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Programmes particuliers : les écoles publiques de plus en plus sélectives

Une file d'élèves et de parents devant un établissement.

Des centaines d'élèves ont tenté leur chance pour intégrer l'École internationale de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Radio-Canada

La multiplication des projets particuliers offerts par des écoles publiques risque d’entraîner une privatisation de ces établissements, soutiennent des experts. Confronté à cette sélection d'élèves, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a demandé un inventaire de ces programmes particuliers.

À l’École internationale de Montréal, 450 jeunes faisaient la file samedi dernier pour passer l’examen d’admission obligatoire afin d'avoir la chance de s'y inscrire.

Sur ces 450 jeunes, moins d’une centaine auront la possibilité de s’asseoir sur les bancs de cette école.

Pour avoir ne serait-ce que le droit de passer les examens, les parents ont dû se procurer un laissez-passer. Ceux-ci se sont envolés en deux jours seulement. Face à l’affluence, l’École internationale a dû offrir 100 places supplémentaires pour les examens.

Dans le cas où nous recevrions plus de 100 demandes, un tirage au sort déterminera l’octroi des 100 places disponibles. Après le 11 octobre, uniquement ceux tirés au sort seront contactés par l’école pour leur convocation à l’examen, peut-on lire sur le site de l’École internationale.

Une mère de famille et sa fille.

Marika a passé les examens pour intégrer l'École internationale de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Contactée par Radio-Canada pour avoir plus de renseignements, la direction n’a pas voulu commenter.

De plus en plus de programmes particuliers

Ces programmes particuliers de formation sont en augmentation depuis une dizaine d’années au Québec. Par exemple, pour l’année scolaire 2009-2010, on comptait 5 élèves participant au programme d’enrichissement en informatique. Pour 2018-2019, il y en avait 11. Le nombre d’élèves en programme de sport-études est quant à lui passé de 30 à 42; celui en arts-études, de 22 à 25.

Le problème, c'est que ces chiffres transmis par le ministère de l’Éducation comprennent uniquement les élèves des écoles ayant déclaré offrir des programmes particuliers. Les écoles ont la possibilité d’offrir des formations particulières […] sans en informer le ministère, explique-t-on.

En s'attaquant aux frais demandés aux parents par les écoles publiques, le ministre Jean-François Roberge a constaté ce problème.

On est en train de faire un inventaire des programmes spécifiques et de [toutes les écoles] qui ont des projets pédagogiques particuliers. On rendra ça public de manière très transparente, a-t-il assuré.

La situation inquiète aussi plusieurs experts, comme Claude Lessard, sociologue de l'éducation et professeur à l'Université de Montréal, et Maryse Lassonde, présidente du Conseil supérieur de l'éducation du Québec.

Au début, les écoles publiques se sont mises à offrir des projets particuliers, souvent pour compétitionner [avec] l'école privée. Ça a bien fonctionné et elles se sont rendu compte que c'est bon pour l'élève, que c'est bon pour l'école, mais ça se multiplie surtout dans les milieux favorisés. C'est ce qui est dommage, croit Mme Lassonde.

Selon M. Lessard, l’école publique est en train de se privatiser, notamment au premier cycle du secondaire.

Et en plus, on connaît mal l'étendue de ces pratiques-là, à la fois les coûts et le degré de sélectivité. On connaît mal l'organisation concrète des programmes particuliers. On aurait certainement besoin d'un portrait complet et détaillé, dit-il.

Des experts parlent même d’un système à trois vitesses avec des écoles privées, des écoles publiques enrichies et des écoles publiques régulières.

Avec les informations d'Anne-Louise Despatie

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