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Et si on pouvait mieux prévoir les éboulements?

Environ 500 éboulements rocheux surviennent annuellement sur la route 132 dans le nord de la Gaspésie

Un panneau de signalisation jaune et noir indiquant un danger de chute de pierres. En arrière-plan, une paroi rocheuse.

Les risques d'éboulements sont élevés le long de la route 132 dans le nord de la Gaspésie.

Photo : Radio-Canada

Dans le nord de la Gaspésie, les éboulements rocheux à proximité de la route sont récurrents et imprévisibles. Les risques qu’ils posent aux automobilistes et les entraves à la circulation qu’ils génèrent doivent être réduits à tout prix. Une équipe de chercheurs de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) a installé de véritables « laboratoires » à la verticale, pour tenter de mieux prévoir ces éboulements, fortement influencés par les événements météo. Découverte a pris connaissance des travaux en cours.

Vous roulez. Au détour de la route, vous êtes face à des cailloux sur la chaussée. Vous les évitez, de justesse. Vous vous dites en vous-mêmes, j’ai été chanceux... La route 132 dans le nord de la Gaspésie est prise en étau entre les falaises de roches et le fleuve Saint-Laurent.

Environ 500 éboulements rocheux surviennent annuellement sur ce tronçon de route; parfois des roches de petite taille, parfois de gros cailloux roulent au-delà du fossé et atteignent la route.

Tom Birien et Francis Gauthier directement sur la paroi.

Les chercheurs Tom Birien et Francis Gauthier de l'UQAR

Photo : Radio-Canada

Le ministère des Transports a mis sur pied, il y a une trentaine d’années, une patrouille des roches qui surveille en permanence les moindres éboulements qui peuvent atteindre la chaussée et poser un risque pour les automobilistes. François Bossé est responsable du secteur de la mécanique des roches au ministère des Transports.

On comprend le mode de rupture des parois rocheuses, mais les facteurs extérieurs qui viennent influencer l'ouverture de ces fractures-là et le moment où la rupture finale va se produire, c'est plus difficile à identifier avec plus de précision.

François Bossé, ingénieur, responsable du Secteur mécanique des roches, ministère des Transports du Québec (MTQ)
François Bossé en entrevue à la caméra

François Bossé, ingénieur, responsable du Secteur mécanique des roches, ministère des Transports du Québec (MTQ)

Photo : Radio-Canada

C’est pour étudier l’effet du climat sur les falaises que le MTQ a investi dans un important projet de recherche en Gaspésie. Francis Gauthier et ses collègues de l’UQAR ont instrumenté six falaises dans la région de Gros-Morne. Les parois ont été bourrées de capteurs qui enregistrent en permanence des données sur le vent, l’ensoleillement, l’humidité, le mouvement des fractures et des roches ainsi que l’eau et le gel à l’intérieur des parois.

À ma connaissance, à l'échelle canadienne, je pense qu'on est un des seuls endroits où on a autant d'instruments pour étudier le régime climatique ou microclimatique à proximité des parois rocheuses.

Francis Gauthier, professeur de géomorphologie, Université du Québec à Rimouski (UQAR)

L'idée est d'étudier les différentes variables météorologiques qui influencent l'érosion des roches plus friables et plus fragiles et qui vont éventuellement mener à la chute des blocs de grès, plus massifs. À quel point, par exemple, le risque qu’un éboulement rocheux survienne augmente-t-il après un épisode de pluie très forte?

Les sondes thermiques placées dans des forages horizontaux à l’intérieur de la paroi rocheuse ont permis d’observer la progression des ondes de gel durant l’hiver et les mouvements successifs de gel et de dégel.

Tom Birien de l’UQAR raconte qu’ils ont découvert, avec surprise, que le gel à l’intérieur de la falaise se propageait beaucoup plus loin que les deux ou trois mètres qu’ils anticipaient.

On a observé, par exemple, cette année, un front de gel jusqu'à 4,10 mètres de profondeur.

Tom Birien, doctorant en géomorphologie, Université du Québec à Rimouski (UQAR)
Deux hommes inspectent une paroi rocheuse. Ils portent un équipement et sont retenus à l'aide de cordes.

Les chercheurs en géomorphologie de l'UQAR Francis Gauthier et Tom Birien sur une falaise du nord de la Gaspésie.

Photo : Radio-Canada

La capture de données, entamée il y a deux ans, se poursuit jusqu’à l’été 2020. Le projet, à terme, doit permettre d’améliorer les modèles statistiques de prévision d’éboulements rocheux. Cela pourrait éventuellement prendre la forme d’une application qui permettra au MTQ de voir venir les risques d’éboulement, en fonction des événements météo, et surtout de mieux préparer ses équipes à intervenir dès l’instant où survient un éboulis rocheux, que ce soit en Gaspésie ou ailleurs au Québec.

Le reportage du journaliste André Bernard et de la réalisatrice Christine Campestre est présenté dans le cadre de l'émission Découverte dimanche à 18 h 30 à ICI Télé.

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