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Commission Viens : une source d’information inestimable pour les chercheurs

Le juge Jacques Viens parle derrière un lutrin de l'UQAT, devant une quinzaine de personnes.

Le juge Viens a pris la parole pour la première et unique fois à la suite du dévoilement de son rapport final.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Des acteurs du milieu universitaire et d’anciens employés de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics se sont réunis à Val-d’Or mardi après-midi dans le cadre d’une journée de réflexion. Les organisateurs de l’événement souhaitaient faire connaître l’arrière-scène des travaux, tout en incitant les chercheurs à se servir des données produites par la Commission pour accroître nos connaissances.

L’un des constats explicités dans le rapport de la commission Viens est qu’il y a des lacunes quant à l’accessibilité des données sur les communautés autochtones. Des informations qui permettraient d’avoir un portait plus précis des réalités autochtones sur le territoire québécois et qui faciliteraient la prise de décisions éclairées par les décideurs.

Pour la première fois au Québec, on a été capable de démontrer [par les travaux de la commission d’enquête] qu’il y a un manque de données généralisées et aussi un manque d’accès aux données existantes, explique Suzy Basile, qui était codirectrice de la recherche pour la commission Viens.

Nous nous sommes donné le devoir de contribuer à la diffusion de l’importante quantité de données amassées par les travaux de la commission Viens, dont le rapport final ne représente qu’une partie de ce qui a été amassé.

Suzy Bazile, coorganisatrice de la journée de réflexion

La journée de réflexion sur le rapport de la commission avait donc notamment pour objectif d’inviter les chercheurs à se saisir de la manne d’informations rendues disponibles grâce aux travaux de la commission. Pour nous les chercheurs, c’est le travail qui commence, souligne Mme Bazile. Les documents sont accessibles sur le site de la commission d’enquête.

La seule prise de parole de Jacques Viens

Le commissaire Jacques Viens a livré son seul discours public à la suite de la parution du rapport. Il avait indiqué qu’il n’accorderait aucune entrevue après la diffusion de celui-ci.

Il a insisté sur l’importance de l’éducation pour que les employés des services publics puissent répondre aux besoins des Autochtones. Les gens des services publics ne sortent pas d’une feuille de chou, si dès le jeune âge ou dans leur milieu, ils ont entendu un paquet d’affaires qui sont inappropriées et inexactes, fausses, ils se retrouvent avec un paquet de préjugés, a-t-il déclaré.

Il a indiqué que son rapport devait être un outil qui peut être utile comme point de départ pour aller plus loin. Il a indirectement invité les citoyens présents à ne pas baisser la garde pour conserver les enjeux autochtones à l’ordre du jour, et ce, afin que le gouvernement agisse.

Les gouvernements marchent souvent au son. Quand l’opinion publique est favorable à quelque chose, ça aide pas mal, a-t-il souligné. Selon lui, les médias peuvent être un outil de changement. Il faut agir d’une façon gagnante, présenter les réalités difficiles puis que les médias les diffusent dans la population. C’est un élément de formation aussi, a-t-il ajouté.

L’arrière-scène de la commission

Plusieurs anciens employés de la commission d’enquête ont également fait part de leur expérience durant les trois années des travaux

La coordonnatrice des relations avec les Autochtones, Janet Mark, a fait état du foisonnement qu’il y avait dans l’équipe alors que le temps était limité pour produire le rapport.

J’ai l’image d’un raz de marée puis d’un tsunami qui s’en vient, puis il faut avancer.

Janet Mark, coordonnatrice des relations avec les Autochtones

Le commissaire Jacques Viens a recruté de nombreux professeurs et professionnels provenant de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Le vice-recteur, Vincent Rousson, a expliqué pourquoi, selon lui, il était du devoir de l’Université de contribuer à ce vaste chantier, parfois au détriment des activités de l’Université. Il fallait absolument le faire, donc c’était par conviction personnelle. J’ai mis ma tête sur la bûche avec ma rectrice, on s’est serré les coudes, mais cela a quand même bien été, a-t-il souligné.

Abitibi–Témiscamingue

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