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Le pape s'excuse pour le vol de statues amazoniennes d'une église de Rome

Le pape François marche avec des Autochtones de la forêt amazonienne.

Le pape François lors d'une procession à l'occasion du synode sur l'Amazonie, au Vatican, le lundi 7 octobre 2019

Photo : Associated Press / Claudio Peri

Anne Marie Lecomte
Mis à jour le 

Au Vatican, le vol de statuettes indigènes d'Amazonie, cette semaine, a illustré le fossé entre catholiques ultraconservateurs et le pape François, qui se porte plus volontiers à la défense des pauvres, des migrants et de l'environnement.

Vendredi, quatre jours après que les statuettes eurent été dérobées d'une église de Rome, le pape a demandé pardon aux évêques et aux chefs autochtones amazoniens qui participent, depuis le 7 octobre, à un synode sur l'Amazonie.

Comme évêque de Rome, je demande pardon aux personnes qui ont été offensées par cet acte, a déclaré le souverain pontife, réfutant l'idée que l'exposition des statuettes équivalait à des rites idolâtriques.

Des catholiques traditionalistes s'étaient offensés de trouver, dans une église toute proche du Vatican, ces statuettes en bois représentant une femme enceinte, symbole de la fécondité dans les cultures amazoniennes.

Lundi dernier, à l'aube, au moins deux hommes se sont introduits dans l'église Notre-Dame de la Traspontine pour s'emparer des statuettes, qu'ils ont ensuite précipitées dans le fleuve Tibre. Les carabiniers italiens les ont récupérées, intactes, et les statuettes pourraient être de nouveau exposées dimanche dans la basilique Saint-Pierre, pour la messe de clôture du synode.

Une vidéo du vol des statuettes a été diffusée par des médias catholiques ultraconservateurs. Le vol lui-même a été salué par les traditionalistes, pour qui ces œuvres sont des objets païens.

Pour le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi – que le pape François avait congédié en 2017 –, le Vatican a commis une grave erreur en faisant entrer ces statuettes dans une église.

De les jeter dans le fleuve est peut-être une infraction à la loi naturelle, a dit l'ex-cardinal à un média catholique traditionaliste américain, mais d'apporter ces statues idoles païennes dans une église est un grave péché, un crime contre la loi divine.

Le Vatican, qui insiste pour dire que ces statuettes symbolisent la vie, la fertilité et la nature, a dénoncé le geste des voleurs comme étant haineux, violent et intolérant.

Un magazine progressiste catholique des États-Unis, The National Catholic Reporter, est allé plus loin en éditorial : Nous n'utilisons pas le terme raciste de façon légère, mais qu'est-ce que ça pourrait être d'autre?

Des femmes de la région amazonienne portent des coiffes à plumes et des maquillages colorés.

Des participantes au synode sur l’Amazonie assistent à une messe célébrée par le pape François le 20 octobre 2019 dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

Photo : The Associated Press / Angelo Carconi

Un synode aux sujets controversés

Cette affaire survient alors que s'achève le synode sur l'Amazonie, vaste rassemblement réunissant plus de 180 évêques et cardinaux provenant de neuf pays de la région amazonienne.

Le synode s'était amorcé sur une autre controverse, le pape François ayant dénoncé les paroles offensantes prononcées contre des représentants des peuples autochtones coiffés de plumes et portant des vêtements colorés.

J'ai été peiné d'entendre, ici même, un commentaire sarcastique sur un homme pieux qui a apporté des offrandes avec des plumes sur la tête. Dites-moi : quelle différence y a-t-il entre avoir des plumes sur la tête et porter le tricorne utilisé par certains responsables dans nos dicastères? (ministères), s'était interrogé le souverain pontife, sous les applaudissements de l'assemblée.

L'ordre du jour du synode avait, lui aussi, de quoi susciter la controverse. Au premier plan : la défense de la forêt amazonienne, ravagée l'été dernier par des incendies allumés par des intérêts qui détruisent, selon les mots mêmes du pape.

Pour le souverain pontife, qui est d'origine argentine, c'est l'avidité des nouveaux colonialismes qui est à l'origine de ces désastres.

Des prêtres déjà mariés?

Les participants au synode ont aussi examiné la possibilité que des indigènes d’Amazonie puissent devenir les premiers prêtres catholiques mariés. Car, dans ces pays parsemés de zones isolées, l'Église catholique dispose de peu de prêtres. Et, de surcroît, les églises protestantes courtisent les nations indigènes.

En 2017, le pape François avait publiquement annoncé réfléchir à la possibilité d'ordonner des hommes mariés d'âge mûr engagés dans l’Église. Ce qui ne revenait pas, toutefois, à autoriser le mariage des prêtres ou encore l'ordination des femmes.

Enfin, le synode a été l'occasion de considérer la possibilité que des femmes soient ordonnées diacres.

Ces discussions doivent mener à des recommandations auprès du souverain pontife qui rédigera son propre texte, après le synode.

Avec les informations de Agence France-Presse, The Guardian, La Croix, et Crux

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