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Le Québec resserre sa norme relative au plomb dans l'eau

La concentration maximale passera de 10 à 5 microgrammes par litre.

Santé Canada a récemment fait passer de 10 à 5 microgrammes par litre la concentration maximale de plomb dans l’eau potable.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le gouvernement Legault abaissera « dans les plus brefs délais » la norme de concentration maximale de plomb dans l'eau, qui passera de 10 à 5 microgrammes par litre. Le Québec deviendra ainsi la première province à se conformer aux nouvelles recommandations de Santé Canada, souligne-t-il.

La méthode d’échantillonnage – qui consiste actuellement à faire couler l'eau pendant cinq minutes avant de la prélever – sera également revue, a expliqué mercredi matin le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

« À partir d'aujourd'hui, on va prendre le premier jet et après une période de stagnation de 30 minutes, comme recommandé par Santé Canada, ce qui se fait déjà ailleurs, dans d'autres provinces », a-t-il précisé en conférence de presse.

Le ministre participant à une conférence de presse.

Lionel Carmant, mercredi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Par ailleurs, le gouvernement Legault demandera à l'ensemble des municipalités québécoises d'élaborer un plan d'action afin de réduire la présence de plomb dans l'eau potable.

Ainsi, les villes devront déterminer les secteurs où les résidences sont susceptibles d'avoir une entrée de service en plomb; déterminer un échéancier pour identifier lesdits secteurs; évaluer la période nécessaire pour remplacer toutes les entrées de service en plomb; et évaluer le coût de la démarche.

La qualité de l'eau potable au Québec demeure sécuritaire pour la quasi-totalité des ménages, a assuré le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda – un argument repris par le premier ministre François Legault dans les corridors de l'Assemblée nationale. Depuis 40 ans, on a réduit de 70 % le plomb dans l'eau au Québec, a-t-il souligné. Donc ça veut dire qu'on s'est amélioré, mais il faut continuer à s’améliorer.

Le ministre Carmant a toutefois précisé, lors de la conférence de presse, qu'il était recommandé pour les ménages vivant dans les secteurs à risque de laisser couler l'eau pendant au moins une minute, surtout au matin, lorsqu'ils se réveillent, ou au retour, après le travail, quand l'eau a stagné un certain temps; de s'assurer de boire ou de cuisiner avec de l'eau froide, qui est moins stagnante que l'eau chaude; et, troisièmement, de changer régulièrement le tamis du robinet – le filtre au bout du robinet – pour s'assurer que, s'il y a des dépôts de plomb, qu'ils soient retirés de façon régulière.

Pas d'argent frais, pas d'échéancier

Si le Règlement québécois sur la qualité de l'eau potable (RQEP) sera modifié à court terme, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, n'a pas voulu dire combien de temps elle comptait accorder aux villes pour rédiger leur plan d'action, se contentant de dire que « cette année, ça va se faire, sûrement ».

L'annonce de mercredi matin ne prévoit pas non plus de nouvelles sommes d'argent pour permettre aux municipalités de s'adapter à la nouvelle réglementation. Andrée Laforest a mentionné que de nombreux programmes existent déjà pour financer la mise à niveau des réseaux d'aqueduc (PRIMEAU, FIMEAU, etc.).

La ministre Laforest en conférence de presse.

Andrée Laforest, mercredi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La ministre a également rappelé que les propriétaires privés demeuraient responsables de la canalisation située entre la rue et leur propriété – des travaux pouvant représenter une dépense de plusieurs milliers de dollars.

Le citoyen – comme citoyen moi-même –, on est responsable de notre branchement dans notre maison.

Andrée Laforest, ministre des Affaires munipales du Québec

La Ville de Montréal, qui a amorcé en 2006 un grand chantier de remplacement des conduites en plomb du réseau municipal, a d'ailleurs décidé de s'attaquer à ce problème de front, en annonçant mercredi qu'elle entendait remplacer elle-même les entrées d'eau en plomb des immeubles et résidences privées aux frais des propriétaires.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, le responsable des infrastructures de l'eau au comité exécutif de la Ville de Montréal, Sylvain Ouellet, confiait récemment que seul 1 propriétaire sur 10 profitait du chantier municipal pour changer son entrée d'eau en plomb.

Or, ne changer qu'une partie de la canalisation en plomb ne règle pas le problème, au contraire, selon Michèle Prévost, titulaire de la chaire industrielle en eau potable et professeure d’ingénierie à Polytechnique Montréal. Si la Ville enlève juste sa partie parce que le propriétaire ne souhaite pas dépenser pour enlever sa partie de plomb, ça peut devenir pire pour le résident, a-t-elle prévenu en entrevue à Tout un matin mercredi.

Huit mois pour s'ajuster

Santé Canada a suggéré aux provinces de réduire leur norme de concentration maximale de plomb dans l'eau en mars dernier. Avant 2001, le niveau accepté au Québec était de 50 microgrammes par litre.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques indique sur son site Internet que le plomb est reconnu pour avoir des effets néfastes sur la santé humaine. À de faibles concentrations, il affecte surtout le système nerveux et peut entraîner des effets mineurs sur le développement intellectuel des nourrissons et des enfants de moins de 6 ans. Ces derniers sont plus vulnérables, car ils sont en pleine croissance. Il en est de même pour le fœtus des femmes enceintes.

Le plomb dans l’eau potable a fait les manchettes récemment au Québec à la suite de pressions de scientifiques en faveur du dépistage rigoureux du plomb dans les fontaines des écoles et garderies. Le ministre de l’Éducation y a répondu en demandant aux commissions scolaires de respecter la nouvelle norme de Santé Canada.

Un tuyau qui contient du plomb.

Les tuyaux de plomb mettent en péril la qualité de l'eau potable, selon les experts.

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

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