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Le président chilien tente de désamorcer la colère sociale avant l’APEC

Un manifestant tient en main le drapeau du Chili.

La hausse du prix des transports en commun a été suspendue face à la révolte populaire au Chili.

Photo : Reuters / Ivan Alvarado

Radio-Canada

Au lendemain d’une manifestation historique de plus d'un million de personnes à Santiago, le président chilien, Sebastian Pinera, a annoncé samedi un remaniement de son gouvernement ainsi que la levée du couvre-feu en vigueur dans la capitale depuis une semaine.

Ces mesures interviennent à trois semaines de la tenue du sommet de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), où sont notamment attendus les présidents des États-Unis, de la Russie et de la Chine, du 13 au 17 novembre dans la capitale chilienne.

Il s'agit du troisième remaniement gouvernemental décidé par le président conservateur depuis son entrée en fonction, en mars 2018.

J'ai demandé à tous les ministres de remettre leur démission pour pouvoir former un nouveau gouvernement et pouvoir répondre à ces nouvelles demandes, a déclaré le chef de l'État dans un message à la nation depuis le palais présidentiel de La Moneda.

Nous sommes dans une nouvelle réalité. Le Chili est différent de celui que nous avions il y a une semaine.

Sebastian Pinera, président du Chili

Depuis une semaine, en effet, la colère sociale gronde en s’amplifiant. Plus d'un million de personnes ont défilé vendredi pour protester contre les inégalités du modèle économique chilien et réclamer plus de justice sociale.

Les manifestants dénoncent notamment les pensions de retraite réduites, les coûts de santé et d’éducation élevés, mais aussi les scandales de corruption qui ont éclaté au sein de l’armée et de la police.

Le détonateur de ce mouvement social sans précédent a été l'augmentation de plus de 3 % du prix du billet de métro. Malgré la suspension de la mesure, la colère sociale n'est pas retombée.

Levée de l’état d’urgence

M. Pinera a également annoncé une levée de l'état d'urgence dimanche, si les circonstances le permettent, afin de contribuer à cette normalisation que tant de Chiliens désirent et méritent.

L'état d'urgence avait été décrété le 18 octobre, à la suite de violentes émeutes qui ont été le point de départ d'une vague de contestation sociale jamais vue dans ce pays de 18 millions d'habitants, pourtant réputé en Amérique latine pour sa stabilité politique et économique.

La mesure, très décriée par les manifestants, a déclenché le déploiement de milliers de militaires dans les rues de la capitale et de plusieurs régions du pays pour assurer l'ordre public – une première depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Dix-huit personnes, dont un enfant, sont mortes depuis le début des troubles le 18 octobre, selon des chiffres officiels. En outre, l'Institut national des droits de l'homme (INDH) a compté 535 personnes blessées, dont 239 par armes à feu, et 2410 arrestations.

Avec les informations de Agence France-Presse

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