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Le cachet unique des oeuvres d'art de la co-cathédrale de Gravelbourg

L'abbé Maillard a peint tous les vitraux de la co-cathédrale à la main.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Karel Houde-Hébert

Les oeuvres de l’abbé Maillard tapissent l’intérieur de la co-cathédrale de Gravelbourg. Elles donnent un cachet unique et une vie au bâtiment nouvellement centenaire. Avec des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, l'abbé souhaitait rassembler les croyances et l’enseignement catholique dans ces tableaux expressifs et réalistes.

C'est à couper le souffle quand on y entre. C'est un véritable joyau caché dans les Prairies.

Toos Giesen-Stefiuk, conseillère municipale, Gravelbourg

Qui était l’abbé Maillard?

Charles Maillard.

L'abbé Charles Maillard est l'artiste qui a créé les oeuvres de la co-cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Gravelbourg.

Photo : Archives / Archidiocèse de Regina

Charles Maillard naît le 11 mars 1873 à Montreuil-sur-mer, en France. À la fin des années 1800, il immigre au Canada. Il est ordonné prêtre en 1901 à Saint-Norbert, au Manitoba. Il avait étudié l’art et il venait d’une longue lignée douée dans l’art. Quand il est arrivé ici, en 1917, c’était le début de la construction de la cathédrale, mentionne le guide de la co-cathédrale et ancien curateur du musée de Gravelbourg, Louis Stringer. L’abbé Maillard consacre 10 ans de sa vie, de 1921 à 1931, à la décoration intérieure de la cathédrale de Gravelbourg. En 1934, fatigué et malade, il quitte le diocèse pour se rapprocher de sa soeur au Québec. Il meurt le 14 février 1939 à Montréal. Encore aujourd’hui, on peut trouver des oeuvres de l’abbé Maillard dans plusieurs bâtiments religieux un peu partout au pays.


Un vitrail unique

Un vitrail dont les couleurs reflètent sur des colonnes.

Il s'agit probablement de l'un des plus grands vitraux dans l’Ouest canadien, selon Louis Stringer.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Le vitrail de l'Assomption de la Sainte Vierge rend hommage à la patronne du diocèse de Gravelbourg, Notre-Dame de l’Assomption. On y voit la Vierge Marie qui monte au ciel, entourée d’un choeur d’anges musiciens. Selon Louis Stringer, ce vitrail, qui surplombe la façade du bâtiment, est l’un des plus grands dans l’Ouest canadien. Je reçois beaucoup de gens ici. Ils mentionnent qu’ils n’ont jamais vu un vitrail comme celui-ci, affirme M. Stringer.


Des vitraux peints à la main

Un vitrail d'une personne au regard triste.

L'abbé Maillard a peint tous les vitraux de la co-cathédrale à la main.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

À l’époque où l’abbé Maillard décorait la co-cathédrale de Gravelbourg, le diocèse ne disposait pas des ressources financières nécessaires pour importer des vitres de couleur pour la confection des vitraux. L’abbé Maillard a donc décidé de peindre tous les vitraux de la cathédrale à la main avec le matériel qu’il avait à sa disposition. À la fin des années 1970, les vitraux avaient cependant perdu de leur lustre et de leur couleur. Le sixième évêque du diocèse, Monseigneur Noël Delaquis, a donc ordonné une restauration complète des vitraux.


Une inspiration puisée dans son entourage

Une peinture de six anges avec une croix blanche devant.

L'abbé Maillard s'est inspiré des visages des élèves des écoles de Gravelbourg pour peindre les anges du plafond de la co-cathédrale.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

L’abbé Maillard travaillait souvent à l’aide de mannequins ou de poupées. Lorsqu’il avait besoin d’un modèle, il se tournait vers les paroissiens du diocèse pour trouver son inspiration. L'abbé Maillard demandait aux enseignantes des écoles qui étaient les meilleurs élèves. Il les utilisait ensuite comme modèles pour les anges du ciel de la cathédrale, raconte l’archevêque de Regina, Donald Bolen. L’abbé Maillard s’est par exemple inspiré d’un ancien recteur du Collège Mathieu pour peindre Ponce Pilate.


Trois niveaux de peintures

Un mur d'une cathédrale avec des peintures et des vitraux.

On retrouve trois niveaux de peintures sur les murs de la nef de la co-cathédrale.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Les murs de la nef de l'édifice arborent trois niveaux de peintures qui représentent chacun un aspect différent du christianisme. Sur le premier niveau, en bas, l’abbé Maillard a peint un large rideau, sombre et pesant, qui dépeint les sept péchés capitaux : l’orgueil, l'envie, l’avarice, l’impureté, la gourmandise, la colère et la paresse. Le deuxième niveau, au milieu, représente les 14 stations du chemin de la croix. L’abbé Maillard a utilisé la couleur rouge dans ces peintures pour symboliser le sang versé sur la croix pour enlever le péché du monde. Sur le troisième niveau, en haut, l’abbé Maillard a peint une série de tableaux qui relatent la vie de la martyre sainte Philomène, ancienne patronne de la co-cathédrale.


Le sanctuaire

L'intérieur d'une cathédrale.

Les sept plus grandes peintures de la co-cathédrale se retrouvent dans le sanctuaire.

Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance

Dans le sanctuaire de la co-cathédrale, on retrouve ses sept plus grandes peintures. Ces oeuvres dépeignent des passages importants de la Bible, ainsi que des dogmes du catholicisme. Le tableau central représente les trois mystères de la foi : la Trinité, l’incarnation et la rédemption. En plein coeur, on retrouve Jésus-Christ sur la croix. Au sommet apparaît Dieu, les bras ouverts, avec la colombe de l’Esprit-Saint.


L’endos du linoléum

Une peinture de Jesus Christ sur la croix entouré d'anges.

L'abbé Maillard a peint ses oeuvres à l'endos du linoléum.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

À l’origine, l’abbé Maillard souhaitait peindre ses oeuvres sur des toiles, mais le matériel était trop cher. Il s’est donc résolu à peindre sur du linoléum. L’abbé avait remarqué que l’endos du linoléum avait la même texture que la toile, tout en étant beaucoup moins cher. Le père Maillard avait un gros rouleau sur lequel il y avait du “prélart” d'enroulé. Il peignait là-dessus, petit à petit. Quand c’était sec, il tournait le rouleau et continuait à peindre, se rappelle Jeanne Allard, une habitante de Gravelbourg âgée de 97 ans.


La lumière

L'intérieur d'une cathédrale où la lumière du soleil entre par les vitraux.

En plus des oeuvres d'art, ce qui est particulier avec la co-cathédrale est la luminosité que l'on retrouve lorsqu'il fait soleil.

Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance

Caractérisée par ses peintures et ses oeuvres d’art, la co-cathédrale a également une luminosité impressionnante lorsque le soleil plombe sur Gravelbourg. André Moquin, dont le père était le dernier bedeau de la co-cathédrale, a visité plusieurs cathédrales à travers le monde. Pour lui, celle de Gravelbourg est unique. Ce qui diffère le plus est la lumière que l’on retrouve dans notre cathédrale comparativement à celles de l’Europe, estime M. Moquin. Une caractéristique qu’a su intégrer l’abbé Maillard dans ses peintures, estime pour sa part Louis Stringer.

Notre dossier 100 ans de la co-cathédrale de Gravelbourg

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Culture