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Budget 2019 : Calgary et Edmonton se sentent trahies

Le budget

Le gouvernement Kenney veut baisser ses dépenses de 2,8 % en quatre ans, malgré l'inflation et la hausse de la population.

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

Mirna Djukic

Les Villes de Calgary et Edmonton sont unies dans leur désarroi face au premier budget de l’administration conservatrice albertaine. Frappés de plein fouet par la réduction des dépenses qui met en péril la ligne verte de la métropole, les deux maires accusent le gouvernement de briser ses promesses.

Les maires d’Edmonton et de Calgary se sentent attaqués de toute part dans le budget 2019. Les transferts aux municipalités seront réduits. Le budget pour leurs infrastructures aussi. Les 3 milliards de dollars qu’on leur a promis pour l’expansion de leurs LRT viendront plus tard que prévu.

Le maire d’Edmonton, Don Iveson, calcule que la ville obtiendra au moins 60 millions de dollars de moins que prévu pour ses infrastructures dans les quatre prochaines années.

« C’est pour un cycle de financement qui est déjà commencé. Nous devrons annuler ou complètement repenser des projets, alors ça va avoir un impact », dit-il.

Il ajoute qu’il est encore trop tôt pour savoir exactement quels projets seront touchés.

Malgré les délais dans le financement des travaux d’expansion du LRT, il a bon espoir de garder le cap sur le projet.

Du côté de Calgary, le maire Naheed Nenshi est beaucoup moins confiant pour ce qui est de la ligne verte. Il doute que la ville puisse emprunter l’argent nécessaire pour garder le projet en vie en attendant les fonds promis.

« Ne vous trompez pas: un retard de financement équivaut à une coupe, parce que ça veut dire qu’il va falloir payer beaucoup plus d’intérêts [sur l’argent emprunté entre-temps] », dit-il.

On n’a simplement pas la capacité d’emprunter autant d’argent au niveau de la Ville [...].Je ne sais pas comment on va finir [la ligne verte] à temps [...] Le projet est même en péril.

Naheed Nenshi, maire de Calgary

Il s’inquiète aussi de voir que le programme pour la résilience des communautés sera éliminé après 2020-2021. Ce fonds finance des projets qui protègent les communautés en cas d’inondation. Naheed Nenshi s’attendait à le voir en place jusqu’en 2022-2023.

Le budget prévoit 43 millions de dollars pour cela dans les deux prochaines années, mais rien n'est prévu pour les deux années suivantes.

D'ici deux ans, les Villes seront par ailleurs privées de la moitié des fonds que la province leur paie en impôt foncier pour les propriétés municipales dont elle se sert.

Selon l’administration municipale d’Edmonton, il faudrait hausser les taxes des citoyens de 0,8 % pour compenser cette perte.

Les deux Villes ont néanmoins salué la décision du gouvernement de maintenir le financement de plusieurs programmes sociaux et communautaires. Les deux maires se sont réjouis que le programme qui permet aux citoyens à faible revenu d'utiliser le transport en commun à bas prix ait survécu, même si son budget a diminué.

Des promesses brisées pour le financement à long terme

Ce que les maires d’Edmonton et de Calgary peinent le plus à digérer, c’est l’annulation de la charte des villes.

Cette entente prévoyait un financement provincial plus stable pour ces deux grandes villes, un financement qui épouserait de très près les variations de revenu de la province. Naheed Nenshi et Don Iveson disent avoir consenti à une baisse de 40 % du montant de référence de ce financement pour conclure cet accord.

Don Iveson en mêlée de presse à l'Hôtel de Ville.

Don Iveson dit avoir été pris de court par l'annulation de la charte des villes.

Photo :  CBC

Le Parti conservateur uni a voté en faveur de l’entente. Et le printemps dernier, en campagne électorale, il s’est aussi engagé à la respecter s’il était élu.

« On croyait que c’était une promesse noir sur blanc, sur laquelle nous pouvions compter », dit Don Iveson. « Nous avons fait notre budget d’infrastructure en fonction de cette promesse ».

Il n’est pas du tout rassuré d’avoir entendu le ministre des Finances dire qu’il respectait « l’esprit de l’entente ».

« C’est comme si le premier ministre du Canada disait : "j’enlève un peu d’argent de la péréquation, mais je respecte son esprit" », commente-t-il.

Vendredi, il a rencontré le ministre des Affaires municipales, Kaycee Madu, pour discuter de certains aspects de l’entente qui pourraient être sauvés.

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