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Brexit : Boris Johnson veut des élections anticipées le 12 décembre

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Boris Johnson a déjà tenté à deux reprises d'obtenir l'aval du Parti travailliste, nécessaire à la tenue d'un scrutin anticipé.

Photo : Reuters / Hannah Mckay

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Boris Johnson a plaidé jeudi pour l'organisation d'élections législatives le 12 décembre afin de sortir le Brexit de l'impasse, mais le Parlement s'est déjà opposé à deux reprises à ses demandes de scrutin anticipé.

Dans une lettre adressée à Jeremy Corbyn, chef de file du Parti travailliste, le premier ministre britannique promet d'accorder plus de temps aux députés pour ratifier l'accord sur la sortie de l'Union européenne (UE) qu'il a négocié avec Bruxelles, s'ils acceptent ce scrutin anticipé.

À une semaine de l'échéance, les « Vingt-Sept » semblent prêts à un nouveau report du Brexit. Boris Johnson a promis de quitter l'UE coûte que coûte le 31 octobre, mais les députés l'ont contraint à ce report en rejetant son calendrier accéléré de ratification du Withdrawal Agreement Bill (WAB), mardi, quelques minutes après avoir accepté la poursuite du débat sur le texte.

Selon Jacob Rees-Mogg, ministre chargé des relations avec le Parlement, une motion réclamant la tenue d'élections anticipées pourrait être votée dès lundi.

La tenue d'un tel scrutin requiert la majorité des deux tiers au Parlement. Or, le premier ministre n'est pas parvenu à l'obtenir lors de ses deux tentatives précédentes au début de septembre. Le Parti travailliste, dont l'aval est nécessaire, a fait savoir qu'il ne le donnera que lorsque la perspective d'une sortie de l'UE sans accord aura été écartée.

« Nous accorderons tout le temps possible d'ici au 6 novembre pour que le WAB soit débattu et voté. [...] Cela signifie que nous pourrions faire en sorte que le Brexit ait lieu avant les élections du 12 décembre. »

— Une citation de  Extrait de la lettre de Boris Johnson à Jeremy Corbyn

Si le Parlement refuse de saisir cette occasion et ne ratifie pas [l'accord] avant le 6 novembre, ce que je crains fort, la question devra être réglée par un nouveau Parlement, ajoute-t-il.

Le chef de file du parti travailliste a annoncé dans la soirée qu'il attendrait la décision des 27 sur la demande de report du Brexit avant d'appeler à voter pour ou contre les élections anticipées.

Le Scottish National Party (SNP) s'est quant à lui indigné contre le fait qu'il cherche à imposer un scrutin anticipé, ce qui sème le doute sur sa capacité à réunir les suffrages nécessaires à sa tenue.

« Nous sortirons avec un accord »

Le Royaume-Uni finira par quitter l'Union européenne selon les termes de l'accord négocié par Boris Johnson avec Bruxelles, avait auparavant promis un membre de son administration, alors que les dirigeants européens continuent de réfléchir aux conditions d'un nouveau report.

Plus de trois ans après le vote des Britanniques en faveur du Brexit, le Royaume-Uni est suspendu à la décision des vingt-sept autres membres de l'UE de lui octroyer un nouveau délai de trois mois, sans doute flexible, après le 31 octobre, pour éviter une sortie sans accord (no deal).

À la fin, nous sortirons avec l'accord négocié par le premier ministre, a assuré un responsable du 10, Downing Street, qui a préféré garder l'anonymat.

Prié de dire si le Brexit aurait lieu le 31 octobre, comme Boris Johnson n'a cessé de le clamer, il a répondu : Le Parlement a pris la situation en main.

Pendant que la majorité et l'opposition britanniques se déchirent sur la date d'éventuelles élections, l'avenir immédiat du Brexit se joue sur le continent, en particulier entre Berlin, favorable à un report de trois mois jusqu'au 31 janvier 2020, et Paris, qui prône au contraire un délai technique plus court, le temps de ratifier l'accord.

Réticences de la France

La France n'est pas convaincue par une extension longue, dit-on jeudi de source diplomatique française, selon laquelle les Pays-Bas et la Pologne sont aussi réticents.

Paris estime qu'un report de courte durée contraindrait les élus britanniques à prendre leurs responsabilités, tandis qu'un délai plus long prolongerait la période d'incertitude et ouvrirait la porte à toute une série de possibilités, dont celle d'un nouveau référendum.

Les ambassadeurs des pays membres de l'UE doivent se réunir vendredi à Bruxelles pour tenter de trouver une solution.

L'Irlande, le pays de l'UE le plus concerné par le Brexit en dehors du Royaume-Uni, plaide pour un report flexible (flexextension) qui permettrait au Brexit de se réaliser avant la nouvelle date butoir si le Parlement ratifie d'ici là l'accord négocié par Boris Johnson. L'Italie préconise aussi cette solution.

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