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Présence d'opioïdes dans la drogue illégale : « les gens ne devraient pas consommer seul »

Des pilules sont placées dans un plateau de pharmacie, où se trouvent aussi des contenants de médicaments.

Les surdoses d'opioïdes sont en augmentation en Abitibi-Témiscamingue. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Emily Blais

Des travailleurs de rue et de milieu de l'Abitibi-Témiscamingue mettent en garde les consommateurs de drogues illégales. Des comprimés de méthamphétamine pourraient contenir des opiacés comme du fentanyl.

Il est difficile de savoir exactement quelles substances se trouvent dans la drogue illégale, c'est pourquoi ils demandent de ne pas consommer seul.

Il peut nous arriver n'importe quoi quand on fait le choix de consommer, surtout quand ce sont des drogues de synthèse, c'est fait dans des laboratoires clandestins. Ce n'est pas nécessairement des chimistes d'expérience qui vont créer ça, c'est quelqu'un qui a le goût de faire de l'argent et qui met un peu n'importe quoi là-dedans, indique la travailleuse de rue en Abitibi-Ouest, Catherine Daigle.

Depuis environ un an, elle entend de plus en plus parler de contamination de drogues par des opioïdes. Avec 13 ans d'expérience dans son secteur, elle entre généralement en contact avec des consommateurs grâce au bouche-à-oreille pour les conseiller.

C'est qu'on le sait que les gens consomment, qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter des conséquences négatives à se ramasser à l'hôpital en surdoses, à développer des problèmes de santé mentale, on les accompagne dans leur consommation en leur donnant de petits trucs. Par exemple, de dire aux gens de ne pas consommer seul, parce que si tu consommes seul et qu'il t'arrive quelque chose, [il faut quelqu'un] pour appeler les services d'urgence pour toi, soutient-elle.

La Dre Omobola Sobanjo, médecin spécialiste à la Direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue, parle d'une contamination croisée qui peut être intentionnelle ou non.

En Abitibi-Témiscamingue comme telle, on n'a pas eu de confirmation de la présence d'autres choses dans le speed ou drogues que les jeunes utilisent. Toutefois, à travers le Québec et même à travers le Canada, on a eu des données des autres endroits que certains constatent qu'en prenant des comprimés, soit de speed ou d'autres types de drogues, ils se retrouvent avec d'autres contaminations. [...] Il se peut qu'il y ait un mélange. Des fois, ce sont les opioïdes, des fois c'est même contaminé avec des Valium et même d'autres choses, précise-t-elle.

Catherine Daigle ajoute qu'il y a des symptômes qui peuvent être apparents sur quelqu'un qui a consommé des opiacés. Ça peut être quelqu'un qui aurait de la difficulté à marcher, à parler, à rester éveillé. À Rouyn-Noranda, les contacts que notre travailleur de rue avait eus disaient que les gens avaient des engourdissements. Quand tu prends un stimulant, tu n'es pas supposé t'endormir.

Trousse de naloxone

Dre Sobanjo conseille aux consommateurs et leur entourage de se procurer gratuitement une trousse de naloxone. La naloxone administrée grâce à un vaporisateur nasal permet de renverser temporairement les effets des opioïdes.

Une boîte de Narcan est posée sur un comptoir.

Le naloxone, souvent vendu sous le nom NARCAN, vient contrer les effets des opiacées pendant une courte durée.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

On ne perd rien en l'utilisant. Si on retrouve quelqu'un qui est inconscient et qui a des problématiques à respirer, c'est bon d'essayer parce que ça peut s'utiliser facilement. Il y a le kit intranasal qui est disponible gratuitement qui peut acheter du temps pour que l'individu se rende à l'hôpital, dit-elle.

Chaque travailleur de rue dans chacun des secteurs a des trousses de naloxone, mais dans les pharmacies les gens peuvent s'en procurer gratuitement. Les pharmaciens ont fait un beau travail dans la région d'offrir aux gens qui avaient des prescriptions d'opiacés d'avoir ce produit-là à la maison, parce que ça peut sauver des vies, souligne Catherine Daigle. Si toi dans la vie tu es à risque parce que tu consommes une fois de temps en temps, que ce soit des speeds ou que ce soit des opiacés, moi je pense que si on en a un dans la gang à qui ça arrive, on est content d'avoir la trousse avec nous. Alors moi j'encourage le public à risque d'aller s'en procurer.

Abitibi–Témiscamingue

Drogues et stupéfiants