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Où se trouve vraiment le site de La Barrière?

Des gens posent derrière une croix en bois.

Le vrai site de la barrière est différent de l'emplacement actuel du parc.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a 150 ans, des Métis érigeaient une barrière pour arrêter les représentants du gouvernement au Manitoba. Cet acte a lancé la résistance de la rivière Rouge menée par Louis Riel, mais le lieu exact où la Couronne a été refoulée a sombré dans l’oubli. Or, des Manitobains cherchent maintenant à commémorer cet endroit.

Octobre 1869. Les Métis venaient d'affronter des arpenteurs du gouvernement canadien qui préparaient l’installation prochaine de colons sur un territoire qui comprenait des terres où eux-mêmes s’étaient installés.

Craignant l’arrivée du lieutenant-gouverneur, William McDougall, et d’une force armée, des centaines de Métis s’étaient amassés juste au nord de la rivière Sale (aujourd’hui la rivière La Salle).

Une photo d'un dessin datant du 19e siècle. On y voit les représentants d’Ottawa arrêtés par une clôture, derrière laquelle de trouvent des Métis.

L’unique image représentant les événements de La Barrière a été dessinée par Dougald Cameron. On y voit les représentants d’Ottawa arrêtés par une clôture, derrière laquelle de trouvent des Métis.

Photo : Philippe Mailhot

C’est le lieu de naissance de la résistance, selon l’historien à la retraite Philippe Mailhot. Les Métis ont décidé qu’ils arrêteraient William McDougall et ses hommes juste au sud de la rivière. Le seul moyen de rejoindre le fort Garry à l’époque était cette route du sud.

C’est ici qu’ils allaient l’arrêter carrément. Si c’était une question de tirer dessus, quoi que ce soit, c'est ici qu'ils allaient l’arrêter, lance Philippe Mailhot.

Une carte pointe l'endroit, sur le chemin Pembina, dans le sud de Winnipeg, où la croix originale plantée par Louis Riel aurait été située.

Endroit où devrait se situer la croix plantée par Louis Riel et Norbert Ritchot sur les lieux de La Barrière, selon Philippe Mailhot.

Photo : Radio-Canada

Cet endroit se trouve au milieu de ce qui est présentement le chemin Pembina, une artère importante dans Winnipeg, qui au sud de la capitale devient la route provinciale menant au poste-frontière d’Emerson.

 Une rivière et ses deux rives, en automne.

La vue de la rivière La Salle, depuis les environs du site de La Barrière

Photo : Radio-Canada

À l’époque, il y avait un détour. La barrière a été dressée à ce crochet de la route qui permettait de traverser la rivière. Le lieutenant-gouverneur a décidé de s’arrêter à Pembina et d’envoyer deux hommes parler aux Métis.

L’un d’eux, Donald Cameron, était un ancien combattant britannique, à qui on avait demandé d’assumer des fonctions semblables à celles d’un de chef de police dans la nouvelle région.

Donald Cameron essaie de défoncer la barrière avec ses chevaux et son wagon. Il déclare : "Remove that blasted fence", note Philippe Mailhot. Mais les deux représentants d’Ottawa sont refoulés et deux jours plus tard, les Métis, en prenant possession du fort Garry, obtiennent le contrôle militaire de la colonie.

Avant de partir, l’abbé Noël Ritchot et Louis Riel se sont rendus à l’emplacement de la barrière et y ont planté une croix. Une petite croix de bois, faite n'importe comment. Sur la croix il y avait une inscription en latin : Digitus Dei est hic.

Cette inscription, explique Philippe Mailhot veut dire plus ou moins : le doigt de Dieu est ici. Le message sous-jacent est que les Métis ont pu empêcher le Canada de faire main basse sur la colonie avec l’aide de Dieu.

Un monument en vadrouille

En 1906, l’Union nationale métisse Saint-Joseph a érigé une croix sur le site de La Barrière. Pour eux, ce site était vraiment le lancement du mouvement, explique Philippe Mailhot.

Le monument a par la suite été déplacé plus au sud.

Dans les années 1980, la croix a été placée sur son site actuel, dans le quartier de Saint-Norbert. On peut la voir, place Saint-Norbert, à côté du marché fermier.

Le choix de ce lieu agace Philippe Mailhot au plus haut point.

Pour moi, avec un monument basé sur une place vraiment précise, puis l’idée que le doigt de Dieu, il est ici… On ne devrait pas prendre le doigt de Dieu et le mettre tout partout. Il est vraiment important pour moi, comme historien, qu’on place le monument là où les événements se sont produits affirme-t-il.

Avec la recherche de Philippe Mailhot et les efforts de l’organisme Tourisme Riel, un mouvement s’est organisé pour créer un monument sur le site réel de La Barrière, soit à côté du chemin Pembina.

La gérante des opérations de Tourisme Riel, Barbara Hacio Kirby, indique que l’idée était de créer un monument pour commémorer les 150 ans de l’événement.

Si cet objectif n’a pas été atteint, Barbara Hacio Kirby pense tout de même qu’il faut souligner cet événement historique.

Ça crée vraiment un endroit officiel pour le monument en tant que tel. [...] Saint-Norbert voit de plus en plus de visiteurs à cause du marché, de la maison McDougall, d’où l’intérêt d’avoir plus d’attraits qui ont une relation historique , dit-elle.

Selon Philippe Mailhot, le droit de passage de la Ville existe encore aux abords de l’ancien passage de la rivière La Salle. Il est possible de demander à la Ville d’utiliser ce terrain pour un monument éventuel, dit-il.

De son côté, l’Union nationale métisse Saint-Joseph organisait une commémoration des événements de La Barrière le 24 octobre à 10 heures, à la Maison McDougall, à Saint-Norbert.

Paulette Duguay parle devant une petite foule dans une cabane d'époque, à côté de présentoirs qui montrent des images d'un futur monument.

La présidente de l'Union nationale métisse Saint-Joseph, Paulette Duguay, explique le projet de monument que l'organisme voudrait voir érigé sur le site exact des événements de 1869 à La Barrière.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

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