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Québec mandate le BAPE d'enquêter sur l'amiante

Amiante chrysotile

Amiante chrysotile

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Radio-Canada Estrie a obtenu une lettre signée par le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, dans laquelle il mandate le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) de tenir une enquête, avec audience publique, sur la présence d'amiante au Québec.

La « problématique vécue par Thetford Mines et l’interprétation variable de la réglementation et des politiques » sont à l’origine de cette demande. 

Dans cette lettre datée du 19 septembre, le ministre demande au BAPE d’établir « un portrait de la situation sur la présence d'amiante au Québec, son utilisation actuelle, les formes de valorisation et d’élimination [...]. » 

Il souhaite aussi connaître les répercussions de l’amiante et de ses résidus sur la santé, « analyser la pertinence de développer un cadre de valorisation des résidus miniers amiantés [...] et en proposer un qui tient en compte à la fois des aspects économiques, sanitaires,  sociaux et environnementaux. »

Enfin, il demande au BAPE de lui « proposer des méthodes de disposition des résidus amiantés respectant l’environnement et protégeant la santé. » 

Dans cette lettre, le ministre Charette décrète que le mandat débuterait le 25 novembre 2019. Le BAPE aura ensuite huit mois pour rédiger son rapport qui devra lui être transmis au plus tard le 24 juillet 2020.

Le député fédéral de Mégantic-L’Érable et ancien maire de Thetford Mines, Luc Berthold est perplexe quant à la tenue de cette audience publique.

Les opposants à l’amiante, depuis des années, profitent de chaque tribune qu’ils ont entre les mains pour dénigrer la région, pour dénigrer l’amiante, pour dire que c’est impossible que cette substance soit utilisée d’une manière sécuritaire se désole l’ancien maire. Il souligne toutefois la nécessité de dresser un état de la situation, particulièrement pour Thetford Mines et Asbestos. 

Luc Berthold rappelle que de très grandes quantités de résidus miniers ont été utilisées à Thetford Mines pour la construction de routes et de maisons. Chaque manipulation de ces matières nécessite des mesures de sécurité et sanitaires élaborées, qui entraînent des coûts importants pour la région.  

J’espère que le BAPE va permettre de faire la lumière là-dessus, va éveiller la conscience des gouvernements sur notre réalité.

Luc Berthold, député fédéral de Mégantic-L’Érable et ancien maire de Thetford Mines

L'Association des victimes de l'amiante du Québec s'inquiète cependant de l'orientation que pourrait prendre l'audience du BAPE et déplore que la valorisation des résidus miniers soit au centre des préoccupations.

On ne comprend pas pourquoi le gouvernement Legault a donné ce mandat au BAPE, soutient le porte-parole de l'association, Daniel Green. Je pense que c'est dangereux d'exploiter les résidus d'amiante et d'en extraire le magnésium. C'est une mauvaise direction que prend le gouvernement.

Le bureau du ministre de l’Environnement et le BAPE n’ont pas voulu répondre à nos questions, répondant qu’un communiqué sera publié lundi par le ministre Charette.

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