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Un roman pour conscientiser les jeunes aux conséquences des fausses nouvelles

Le livre est posé sur une table vitrée, dans un  studio télévisé. Une caméra est visible, à droite, et de grands écrans plats sont accrochés sur les murs.

Tout en se teintant d'humour, le roman «Un parfum de fausses nouvelles» aborde des notions d'éthique journalistique, entre autres.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

Valérie Lessard

Fake news, désinformation ou « infox » : peu importe leur appellation et sur quelle plateforme elles se propagent, l’auteur Pierre-Alexandre Bonin cherche à sensibiliser les jeunes lecteurs à leur impact, avec Un parfum de fausses nouvelles.

D’un enjeu indéniablement dans l’air du temps, Pierre-Alexandre Bonin a choisi d'en faire le sujet central de son plus récent titre jeunesse. Il souhaite notamment faire réfléchir les adolescents à la nécessité de prendre le temps de valider leurs sources d’informations avant de partager des nouvelles sur les réseaux sociaux, entre autres.

Je pense que le mode de vie effréné dans lequel on vit en ce moment n’est pas propice à une pensée critique vraiment forte, déplore-t-il.

J’espère sincèrement qu’on va prendre conscience de ça, qu’on va ralentir le rythme un peu pour reprendre le temps de valider l’information, [...] de développer une pensée critique chez nos jeunes. Parce que c’est important pour l’avenir.

Pierre-Alexandre Bonin, auteur d'Un parfum de fausses nouvelles

Le personnage central de son roman, Félix, aspire à devenir journaliste d’enquête et fait partie de l’équipe du journal étudiant de son école. Mais quand il constate que la rubrique de potins d’une collègue fait plus jaser les autres élèves que ses articles fouillés, il décide de créer une chaîne YouTube pour y lancer des nouvelles inventées de toutes pièces… Félix s'assure d'être bien caché derrière un masque afin de ne pas être reconnu.

Et l'éthique, dans tout ça?

D’une première tentative ratée d’attirer l’attention sur des mensonges assez crédibles pour faire exploser sa cote sur Internet (impliquant d'abord la mascotte de l'école, puis un enseignant), Félix se retrouvera vite pris dans un engrenage qui pourrait écorcher bien plus que sa seule réputation.

Pierre-Alexandre Bonin teinte l’action de son roman d’une bonne dose d’humour afin de ne pas rendre le tout trop dramatique ni donner l’impression de faire la morale à ses jeunes lecteurs.

Une photo de Pierre-Alexandre Bonin dans un cadre.

L'écrivain jeunesse Pierre-Alexandre Bonin

Photo : Chady Awad

Le trentenaire n’a cependant pas voulu édulcorer la réalité non plus. Ainsi, du moment où il a décidé de rendre Félix imputable de son manque d'éthique, il lui a fallu déterminer par qui il allait se faire prendre. Un élève? L’une de ses mères? Son enseignante de français ou le directeur de l’école?

Chacune de ces options avait des conséquences différentes. [...] Je pense que je suis parvenu à faire en sorte que la conclusion du récit serve d’avertissement, soutient-il.

Des outils pour former l'esprit citoyen

Grand consommateur d’actualité régionale, nationale et internationale, Pierre-Alexandre Bonin s’inquiète non seulement de la prolifération des fausses nouvelles, mais aussi de la perte de terrain des radios et journaux étudiants dans les écoles.

Or, il considère ces outils comme essentiels dans la formation et l’approfondissement de l’esprit citoyen et du sens éthique des adolescents.

Comme on fait des simulations d’élections dans les classes au primaire et au secondaire, je pense que c’est important [...] que les jeunes, dès le secondaire, soient vraiment en contact avec l’information.

Pierre-Alexandre Bonin, auteur d'Un parfum de fausses nouvelles

[C'est important] qu’ils comprennent comment on produit de l’information de qualité, mais aussi comment on peut porter un jugement critique envers l’information, surtout à l’ère de Facebook où, plus souvent qu’autrement, sous les manchettes de La Presse, de Radio-Canada ou du Devoir, on a toujours trois, quatre personnes un peu passives-agressives qui [les qualifient] de "merdias" et qui n’ont aucune argumentation, sauf lever le nez sur ces [médias]-là, explique-t-il.

Des copies du Devoir, du Journal de Montréal, du journal Métro, de la Voix de l'Est, du Droit et un iPad montrant la Presse +

Des exemplaires de différents quotidiens québécois

Photo : Ivanoh Demers

D’ailleurs, Pierre-Alexandre Bonin a lui-même longtemps rêvé d’être journaliste. Ironiquement, mes enseignants en communication [au Cégep] m’ont dit que je n’étais pas assez objectif, que j’étais trop créatif pour faire de bons reportages, raconte le principal intéressé en rigolant.

Étant devenu depuis docteur ès littérature, il prend donc ici sa revanche, avec un roman sur le journalisme mettant en vedette son apprenti reporter. Il espère lui faire vivre d’autres (més)aventures pour aborder la question des radios d'opinions et de leur poids médiatique dans la société, et de certains dérapages que ça peut causer.

On verra la réponse des lecteurs. C'est surtout ça qui va motiver les éditeurs à me donner le feu vert pour un tome 2. Mais moi, dans ma tête, j'ai encore des choses à dire dans le paysage médiatique, [...] de puiser dans cette matière-là pour continuer à informer les jeunes de façon ludique, conclut-il.

Ottawa-Gatineau

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