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Violence conjugale : « Nos femmes et nos enfants ne sont pas protégés » – Ingrid Falaise

La femme se tient devant une autre femme de dos.

Ingrid Falaise dans une scène de son documentaire

Photo : Pixcom

Cecile Gladel

Triste hasard. Alors que deux enfants et un homme dans la quarantaine ont été retrouvés morts mardi soir dans une résidence de l'est de Montréal, le documentaire d’Ingrid Falaise Face aux monstres (Nouvelle fenêtre) est diffusé ce soir sur ICI Télé.

Cette réalité démontre à Ingrid Falaise l’urgence d’agir et justifie la production de ce documentaire sur la violence conjugale.

C’est la preuve, encore une fois, que ça arrive pour vrai, que ce n’est pas de la fiction. Les M [pour manipulateurs et monstres] peuvent aller jusqu’à tuer des enfants pour garder le contrôle, a réagi Ingrid Falaise en entrevue avec la chroniqueuse du 15-18 Catherine Richer.

Les deux femmes sont assises devant une table.

Les politiciennes Sonia LeBel et Véronique Hivon dans le documentaire « Face aux monstres »

Photo : Pixcom

L’autrice, productrice et comédienne lance un appel aux politiciennes et politiciens pour que des mesures urgentes soient prises afin de contrer la violence conjugale.

Réveillez-vous, aidez-nous. Ça fait depuis 1995 qu’il y a des recommandations sur vos bureaux. On n’assure pas la pérennité, car les gouvernements changent tous les quatre ans. Mais là, ça suffit. Jacques Parizeau demandait à ses ministres d’unir leurs voix pour changer les choses, pour établir un plan d’action en matière de violence conjugale. Oui, des pas ont été faits, certaines choses ont changé, mais ce n’est pas assez. Nos femmes et nos enfants ne sont pas protégés. La violence amoureuse, ce n’est pas juste dans un couple, [ça a des conséquences] sur nos enfants. Il va falloir que ça cesse et que l’on agisse concrètement.

Ingrid Falaise

Les victimes trop laissées à elles-mêmes

Ingrid Falaise dénonce aussi le fait que les victimes soient laissées seules et doivent subir un processus judiciaire peu adapté à ces situations, surtout quand le couple a des enfants.

Les M peuvent continuer à atteindre leurs victimes par l’entremise des enfants. C’est là que ça devient épouvantable, car on doit aller au tribunal de la famille, qui ne prendra pas en considération la violence conjugale, même s’il y a un dossier criminel, souligne Ingrid Falaise.

Elle n’en revient pas que la femme doive trop souvent se justifier, s’expliquer, répondre à des questions, se faire questionner en cour, alors que c’est elle la victime : On ne l’accompagne pas ou alors très mal. Les failles du système de justice sont épouvantables.

La difficulté de quitter un conjoint violent

La question qu’on pose le plus souvent à Ingrid Falaise : Pourquoi tu restais? Car il y a tout le système de la violence conjugale qu’on comprend extrêmement mal. C’est l’une des failles du système.

Ingrid Falaise rappelle aussi les statistiques. Notamment qu'une femme tente de quitter un conjoint violent six fois avant de réussir.

Il faut planifier sa fuite minutieusement, sinon on peut mourir.

Ingrid Falaise

Toutefois, elle mentionne que la violence ne cesse pas quand la femme réussit à quitter son conjoint violent : Ça devient pire.

Celle qui a fait de cette cause le combat de sa vie soutient que les nombreux intervenants et intervenantes, les juges, ceux et celles qui font les analyses psychosociales, les procureurs et la majorité des juristes ne sont pas assez bien formés sur les schèmes de la violence conjugale, qui sont les mêmes peu importe le pays où on habite.

Quelles sont les solutions?

L’une des nombreuses solutions énumérées par Ingrid Falaise est de changer le vocabulaire utilisé pour décrire la violence conjugale.

Je ne veux plus entendre un ou une journaliste dire que c’est un drame familial; non, c’est un meurtre. Et ce n’est pas un crime passionnel. Ces mots, on doit les changer pour modifier la manière de penser de la société.

Ingrid Falaise

Elle ajoute qu’il doit y avoir plus de places dans les maisons d’hébergement : 9500 femmes se font dire non chaque année. C’est 9500 vies en danger.

Ingrid Falaise demande aussi que les tribunaux se parlent et que la violence psychologique soit reconnue. Elle rappelle aussi que des hommes sont aussi victimes de violence conjugale et qu’il ne faut pas l’oublier.

Arts