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Les volte-face du gouvernement Ford

Un homme avec les cheveux blonds et un veston cravate.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

La liste des palinodies du premier ministre ontarien, Doug Ford, continue de s'allonger. À plusieurs reprises au cours de la dernière session parlementaire, son gouvernement a annoncé des politiques qui ont par la suite été annulées, repoussées ou retouchées.

À l'approche de la rentrée parlementaire, voici un retour sur les cas où les progressistes-conservateurs ont décidé de faire marche arrière.

Réforme des services pour autistes

En février, le gouvernement a annoncé la refonte du Programme ontarien des services en matière d'autisme. Les changements apportés devaient permettre d'offrir un soutien à plus de familles en éliminant la liste d'attente. Le gouvernement a entre autres modifié les critères de financement pour que la subvention soit dorénavant basée sur le revenu des familles et non sur le besoin de l'enfant.

Emily Sheridan à l'extérieur. Elle tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Autism Does Not End At Six! »

Emily Sheridan participait à une manifestation devant les bureaux de la ministre responsable du dossier à l'époque, Lisa MacLeod, en février. Son fils, âgé de presque six ans, est atteint d'un trouble du spectre de l'autisme.

Photo : CBC / Jean Deslisle

Les changements ont provoqué la colère de nombreux parents, qui ont fait entendre leur mécontentement lors de manifestations. Au cours de l'été, le nouveau ministre responsable du dossier a finalement admis que la réforme était un échec. Le ministre des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires, Todd Smith, a promis de corriger le tir et de présenter un nouveau programme d'aide d'ici avril 2020.

Prestation transitoire pour enfants

Le gouvernement avait prévu d'annuler le versement de la Prestation transitoire pour enfants à compter du 1er novembre. Après reconsidération, le versement se poursuivra jusqu'à ce que la province achève la révision globale de tous ses programmes sociaux. La prestation, qui peut atteindre jusqu'à 230 $ par enfant, est accordée à des ménages ontariens vulnérables qui ne sont pas admissibles à d'autres allocations familiales.

Financement des sociétés d'aide à l'enfance

Les documents budgétaires du gouvernement révélaient des coupes de 28 millions de dollars au financement des sociétés d'aide à l'enfance pour l'année fiscale en cours. Or, le gouvernement est revenu sur sa décision; il maintient le même financement que celui accordé l'an dernier.

Un groupe de personnes avec des pancartes de couleurs manifestent devant des maisons.

Des dizaines de travailleurs sociaux et de syndiqués sont sortis dans les rues de Brantford, en Ontario, en juillet dernier, afin de soutenir la démission du conseil d’administration de la Société d’aide à l’enfance de Brant.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Santé publique

Plusieurs maires ontariens se sont regroupés pour dénoncer les coupes rétroactives au financement des programmes de santé publique. Devant la pression des élus municipaux, le gouvernement a finalement cédé. La nouvelle répartition des coûts entre les villes et la province entrera seulement en vigueur en 2020 et le gouvernement Ford a changé d'avis à propos des compressions rétroactives. La réduction du financement provincial avait été annoncée même si les municipalités avaient déjà adopté leur budget annuel. Doug Ford a conclu que les villes avaient besoin de plus de temps pour trouver des économies dans leur budget.

Services de garde

Les municipalités devront toujours payer 20 % des coûts de création de nouvelles places en garderie, qui étaient auparavant entièrement financés par la province. Le gouvernement a tout de même fait quelques concessions et a notamment repoussé l'arrivée de certaines compressions jusqu'en 2022. La province réduira par exemple le financement des frais d'administration des services de garde.

Université de l'Ontario français

Avec le retour à l'équilibre budgétaire dans sa mire, le gouvernement avait mis la hache dans le projet de création de l'Université de l'Ontario français. La décision a suscité un tollé au sein de la communauté franco-ontarienne, si bien qu'une députée conservatrice a claqué la porte du Parti progressiste-conservateur.

