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Les villes et les étudiants : grands perdants du budget de l'Alberta

Le bâtiment de l'assemblée albertaine à Edmonton.

Le gouvernement Kenney veut baisser ses dépenses de 2,8 % en quatre ans, malgré l'inflation et la hausse de la population.

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

Stéphanie Rousseau

Le gouvernement de l’Alberta a déposé jeudi un budget qui suscite de nombreuses réactions et inquiète les syndicats, les grandes villes et les étudiants postsecondaires.

Le gouvernement a notamment l'intention de diminuer les sommes offertes aux municipalités d'Edmonton et de Calgary. La Charte des grandes villes, qui garantissait un financement spécifique est annulée.

Ces changements mettent en jeu la complétion de la ligne verte de Calgary, un projet de transport en commun qui doit lier le nord et le sud de la métropole.

C’est un gros problème, le projet est en péril.

Naheed Nenshi, maire de Calgary

« Nous devions recevoir 550 millions de dollars au cours des quatre prochaines années et nous allons maintenant avoir 75 millions de dollars. Je ne sais pas comment on peut compléter la ligne verte. La Ville n’a certainement pas cette capacité d’emprunt, alors je ne sais pas comment nous allons finir le projet à temps », a ajouté le maire de Calgary.

un homme avec des lunettes, parle au micro, derrière un pupitre.

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi

Photo : CBC

Quelques autres projets importants seront annulés ou retardés. Le nouvel hôpital du sud-ouest d’Edmonton, qui devait être achevé d’ici 2027, ne le sera pas avant 2030. L’Alberta annule aussi un nouveau Centre des opérations provinciales de 122 millions de dollars. 

Les syndicats prêts à se battre

Guy Smith du Syndicat de la fonction publique de l’Alberta est préoccupé par le plan du gouvernement d’éliminer des postes de fonctionnaires.

« Je suis inquiet de voir comment ces compressions seront faites. Il semble que le gouvernement prévoit des compressions au ministère de la Justice et je ne sais pas quel effet ça va avoir sur un système qui a déjà atteint ses limites », explique-t-il.

Quelques personnes avec des drapeaux du syndicat et des affiches sont dans la rue.

Le syndicat des employés provinciaux de l'Alberta commence à mobiliser ses membres contre la nouvelle loi qui permet au gouvernement de retarder leurs négociations salariales.

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

Le syndicat doit amorcer des négociations salariales en début d’années, alors que le gouvernement a prévenu qu’il n’y avait pas d’argent pour des hausses de salaire. Guy Smith averti que ses membres sont prêts à mener des grèves ou des actions ponctuelles.

« Ils sont prêts à se battre et à passer à l’action. Tout cela va dépendre des choix du gouvernement », ajoute-t-il.

La Fédération des travailleurs de l’Alberta est aussi outrée.

« La réalité est que Kenney induit les Albertains en erreur quand il affirme qu’il ne coupe que 2,8 %. Avec l’augmentation du coût de la vie et la croissance de la population, ces réductions sont bien plus susceptibles d’être de l’ordre de 15 %, très proches du niveau des réductions de Ralph Klein dans les années 1990 », a indiqué par communiqué Gil McGowan, le président de la Fédération.

Les étudiants inquiets

Les étudiants postsecondaires devront payer davantage pour leurs études, ce qui inquiète Sadiya Nazir, présidente du Conseil albertain des étudiants universitaires.

Un jeune attablé rédige des notes non loin de son ordinateur portable.

Antoni Levasseur, étudiant

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

« Nous sommes inquiets de la fin du gel des frais de scolarité. Ça veut dire que les frais vont augmenter et ce que nous demandons, c’est que ces augmentations soient raisonnables et prévisibles pour les étudiants », dit-elle, ajoutant qu’elle souhaite que les services aux étudiants, en santé mentale notamment, soient protégés.

« Si les frais augmentent, cela veut dire moins d’accès pour les étudiants et ce que nous voulons, c’est garder le haut niveau tout en assurant l’accès », dit-elle.

L'opposition parle de « mensonge »

Pour sa part, la chef de l’opposition néo-démocrate, Rachel Notley a qualifié le budget de « mensonge ».

« C’est un mensonge parce que rien du budget n’avait été présenté pendant la campagne électorale », a lancé Rachel Notley. « Le gouvernement ne crée pas d'emplois. Il coupe les services de première ligne et il augmente les impôts et les taxes des Albertains », a-t-elle ajouté.

L'Alberta supprimera des emplois dans le secteur public, éliminera le plafond des frais de scolarité postsecondaire et retardera les projets d'infrastructure pour rétablir l'équilibre budgétaire d'ici 2023. La province prévoit le retour à un modeste excédent de 584 millions de dollars au cours de l'exercice 2022-2023.

Un budget « modéré »

L’économiste Trevor Tombe de l’Université de Calgary s’attendait à des compressions plus importantes.

Portrait du professeur d'économie Trevor Tombe

Le professeur d'économie Trevor Tombe

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

« Ce n’est pas un budget d’austérité. Certains porte-folios gouvernementaux ont droit à du financement additionnel, d’autres sont gelés et d’autres comme les études postsecondaires voient des réductions », dit-il, donnant l’exemple des dépenses en santé qui sont bonifiées.

« Si on compare aux budgets sous le gouvernement de Ralph Klein, c’étaient des compressions de 21 % dans les dépenses. Alors, c’est vraiment le jour et la nuit, même si certains ministères sont très touchés, comme celui de l’Agriculture et de la Foresterie et le ministère de l’Éducation postsecondaire qui verront effectivement des réductions drastiques », explique l’expert.

La chambre de commerce d'Edmonton et la Fédération des contribuables canadiens se sont dites satisfaites du budget.

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