juillet et réalisé par le gouvernement régional séparatiste de Catalogne donnait 44 % de partisans de l'indépendance et 48,3 % d'adversaires.

Xavier Dalamantes, employé dans l'industrie pharmaceutique, portant le drapeau espagnol sur ses épaules comme une cape, a dénoncé ce que les indépendantistes appellent le processus de sécession.

Voilà des années que j'essaie de supporter. Au début, je fermais les yeux, mais il y a un moment où il faut sortir et dire ce qu'on pense, a-t-il déclaré à l'AFP.

Ils essaient de faire de la Catalogne un État totalitaire.

Xavier Dalamantes, manifestant anti-indépendantiste

La marche a été convoquée par l'association Societat civil catalana (SCC) pour démontrer que les anti-indépendantistes forment une majorité silencieuse.

Nous exigeons la fin de ce pari absurde qui nous entraîne avec lui, expose le manifeste de la SCC adopté à la fin de la manifestation et qui a pour devise Pour la concorde, pour la Catalogne, ça suffit !.

À deux semaines des législatives du 10 novembre, les dirigeants des partis de droite espagnols et des membres du gouvernement socialiste se sont joints à la manifestation.

Au milieu des manifestants, un jeune homme souriant levant une main sous un drapeau espagnol et filmant le photographe, de l'autre

Les Catalans favorables à l’unité de l’Espagne ont défilé à Barcelone, dimanche, au lendemain d’une grande manifestation des indépendantistes.

Photo : The Associated Press / Bernat Armangue

Rares violences

Le ministre des Affaires étrangères, le Catalan Josep Borrell, a dénoncé un niveau de violence inacceptable, jamais vu depuis les années 80 dans les manifestations indépendantistes, qui ont suivi la condamnation par la Cour suprême de neuf leaders séparatistes à de lourdes peines de prison, le 14 octobre.

Les principales villes de Catalogne ont été le théâtre pendant quatre nuits de scènes de combat de rue qui ont fait plus de 600 blessés, dont près de la moitié étaient des policiers.

Samedi soir, la tension est remontée d’un cran à Barcelone quand, après une grande manifestation pacifique, quelque 10 000 personnes ont nargué pendant des heures les unités antiémeutes de la police catalane, les qualifiant de forces d'occupation et leur lançant des bouteilles, des canettes et des pétards.

Les policiers ont fini par disperser les manifestants à coups de matraque et en tirant des balles en mousse. Ces affrontements ont fait plusieurs dizaines de blessés légers de part et d'autre, selon les services d'urgence de la région et les forces de l'ordre.

Pablo Casado, chef du Parti populaire, principale force d'opposition, a demandé au gouvernement socialiste de garantir les libertés de tous les Catalans et de rompre plus nettement avec les indépendantistes.

Arrivé au pouvoir en juin 2018 en partie grâce aux votes des séparatistes catalans, Pedro Sanchez avait entamé avec eux un dialogue qui a vite tourné court. Mais la droite continue à l'accuser de faiblesse envers les séparatistes.

Le chef du parti d'extrême droite Vox, Santiago Abascal, s'est présenté samedi comme le seul à pouvoir relever le défi des indépendantistes.

Face aux trahisons du Parti socialiste, il n'y a que Vox; face au séparatisme criminel, il n'y a que Vox, s'est-il écrié devant 20 000 de ses partisans à Madrid.

Son parti est entré au Parlement en avril en remportant 24 sièges sur 350, mais plusieurs sondages récents en font la troisième force lors des prochaines législatives.

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