•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Que réserve l’avenir à la co-cathédrale de Gravelbourg?

La cathédrale Holy Rosary à Regina

Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance

Karel Houde-Hébert

De quoi sera fait l'avenir de la co-cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Gravelbourg? Bien que l'édifice célèbre son centenaire, les avis sont partagés parmi les habitants du village saskatchewanais à ce sujet.

Aux yeux de Sarah Hoag, née à Gravelbourg et étudiante à l’Université de Regina, il n’y a pas de doute. La jeune femme qui a été guide plusieurs étés à la co-cathédrale est optimiste : le bâtiment a un bel avenir en raison de son importance historique et culturelle.

Lorsqu’on vit à Gravelbourg et qu’on voit la co-cathédrale tous les jours, on ne se rend pas compte qu’il s’agit d’un bâtiment unique. Par contre, lorsqu’on se retrouve à Regina ou à Saskatoon, on se rend compte qu’il n’y a rien de comparable à la co-cathédrale.

Sarah Hoag, étudiante à l'Université de Regina
Sarah Hoag.

Sarah Hoag veut retourner vivre à Gravelbourg après ses études universitaires.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, selon des personnes plus âgées, comme Réal Forest, la réalité est plus sombre.

À Gravelbourg, comme dans l’ensemble du pays souligne-t-il, la pratique religieuse diminue. Avant, tout tournait autour de l’église. Ce n’est plus le cas, affirme celui qui est l’ancien maire et membre du comité du centenaire de la co-cathédrale. Chez les jeunes, incluant ceux de ma famille, l’église et la pratique religieuse ne sont pas en haut de leurs priorités.

Réal Forest.

L’église et la pratique religieuse ne sont pas en haut des priorités des jeunes, croit Réal Forest.

Photo : Radio-Canada

Alma Blouin, elle, assiste à la messe à la co-cathédrale tous les dimanches. Elle est également très engagées dans la vie paroissiale de Gravelbourg. Elle remarque que l’âge moyen des personnes qui fréquentent la co-cathédrale ne cesse d’augmenter. On n’a plus de jeunes qui viennent. Juste des têtes blanches comme moi, précise la Gravelbourgeoise.

J’espère qu’elle reste ouverte, mais va-t-on avoir assez de monde pour la garder ouverte?

Alma Blouin, résidente de Gravelbourg
Alma Blouin.

Alma Blouin assiste à la messe tous les dimanches. Elle aimerait voir plus de jeunes fréquenter la co-cathédrale.

Photo : Radio-Canada

Même constat du côté d’André Moquin, dont le père était le dernier bedeau de la co-cathédrale. Je me souviens lorsque mon oncle était curé, il y avait deux messes et c’était plein. Aujourd’hui, on a de la difficulté à remplir le bâtiment pour la messe de minuit, dit l'homme, qui a vécu dans le sous-sol de la co-cathédrale durant son enfance.

André Moquin.

André Moquin se souvient du temps où la co-cathédrale était remplie de paroissiens.

Photo : Radio-Canada

Notre dossier 100 ans de la co-cathédrale de Gravelbourg

Exode rural

À l’instar de plusieurs provinces au pays, la Saskatchewan vit un important déclin de sa ruralité. Selon le gouvernement canadien, le ratio de la population rurale-urbaine a complètement basculé au cours des 80 dernières années dans la province. La proportion des personnes qui vivent dans les régions rurales est passée de 68 %, en 1931, à seulement 33 %, en 2011.

D’après le dernier recensement de Statistique Canada, la population de Gravelbourg était de 1083 en 2016, ce qui représente une diminution de 3 % par rapport à 2011. Au cours de la même période, en Saskatchewan, les populations ont augmenté de 6,3 % en moyenne.

Selon l’historien Laurier Gareau, l’exode rural ne fera qu’augmenter au cours des prochaines années. Dans 10 ou 15 ans, est-ce qu’il va y avoir suffisamment de gens dans la région pour s’occuper de la co-cathédrale, se demande-t-il.

Laurier Gareau.

Laurier Gareau est inquiet pour l'avenir de la co-cathédrale de Gravelbourg.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement du Canada estime qu’entre 2011 et 2025 la population urbaine de la Saskatchewan augmentera, passant de 606 300 à 674 072, alors que la population des milieux ruraux et des petites villes diminuera, passant de 412 030 à 395 711.

Des coûts d’entretien importants

Laurier Gareau rappelle également que les coûts pour l’entretien et la restauration de bâtiments historiques de la sorte sont très élevés. Le défi est de savoir comment nous allons pouvoir maintenir cette infrastructure en place, mentionne l’historien.

Malgré la baisse d’achalandage à la co-cathédrale, l’ancien maire Réal Forest tient à se faire rassurant. Selon lui, l'édifice est encore relativement en bonne santé financière. L’argent est encore là pour faire les rénovations qui s’imposent, affirme-t-il.

L'entrée de la co-cathédrale de Gravelbourg.

La co-cathédrale est encore en relativement bonne santé financière, selon l’ancien maire Réal Forest.

Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance

Cependant, plusieurs résidents du village saskatchewanais se demandent combien de temps encore la co-cathédrale sera en mesure de couvrir les frais liés à l'entretien du bâtiment. Une question pour laquelle personne ne semble avoir de réponse.

Qu’arrivera-t-il à nos églises au fil des ans? C’est une question à poser.

Réal Forest, ancien maire de Gravelbourg

De son côté, Laurier Gareau est d’avis que le fardeau fiscal de l’avenir de la co-cathédrale ne devrait pas seulement reposer sur les épaules des résidents de Gravelbourg. Le fardeau devrait être sur les épaules de tous les gens de la Saskatchewan et même sur tous les Canadiens parce qu’il s’agit d’une partie de notre patrimoine historique, affirme-t-il.

Un avenir à Gravelbourg

Malgré la diminution du nombre de paroissiens, la conseillère municipale Toos Giesen-Stefiuk estime que le bâtiment a de valeur pour être laissé à l’abandon. Je suis convaincu que le bâtiment restera en place pour longtemps. Les gens savent qu'il ne s'agit pas d'une église ordinaire. C'est un véritable chef-d'oeuvre, affirme la fondatrice du Café de Paris, situé dans la rue principale du village.

Toos Giesen-Stefiuk croit également que la Municipalité doit en faire davantage pour promouvoir la co-cathédrale afin d’augmenter le nombre de touristes qui visitent Gravelbourg.

Toos Giesen-Stefiuk.

Toos Giesen-Stefiuk croit que la Municipalité doit en faire plus pour promouvoir la co-cathédrale.

Photo : Radio-Canada

Pour l’heure, malgré toutes ces interrogations, Sarah Hoag à deux certitudes. Elle souhaite revenir vivre à Gravelbourg après ses études universitaires et y fonder une famille. Elle espère aussi que la co-cathédrale fera partie de sa vie pour encore bien longtemps.

Sarah Hoag souriante.

Sarah Hoag voit son avenir à Gravelbourg.

Photo : Radio-Canada

Saskatchewan

Croyances et religions