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Des Acadiens saluent le legs de Robert Pichette

Téléjournal, 28 juillet 1979

Radio-Canada

L'homme à l'origine du drapeau du Nouveau-Brunswick et du livre blanc sur les langues officielles est décédé jeudi à l'âge de 83 ans.

Né en 1936 à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, Robert Pichette a commencé une carrière à la radio et à la télévision, mais a rapidement été attiré par la fonction publique.

Il a été, entre autres, chef de cabinet et sous-ministre dans le gouvernement de Louis J. Robichaud et un acteur important d'une période charnière dans l'histoire de la province.

Au cœur des changements

M. Pichette a accompagné le premier ministre Louis J. Robichaud dans sa quête pour combattre les inégalités sociales sous le programme Chances égales pour tous qui a permis d'offrir des services en éducation et en santé de qualité à l'ensemble de la population.

Durant son mandat, le premier ministre Robichaud a aussi demandé à son bras droit de préparer le canevas de ce qui a mené à la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre Louis Robichaud avait créé un comité dont j'étais membre, qui avait été chargé de préparer ce qu'on appelle communément un livre blanc qui s'appelait : Déclaration sur l'égalité des possibilités linguistiques et qui avait été déposé par le premier ministre Louis J. Robichaud à l'Assemblée législative le 4 décembre 1968, a-t-il raconté.

Plusieurs politiciens et personnalités du Nouveau-Brunswick ont rendu hommage au grand homme qu'était M. Pichette.

Le politologue Roger Ouellette était un grand ami de Robert Pichette. Ils se sont côtoyés pendant 35 ans.

On circulait un peu dans le même milieu. Robert n'était pas un universitaire, mais il était très curieux. Il lisait beaucoup. Il écrivait. Il était historien, a confié M. Ouellette.

Un homme a la larme à l'oeil.

Roger Ouellette est un grand ami du défunt Robert Pichette.

Photo : Radio-Canada / Ken Hebert

S’il a travaillé dans l’ombre à l’ère de Louis J. Robichaud, à sa retraite, il en est sorti. Il a été chroniqueur et il n’avait pas la langue sa poche.

Robert du Madawaska! Les Madawaskaiens ont leur caractère. Ils sont francs. Ils sont directs. Donc, c'était quelqu'un d'intense avec une intelligence vive. Et c'était quelqu'un qui adorait la lecture. Robert avait des dizaines d'ouvrages et il en lisait deux ou trois par semaine, se souvient M. Ouellette.

Il aimait beaucoup la province et il avait l'Acadie à cœur, a-t-il souligné.

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers, a rendu hommage à l'homme par communiqué vendredi après-midi

Robert Pichette nous a donné notre drapeau provincial, mais a également été l’une des chevilles ouvrières de la création de la Loi sur les langues officielles, faisant du Nouveau-Brunswick la seule province officiellement bilingue du pays, a indiqué M. Vickers.

Le chef libéral a aussi rappelé que la passion de M. Pichette pour les arts et la culture a mené à la création de la Banque d'oeuvres d'art du Nouveau-Brunswick.

Gérald Clavette est élu pour la première fois en 1967 pour représenter le comté de Madawaska. Il n'a que 25 ans lorsque Robert Pichette l'appelle pour lui demander s'il accepterait de prendre la parole dans le cadre du discours du Trône à l'Assemblée législative, en janvier 1968.

Le jeune enseignant hésite, mais M. Pichette réussit à le convaincre en le rassurant.

M. Pichette a été pour moi un mentor. Un grand conseiller dans la procédure et tout le protocole de l'ouverture d'une session, pour quelqu'un n'a jamais mis les pieds à l'Assemblée législative, a raconté M. Clavette.

L'homme à l'origine du drapeau

C'est également à Robert Pichette et à son talent comme spécialiste des armoiries que l'on doit le drapeau actuel du Nouveau-Brunswick, adopté par proclamation en 1965.

Un drapeau flottant au vent.

Le drapeau du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Philippe Duclos

Ah, moi, je suis très fier, parce que les gens l'aiment.

Robert Pichette

Auteur et essayiste

Chroniqueur et éditorialiste à L’Acadie Nouvelle, au Telegraph Journal et à The Globe and Mail, Robert Pichette s'est aussi fait connaître comme auteur et essayiste. Il s'intéressait à l'histoire de l'Acadie et du Nouveau-Brunswick.

Qu'on arrête de se conduire comme des victimes. L'Acadie n'est pas une victime. Elle l'a été par les fondateurs de la Déportation, mais on en est sorti et on a fait des choses... Mais en 2004, personne nulle part en Acadie ou ailleurs ne s'est avisé de dresser une liste des réalisations sérieuses et concrètes que les Acadiens et les Acadiennes ont fait, et ça, ça m'énerve, a-t-il déjà fait entendre.

Lauréat de plusieurs prix

La France a souligné son rôle déterminant dans les relations France-Acadie et l'accession du français au statut de langue officielle au Nouveau-Brunswick, en lui remettant l'ordre national de la Légion d'honneur.

Robert Pichette a également été décoré de l'ordre du Nouveau-Brunswick et a reçu de nombreux prix et distinctions, dont deux doctorats honorifiques.

Il ne parlait pas la langue de bois et n'avait pas peur de dire ce qu'il pensait.

On régresse et on régresse partout, les soins de santé par exemple, ça a carrément pas de bon sens, et on est au 21e siècle, là. On se croirait au 19e. Pis du côté de l'immersion, c'est la même chose. Ce n'est pas un gouvernement qu'on a, ce sont des amateurs sans talent!

On se souviendra également de lui comme un amoureux de la langue française et un orateur hors pair.

Avec les renseignements de Sophie Desautels

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale