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Quand les Z prendront d'assaut le marché du travail

Des étudiants dans une salle en escaliers. Ils sont derrière des ordinateurs et travaillent.

Des étudiants dans un laboratoire du cégep de Jonquière

Photo : Radio-Canada / Yves Bergeron

Claude Bouchard

Ils sont sur les bancs d'école ou viennent de faire leur entrée sur le marché du travail. Selon un sondage mené par l’organisme Academos, les 16 à 24 ans priorisent le plaisir et le bien-être avant le prestige et l'argent. Une réalité avec laquelle les employeurs pourraient devoir composer au cours des prochaines années.

Charles Perron a été embauché chez Ubisoft Saguenay il y a 10 mois.

Comme bien des finissants de sa génération, il souhaitait trouver un travail stimulant où il pourrait se dépasser.

Charles Perron sourit.

Charles Perron travaille chez Ubisoft Saguenay. Il accorde beaucoup de place aux sports et à ses amis dans sa vie personnelle.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Je cherchais quelque chose pour me développer professionnellement, j'aspire à l'excellence, à être bon dans ce que je fais. C'est important d'avoir quelque chose qui me challenge, explique le designer graphique de 26 ans.

Charles était aussi à la recherche de flexibilité.

Mettons, si on a besoin d'aller chez le médecin par exemple, on peut prendre une heure dans l'avant-midi et y aller. Il n'y a pas de problème. C'est vraiment flexible, ce qui est génial pour la vie à côté du travail aussi.

Charles Perron, designer graphique

Academos a voulu connaître les aspirations et les craintes de la génération Z par rapport au marché du travail.

L’organisme à but non lucratif a mené un sondage web en décembre 2018.

Au total, 1268 personnes de toutes les régions du Québec ont répondu au questionnaire sur le site SurveyMonkey.

L'objectif n'étant pas de les généraliser à l'ensemble des individus formant la génération Z, mais plutôt de dresser un portrait global de cette dernière afin de mieux l'appréhender.

Extrait de La génération Z du Québec et sa vision du milieu du travail

Tout ce qui est le bien-être, la conciliation travail-famille, la flexibilité, le bonheur au travail, ça prend plus de place que dans les générations précédentes, en même temps que tout ce qui est argent et prestige prend moins de place, explique la présidente et fondatrice d'Academos, Catherine Légaré.

Les huit constats du sondage

  1. Ils s'intéressent davantage aux professions traditionnelles qu'aux professions émergentes.
  2. Ils sont attirés par l'entrepreneuriat.
  3. Ils estiment que réussir sa vie professionnelle est synonyme d'équilibre et de passion.
  4. Ils priorisent le plaisir et le bien-être avant le prestige et l'argent.
  5. Ils sont motivés par les défis et l'apprentissage.
  6. Ils veulent que leur employeur soit écoresponsable, favorise la diversité et contribue de façon positive à la société.
  7. Ils sont enthousiastes, mais inquiets face au marché du travail.
  8. Ils se sentent mal préparés pour leur entrée sur le marché du travail.

Un penchant pour l'entrepreneuriat

Le sondage révèle par ailleurs qu’une grande proportion de répondants aimeraient posséder leur entreprise.

Ils veulent un travail engageant, ils veulent apprendre, ils veulent relever des défis. Près de 40 % d'entre eux veulent aller vers l'entrepreneuriat. Donc, je pense que c'est davantage que le travail est différent pour eux, explique Catherine Légaré.

Ce n'est pas parce qu'ils ne veulent pas travailler, c'est juste que l'équilibre entre différentes sphères de la vie est différent.

Catherine Légaré, présidente et fondatrice d'Academos

Mathias Leduc se reconnaît dans cette aspiration.

Depuis trois ans, il gère sa petite entreprise de tonte de pelouse en plus d'étudier en comptabilité au cégep de Jonquière.

Mathias Leduc accorde une entrevue à Radio-Canada. Il est au Cégep de Jonquière dans un atrium.

Mathias Leduc aimerait poursuivre ses études universitaires tout en travaillant à temps partiel dans une entreprise dans son domaine l'an prochain.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Moi, mon but, ce serait peut-être de travailler, mais aussi d'avoir ma petite entreprise. Travailler, c'est la même chose tous les jours, mais l'entrepreneuriat, ce n'est pas la même chose tous les jours.

Mathias Leduc, étudiant en technique de comptabilité et gestion, cégep de Jonquière

Comme le designer graphique Charles Perron, Mathias Leduc souhaite que sa future vie professionnelle puisse tenir compte de ses autres champs d’intérêt.

Trouver un équilibre avec le sport, la famille, avoir une bonne qualité de vie, c'est important.

Mathias Leduc

Nos parents, on dirait qu'ils cherchent plus à s'accomplir dans le travail que nous. On va chercher d'autres places à l'extérieur du travail pour s'accomplir, résume l'étudiant de 19 ans.

Selon Catherine Légaré, les employeurs ne devraient pas craindre une génération qui ne sera pas engagée dans son milieu de travail.

C'est une génération qu'il faut nourrir avec des défis, avec des apprentissages en continu. C'est important que les employeurs en tiennent compte, affirme-t-elle.

Les perspectives d’emploi au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Vue de Chicoutimi prise de Chicoutimi-Nord

Le taux de postes vacants est en hausse au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Il est passé de 1,3 % à 3,1 % de 2016 à 2019.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Le marché du travail a bien changé en quelques années dans la région.

Selon Emploi-Québec, plus d'une personne sur cinq a plus de 55 ans sur le marché du travail au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Jusqu'en 2021, 27 000 postes seront à pourvoir dans la région et 98 % d'entre eux le seront en raison de départs à la retraite.

Maintenant, en ce moment, c'est plus nous qui choisissons l'entreprise [plutôt] que l'entreprise [qui] vient nous chercher.

Mathias Leduc, étudiant en technique de comptabilité, cégep de Jonquière

Academos est un organisme à but non lucratif. Son financement provient à parts égales du gouvernement du Québec et d’autres sources comme des dons et commandites de partenaires privés.

Saguenay–Lac-St-Jean

Économie