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Les Innus de Nutashquan veulent une entente avant toute construction sur leur territoire

Une personne à la barricade discute avec des policiers de la Sûreté du Québec.

Des blocs de béton ont été disposés en bordure de la route pour rendre le passage plus étroit.

Photo : Gracieuseté de Richard Malec

François Robert

L’avocat des Innus de Nutashquan, William Noonan, soutient que le différend contractuel avec Polaris n’est pas la seule, ni même la principale raison pour laquelle une barricade a été érigée près de l’entrée de la communauté. Le conseil de bande exige qu’une entente soit signée avant la construction d’une ligne de transport d’électricité entre leur communauté et celle d’Unamen Shipu.

Les Innus ont commencé à mettre en place la barricade jeudi soir dernier sur la route 138 près de l’entrée de Nutashquan. Plusieurs membres de la communauté se relaient, depuis, à la barricade.

Les citoyens de Kegaska peuvent circuler et les livraisons d’essence et de nourriture ne sont pas entravées. Par contre, les travailleurs de la compagnie GLR qui réalisent des travaux pour Hydro-Québec afin de construire une ligne de transport entre Nutashquan et La Romaine ne peuvent accéder à leur chantier.

Des cônes alignés de chaque côté de la route et une ligne rouge a été tracée là où les véhicules sont interceptés.

Des cônes et des blocs de béton sont installés sur les bords de la route.

Photo : Gracieuseté de Richard Malec

La ligne de transport entre Nutasquan et la communauté d’Unamen Shipu (La Romaine) vise à fermer la centrale au mazout qui alimente en électricité les résidents d’Unamen Shipu et à réduire la production de gaz à effet de serre.

Ce qu’on dit à Hydro-Québec, c’est si tu veux faire des travaux chez nous, ça prend une entente pour passer sur notre propriété.

William Noonan, avocat des Innus de Nutashquan

La communauté de Nutashquan savait pourtant que ces travaux devaient débuter bientôt puisqu’elle a réalisé un contrat pour procéder au déboisement là où la ligne doit passer, rappelle le porte-parole d’Hydro-Québec, Francis Labbé.

Le logo d'Hydro-Québec au sommet de son siège social, à Montréal.

Le logo d'Hydro-Québec au sommet de son siège social, à Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jusqu’à tout dernièrement, on était en train de discuter avec le conseil de bande justement pour en venir à un genre d’entente sur ce chantier-là, le chantier de raccordement qui va jusqu’à Unamen Shipu, explique Francis Labbé. On est en train d’avoir ces discussions-là, et puis finalement ça s’est arrêté assez abruptement et un blocus a été érigé.

L’avocat des Innus de Nutashquan soutient aussi qu’Hydro-Québec aurait promis de négocier si elle perdait en appel dans le dossier du contrat avec Polaris au chantier de la Romaine pour lequel les Innus étaient actionnaires minoritaires.

Hydro-Québec réfute cette interprétation.

Absolument pas. Et c’est triste et c’est dommage que les gens aient perçu ça parce qu’en réalité ça n’a pas du tout été abordé et c’était hors de question parce que dans ces discussions-là, déjà l’an dernier, on avait clairement établit la distinction entre d’un côté Polaris, et de l’autre côté, les autres demandes de la communauté de Nutashquan, indique Francis Labbé.

Dans un processus judiciarisé, on ne peut pas négocier une entente parallèle avec un actionnaire minoritaire pendant que l’on négocie avec l’entité principale, ajoute le porte-parole d’Hydro-Québec.

S’il n’y a pas de négociations formelles pour l’instant, les communications ne sont pas pour autant rompues avec la communauté, nuance Francis Labbé.

La différence entre le mot négocier, qui vraiment implique d’entreprendre des discussions dans le but de régler un problème précis en négociant des arguments convenus, ça, ça n’aura pas lieu tant que l’on a un blocus, insiste Francis Labbé. Ceci dit, les gens se parlent. Mais il y a une différence entre discuter comme ça, prendre le pouls d’une situation, et entreprendre des négociations.

Le village innu de Nutashkuan.

Le village innu de Nutashkuan

Photo : Getty Images / AFP/Guillaume Lavallée

Le conseiller responsable du dossier d’Hydro-Québec au sein du Conseil des Innus de Nutashquan, Richard Malec, estime que la barricade mise en place pour bloquer les travaux sur le territoire de la communauté en attendant le règlement du différend avec la société d’État pourrait durer longtemps.

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