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Les cloches de la co-cathédrale de Gravelbourg : quand passé et présent résonnent

Philomène, située dans le clocher est de la co-cathédrale de Gravelbourg, pèse à elle seule près d''une tonne. C'est l'une des quatre cloches Paccard.

Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance

Sophie Chevance

Elles sonnent à l'unisson. Les cinq cloches de la co-cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Gravelbourg font partie du paysage et de la communauté, depuis ses débuts. André Moquin a grandi avec elles. C'est le fils d’un des bedeaux qui s’est longtemps occupé des cloches de la co-cathédrale. Parler des cloches, c'est raconter sa vie.

Les cloches de l’édifice sonnent aujourd’hui de façon automatisée.

Mais avant, c’était la tâche des bedeaux de les faire tinter.

Nous sommes en 1954. Paul Moquin et sa famille quittent leur vie d’agriculteurs à Makwa, dans le nord de la Saskatchewan. Ils emménagent à Gravelbourg, dans le sous-sol de ce qui était la cathédrale. Le nouveau rôle de Paul est d’entretenir l'édifice religieux et de faire sonner les cloches quand il le faut.

Lors de leur arrivée à Gravelbourg, son fils André a 10 ans.

Les souvenirs sont surtout rattachés au logis [...] La cathédrale, c’est un peu l’extension de mon chez-moi.

André Moquin, fils du bedeau
Photo de famille lors d'un repas.

La famille Moquin, lors d'un repas dans le sous-sol de la cathédrale, en 1970

Photo :  courtoisie / André Moquin

Pendant 25 ans, la vie de la famille est rythmée par la discipline des cloches. À 6 heures et 18 heures, raconte André, son père devait être au poste pour sonner l’heure. À l'occasion, il sonnait aussi l'angélus lors des funérailles et autres célébrations.

Papa devait en prendre soin et, souvent, des gens venaient l’aider pour sonner avec lui les cinq cloches.

André Moquin, fils de bedeau

J’ai beaucoup travaillé avec papa pour nettoyer, passer la vadrouille, épousseter les bancs… On a travaillé, mais aussi, on a fait des farces , se rappelle André, qui a passé toute sa jeunesse dans la cathédrale.

Image en noir et blanc d'André Moquin, adolescent, dans sa chambre.

Adolescent, André Moquin a mis le volume de son tourne-disques au maximum lors d’une messe du dimanche, une blaque qui n'a pas vraiment plu au curé.

Photo :  courtoisie / André Moquin

Notre dossier 100 ans de la co-cathédrale de Gravelbourg

Des cloches qui ont traversé l'océan

Retracer la vie de Paul le bedeau, c'est aussi se pencher sur l'histoire des cloches qu'il faisait sonner.

La cloche Sainte-Philomène a été achetée à la maison Bollée, du Mans, en France, une fonderie qui a disparu après la Première Guerre mondiale.

À cette cloche, qui était déjà installée dans la première chapelle blanche du village, s'en ajoutent quatre autres, venues elles aussi du vieux-continent.

L'abbé et peintre français Charles Maillard, avec l'aide de l'entrepreneur québécois Claude-Émile Morissette, avait commandé, en 1929, la série Fa, Si bémol, et petit Fa auprès de la fonderie Paccard, de la région française de la Haute-Savoie, en France.

Document d'archives adressé à la fonderie Paccard.

En tout, les cloches Paccard ont coûté plus de 2000 $.

Photo :  courtoisie / Fonderie Paccard

Les cloches sont arrivées à Gravelbourg un an plus tard. Juste à temps pour les préparatifs des fêtes d'installation du premier évêque de Gravelbourg et futur archevêque de Québec, Monseigneur Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve.

Le Canada est un des pays, après la France, où il y a le plus de cloches Paccard, et les missionnaires catholiques contribuent fortement à ce voyage des cloches, explique Anne Paccard, la femme d'un des descendants du premier fondeur.

La plus grosse sonnerie en volée du monde vient d’ailleurs de la fonderie Paccard. Elle se trouve dans la cathédrale de la Transfiguration, à Markham, près de Toronto.

La particularité de la maison Paccard, c'est le son, qui est vraiment exceptionnel. [...] Depuis l’origine de la fonderie, les cloches ont toujours été d’une grande justesse, ce qui était rare au 19e siècle.

Anne Paccard, femme d'un des descendants du premier fondeur Paccard

Une musicalité qui s’est transportée jusqu’à Gravelbourg, à travers le temps et l’espace.

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