•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fusillades à Ottawa : les policiers à la recherche de solutions

Le reportage de Martin Robert.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Malgré sa réputation de tranquillité, Ottawa est aux prises avec un problème croissant de criminalité dans ses rues. Le nombre de fusillades a bondi en une décennie, et les auteurs de celles-ci ne se gênent plus pour s'exécuter parfois en public, aux heures où les touristes et les familles abondent dans les rues. Pendant ce temps, les policiers sont toujours à la recherche de solutions. État de la situation.

Les statistiques parlent d’elle-même. Depuis dix ans, le nombre de fusillades a plus que doublé, pour atteindre un record l'année dernière avec 78 fusillades.

2019 ne s’annonce guère mieux. Déjà, une soixantaine de fusillades ont eu lieu depuis le début de l’année, dont une qui a éclaté un soir d'été dans un quartier achalandé de la capitale. Un artiste reggae, Markland Campbell, a été atteint mortellement par balles près de l'édifice de la Place du marché By.

La criminologue et sociologue Maria Mourani en entrevue à Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon Maria Mourani, Ottawa est une ville de passage pour les criminels.

Photo : Radio-Canada

La criminologue et sociologue Maria Mourani comprend que la population puisse s’inquiéter.

On ne peut pas comparer à Toronto, où il y a des centaines de gangs. Mais [Ottawa] a sa particularité d'être un lieu de passage, explique-t-elle.

La capitale nationale se veut donc un arrêt pour ces réseaux de crime organisé qui naviguent entre Montréal, Toronto et la région du Niagara, selon la criminologue.

Cette hausse de crimes violents pourrait s’expliquer en raison de la présence de gangs de jeunes moins organisés qu’auparavant, au dire de la criminologue du Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa, Melanie Bania.

Melanie Bania en entrevue dans une ruelle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Melanie Bania estime que les gangs sont moins organisés qu'auparavant.

Photo : Radio-Canada

Les gens qui sont impliqués dans la violence de rue présentement à Ottawa, c'est mal organisé, c'est moins stratégique.

Melanie Bania, criminologue

Ce sont vraiment des gens qui cherchent à régler leurs comptes quand ils peuvent régler leurs comptes, avance-t-elle.

Maria Mourani abonde dans le même sens : [S’ils doivent] régler un compte [ils vont] aller le régler.

Qu'il y ait du monde, qu'il n’y ait pas de monde, ils s'en contrefichent. On peut le faire [avec une fusillade au volant] ou à bout portant.

Maria Mourani, criminologue

L’accès aux armes à feu pourrait aussi expliquer cette tendance, selon l’inspecteur au Service de police d’Ottawa (SPO), Carl Cartright. Une arme de poing, c'était quelque chose de spécial, soutient-il. C'était rare, c'était pour ceux qui étaient plus organisés. Maintenant tu les trouves partout.

Renouer avec la population

L’inspecteur entend donc opérer un virage au sein de son organisation et tisser davantage de liens avec la communauté, pour prévenir les crimes violents. Il faut vraiment commencer à avoir une relation personnelle avec le public, admet M. Cartright.

Le policier est habillé en civil, à son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carl Cartright du Service de police d'Ottawa veut tisser davantage de liens avec la communauté.

Photo : Radio-Canada

On a beaucoup de travail à faire pour avoir la confiance de nos communautés.

Carl Cartright, Service de police d'Ottawa

La Commission de services policiers d'Ottawa, qui encadre la police, demande d'ailleurs aux forces de l'ordre d'assigner plus d'agents au service à la communauté. Une idée qu’apprécie la criminologue Melanie Barnia. On sait avec les études faites à Ottawa et ailleurs, qu'une police de proximité et de quartier, ça peut aider à prévenir, estime-t-elle.

Ça nous prend des mentors, ça prend des gens à qui les quartiers et les résidents font confiance, à qui ces jeunes troublés là font confiance, ajoute la criminologue. Des mentors qui pourraient donner espoir et guider de jeunes délinquants vers le droit chemin.

Avec les informations de Martin Robert

Ottawa-Gatineau

Forces de l'ordre