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Des opposants au projet de parc éolien dans la Péninsule se mobilisent

Éolienne

Éolienne

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

La Ville de Bathurst veut investir plus de 20 millions de dollars dans un parc éolien dans la Péninsule acadienne.

Ainsi, Bathurst deviendrait la première municipalité à être copropriétaire d'un parc éolien dans la province. La municipalité attend une réponse à une demande d'emprunt au gouvernement.

Le maire, Paolo Fongémie, semble enthousiaste vis-à-vis de ce projet.

Paolo Fongemie, maire de Bathurst.

Paolo Fongemie, maire de Bathurst.

Photo : Radio-Canada

Je pense que c'est à l'image de notre conseil, un conseil qui veut avoir une vision progressive, explique-t-il. Quand Énergie Nouveau-Brunswick a sorti l'appel d'offres, on s'est joints avec un partenaire néo-brunswickois privé. On a soumis une proposition qui a été retenue.

Il estime que le projet aura de retombées positives qui permettront des investissements dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'environnement et des arts et la culture.

C'est un peu pour le mieux-être de la planète aussi.

Des changements à la loi

Le maire explique que l'amendement à la Loi sur l'électricité permet à la municipalité de se lancer dans cette aventure.

C'est un projet qui peut aller de 30 à 40 millions $, précise-t-il. Pour nous, ça représente 51 pour cent du montant maximal. On est toujours en attente de l'approbation d'un emprunt à travers la commission des emprunts municipaux. On a fait une demande, en août 2018, d'une demande d'emprunt de 20,4 millions $ à la province.

Monsieur Fongémie y voit un legs important.

C'est d'une durée de vie de 30 ans, dit-il. Ce n'est certainement pas durant notre mandat qu'on va en bénéficier. Mais, les conseils municipaux et la population vont pouvoir en bénéficier dans le futur.

Un projet qui fait polémique

Toutefois, un vent d'opposition souffle dans les régions d'Anse-Bleue et de Maisonnette.

Patrick Thériault, propriétaire d'une ferme d'agriculture biologique à Anse-Bleue, entend s'opposer farouchement à ce projet de parc éolien.

Patrick Thériault, à sa ferme d'agriculture biologique, à Anse-Bleue

Patrick Thériault, à sa ferme d'agriculture biologique, à Anse-Bleue

Photo : Gracieuseté

On est en train de créer une association de personnes d'Anse-Bleue et des alentours. Ça va ruiner la vue des gens de Caraquet qui regardent vers le nord pour voir les couchers de soleil. Donc, on est en train de former une association contre les éoliennes en Acadie.

Les opposants comptent mettre sur pied d'ici quelques jours un regroupement appelé l'Association pour les énergies renouvelables responsables pour contrecarrer les plans des promoteurs.

On va se réunir, on va s'organiser et puis on va se battre pour empêcher des éoliennes de nous envahir dans notre village.

Patrick Thériault a passé une vingtaine d'années dans la région de Montréal. Il est revenu vivre chez lui, à Anse-Bleue, il y a deux ans.

On fait un choix de vivre ici pour être loin de la folie des villes. Et là, on veut nous mettre dans la face de gros robots en métal, des monstres blancs qui tournent. C'est laid, ça gâche complètement la beauté. Il y a aussi la pollution sonore, c'est horrible. Ce sont aussi les infrasons qui nous affectent.

La famille Janiszewski craint également que son rêve de vivre en région tourne au cauchemar. Caroline Caissie-Janiszewski, originaire de Paquetville, est également revenue pour s'installer dans son coin de pays. Elle et son conjoint ont lancé la microbrasserie Houblon-Pêcheur, à Village-des-Poirier, tout près de Maisonnette.

La famille Janiszewski, à Village-des-Poirier

La famille Janiszewski, à Village-des-Poirier

Photo : Gracieuseté

Je n'ai presque pas dormi la nuit dernière parce que ça me préoccupe beaucoup, dit-elle. J'ai de jeunes enfants et on entend toutes sortes de choses sur les effets que ça peut avoir sur notre santé. L'aspect visuel nous préoccupe. On pense qu'on va pouvoir voir une des éoliennes de notre salon. Il y a le bruit aussi. Ça va briser la nature aux alentours. Ils veulent en mettre cinq, mais vont-ils en ajouter par après?

Un jeune couple, qui veut construire une petite ferme sur une nouvelle propriété acquise il y a trois mois, est également préoccupé.

Je suis inquiet pour ma santé, je suis inquiet pour la santé de mes futurs animaux que je vais avoir dans ma ferme, je suis inquiet pour la santé de mes enfants exprime Martin Dionne.

Sa conjointe, qui prépare une maîtrise en environnement, s'inquiète particulièrement des infrasons, des sons à basse fréquence émis par les éoliennes et que l'oreille humaine ne peut capter.

Puis ça, ça peut avoir des conséquences sur le sommeil, par exemple, ça peut avoir des conséquences sur la qualité de vie des gens.  Y peut avoir des troubles d'anxiété, de concentration, ajoute sa conjointe, Lucille Doiron.

Cet autre résident d'Anse-Bleue est préoccupé, pour sa part, par la pollution visuelle.

On va avoir ça dans notre visage-là ces machines-là qui va virer à journée longue, se plaint Stanley Thériault.

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