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La réponse plus que tardive du maire Drapeau au rapport Malouf

Le maire de Montréal Jean Drapeau fait visiter les installations olympiques au président du comité international olympique Lord Killanin en juillet 1976.

Le maire de Montréal Jean Drapeau fait visiter les installations olympiques au président du comité international olympique Lord Killanin en juillet 1976.

Photo : La Presse canadienne / Doug Ball

Radio-Canada

On s’en doutait, mais il aura fallu 39 ans pour en être certain. Jean Drapeau n’était absolument pas d’accord avec les conclusions sévères du rapport Malouf au sujet du coût des Jeux olympiques de 1976.

C’est grâce à la publication, vendredi, des archives personnelles de l’ex-maire de Montréal qu’on peut maintenant l’affirmer avec certitude. Dossiers, lettres, agendas, photos : les documents tiennent dans 700 boîtes, qui font 152 mètres de long mises bout à bout. Le tout recèle quelques surprises, notamment que la Ville avait bel et bien préparé une réponse au rapport, laquelle ne fut jamais rendue publique. C’était avant vendredi.

En 1980, une commission d’enquête menée par le juge Albert Malouf est chargée de faire la lumière sur le coût des 21es Jeux olympiques. Les experts qu’on y embauche établissent qu'au lieu de coûter 310 millions de dollars, comme ce qui était prévu en 1972, l’aventure – qualifiée d’« incroyable incurie » dans le rapport – s’est finalement chiffrée à plus de 1,3 milliard en 1976.

Celui qui a dirigé Montréal pendant 29 ans avait à l’époque promis plus d’une fois de répondre aux conclusions du juge Malouf, ce qui ne fut finalement jamais fait. Mais voilà qu’on apprend qu’une réponse longue de plus de 200 pages avait bel et bien été rédigée. Les archives de M. Drapeau révèlent par ailleurs qu’il avait lui-même annoté le rapport à la main.

« Les conséquences financières des Jeux furent exceptionnellement désastreuses », ont écrit le juge Malouf et son équipe, ce à quoi la Ville, on le sait maintenant, rétorquait que la commission passait sous silence de nombreux aspects du dossier pour en arriver à des conclusions très loin de son mandat d’enquêter sur les coûts des constructions olympiques.

Dans ses annotations ajoutées au rapport, le maire Drapeau ne se gênait pas non plus. « Un témoignage faux », « impossible » ne sont que quelques exemples de ses réactions.

Bref, Drapeau et son équipe comptaient bien lutter contre ce rapport dévastateur qui n’hésitait pas à parler d’« irresponsabilité administrative des autorités ». Reste à savoir pourquoi ils ne l’ont jamais fait.

Une mine d’or

En plus de révéler l’existence de cette riposte, les archives personnelles du maire Drapeau brossent le portrait de près de trois décennies au pouvoir et sont classées par thèmes, par exemple «  Arts et culture », « politique » ou encore « personnel ».

Elles peuvent être consultées en ligne (Nouvelle fenêtre) ou en personne, sur rendez-vous.

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