Finalement, en septembre, les gouvernements provincial et fédéral ont conclu une entente sur le financement conjoint de la future université.

Photo de deux adolescentes qui tiennent une affiche qui dit «Francofort» devant un groupe d'élèves.

Deux adolescentes demandent à Doug Ford de rétablir le projet d'Université de l'Ontario français lors d'une manifestation en novembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Camille Feireisen

Nominations partisanes

Le premier ministre a révoqué les nominations de deux de ses délégués généraux à l'étranger en raison d'allégations de favoritisme. Selon le Globe and Mail, l'une des personnes nommées serait un ami des fils du chef de cabinet du premier ministre. L'autre personne choisie pour représenter la province aurait aussi été liée à Dean French.

Un homme en coulisse

L'ex-chef de cabinet du premier ministre Doug Ford, Dean French

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Ceinture de verdure

Le gouvernement a abandonné en janvier son intention de présenter un projet de loi controversé pour autoriser le développement industriel dans la ceinture de verdure, une zone protégée autour de Toronto.

Une enseigne au bord d'une route dans une zone boisée.

Les opposants s'inquiétaient du risque de développement dans la ceinture de verdure.

Photo : The Greenbelt Foundation

Taille du conseil des ministres

À son arrivée au pouvoir, Doug Ford a réduit la taille du conseil des ministres par rapport au précédent gouvernement. Il avait initialement nommé 21 ministres, 8 de moins que le dernier conseil de l'ancienne première ministre Kathleen Wynne. Or, lors d'un remaniement ministériel cet été, Doug Ford a fait passer le nombre de ministres assis à la table à 28.

Prise du contrôle du métro de Toronto

Récemment, le gouvernement Ford a renoncé à la prise de contrôle du métro de Toronto. Il s'agissait pourtant d'une promesse électorale du parti afin d'accélérer le prolongement du réseau. La province a finalement décidé que la Commission des transports de Toronto pourrait demeurer l'entière responsabilité de la Ville, à condition que le conseil municipal appuie son plan d'expansion du métro.

Photo de lignes de différentes couleurs montrant sur une carte les nouvelles lignes de transport en commun projetées et les lignes existantes.

La carte des nouvelles lignes projetées par le gouvernement Ford

Photo : Radio-Canada

Promotion du vapotage

Le gouvernement de Doug Ford a finalement décidé d'interdire toute publicité de produits de vapotage dans les dépanneurs et les stations-service. L'interdiction entrera en vigueur le 1er janvier. Les progressistes-conservateurs avaient initialement annulé l'entrée en vigueur d'une loi similaire votée par le gouvernement précédent.

Amalgamation des municipalités

Les progressistes-conservateurs jonglaient avec l'idée de changer la structure de gestion de huit municipalités régionales afin de rentabiliser l'argent des contribuables. Après réflexion, le ministre des Affaires municipales a fermé la porte à une refonte de la gestion municipale. Selon le gouvernement, les communautés devraient décider par elles-mêmes en ce qui a trait à leur gouvernance, à la prise de décisions et à la délivrance de services.

Taille des classes

En mars 2019, la ministre de l'Éducation de l'époque, Lisa Thompson, annonçait que le nombre moyen d'élèves par classe au secondaire allait passer de 22 à 28. Le changement devait rendre les élèves plus résilients. Cependant, devant la colère des parents, le ministre de l'Éducation suivant, Stephen Lecce, a décidé que la taille des classes resterait pratiquement inchangée, avec une moyenne de 22,5 élèves par classe. Il avait quand même précisé que le gouvernement conservait son intention d'atteindre des classes de 28 élèves d'ici la fin d'un premier mandat conservateur. Or, cette semaine, dans le cadre des négociations avec les enseignants ontariens, le ministre Lecce a annoncé qu'il était maintenant prêt à établir le ratio enseignant-élève à 1 pour 25.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, en conférence de presse.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce.

Photo : Chaîne de Queen's Park

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Toronto

Politique provinciale