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Élections fédérales : quelles conséquences pour la Saskatchewan?

Andrew Scheer parle dans un micro, devant quatre drapeaux du Canada.

Mardi, à Regina, Andrew Scheer a vanté les résultats du vote populaire de son parti, qui ont été meilleurs que ceux des libéraux.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Samuel Desbiens

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Andrew Scheer, semble pris entre l’arbre et l’écorce au lendemain de l’élection fédérale : les électeurs en Saskatchewan lui ont offert un mandat clair, mais ceux de l’est du pays semblent toujours réticents face à ses propositions.

Les Saskatchewanais ont envoyé un message fort à Justin Trudeau, lundi soir, en choisissant 14 députés conservateurs pour siéger à la Chambre des communes.

De leur côté, les Albertains ont également rayé de la carte électorale les libéraux, optant pour 33 candidats conservateurs sur les 34 sièges de la province.

Selon le politologue et professeur émérite d’histoire à l’Université de Regina Stephen Kenny, ces résultats témoignent d’une profonde insatisfaction à l’égard du Parti libéral du Canada (PLC).

Le gouvernement de Justin Trudeau semble désintéressé des véritables inquiétudes des électeurs dans l’Ouest. [...] Ils se sentent abandonnés par Ottawa, estime-t-il.

Gros plan sur le visage d'un homme, qui accorde une entrevue à la journaliste.

Stephen Kenny croit qu'il sera difficile pour Justin Trudeau de représenter convenablement les intérêts des électeurs en Saskatchewan sans pouvoir compter sur un député dans la province.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

Nous avons un pays très divisé, admet pour sa part Andrew Scheer, qui considère que cette situation est attribuable à Justin Trudeau, puisqu’il ne s’est pas gêné, selon lui, pour mener la vie dure aux premiers ministres provinciaux qui s’opposaient à ses mesures.

L’instauration de la taxe sur le carbone, en avril dernier, a notamment provoqué de vives tensions entre Ottawa et les quatre provinces récalcitrantes (Ontario, Manitoba, Saskatchewan et Nouveau-Brunswick), tout comme le projet de loi C-69 concernant la procédure d’approbation des projets énergétiques au pays.

Une division de plus en plus visible

La Saskatchewan n’aura aucun député au sein du gouvernement fédéral, tout comme l'Alberta.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, dit vouloir se battre pour défendre les intérêts des électeurs des deux provinces, mais les premiers ministres provinciaux ont aussi l’intention de se faire entendre.

Le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, a d’ailleurs envoyé une lettre à Justin Trudeau, mardi matin, en l’invitant à poser des gestes concrets pour rétablir la relation entre Ottawa et l’Ouest canadien qu’il compare à un incendie.

Pour y parvenir, Scott Moe exige notamment qu’Ottawa abolisse la taxe sur le carbone. Il demande aussi que Justin Trudeau s’engage à négocier une nouvelle formule de péréquation qui soit juste pour la Saskatchewan et l’Alberta et qu’il se porte à la défense du secteur énergétique en autorisant des projets de pipelines.

J’offre [à Justin Trudeau] un extincteur. Je l’invite à ne pas répondre à ces demandes avec de l’essence.

Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan

Les résultats de l’élection d’hier soir montrent que le sentiment de frustration et d’aliénation dans l’Ouest canadien n’a jamais été aussi important, a ajouté Scott Moe, tout en se considérant comme un fédéraliste frustré.

Scott Moe, le visage grave et fermé, entouré de micros.

Au lendemain de l'élection qui a reconduit Justin Trudeau au pouvoir, le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, insiste sur l'importance de conclure « une nouvelle entente » avec le Canada.

Photo : Radio-Canada

Rassemblements indépendantistes

Si cette division se fait sentir dans l’arène politique, elle se perçoit aussi sur les réseaux sociaux, où les groupes indépendantistes dans l’ouest du pays ont déjà commencé à préparer leurs prochains rassemblements.

Sur sa page Facebook, le groupe Wexit Saskatchewan annonce qu'il a reçu plusieurs demandes quant à la tenue de futures manifestations.

De son côté, le groupe Wexit Alberta organisera un rassemblement à Edmonton le 2 novembre prochain, en plus d’un autre à Calgary, le 16 novembre, et à Red Deer, le 30 novembre.

Le mot-clic #Wexit était aussi parmi les termes les plus utilisés au pays sur Twitter, mardi matin.

Craintes dans le secteur énergétique

Certains acteurs du secteur pétrolier se disent inquiets de la réélection du gouvernement libéral et espèrent que l’absence de député libéral en Saskatchewan et en Alberta ne posera pas davantage de problèmes à l’industrie.

On a remarqué une grande fracture au terme de l’élection et on espère que le gouvernement nouvellement élu voudra réparer la situation, avoue la chef des opérations du groupe de lobby Canada Action, Lynn Nellis.

On peut aussi imaginer que le gouvernement voudra récupérer des appuis dans l’ouest du pays et qu’il sera peut-être plus favorable aux compromis, mentionne pour sa part le président et directeur général de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan.

Ces deux intervenants craignent également que de nombreux emplois ne soient supprimés si le gouvernement fédéral refuse d’aider l’industrie.

Avec les informations de Karel Houde-Hébert, de Nicolas Duny et de Marie-Christine Bouillon

Saskatchewan

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