•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nancy Audet livre un poignant témoignage à la Commission sur la protection de la jeunesse

Nancy Audet témoigne au micro lors d'une commission d'enquête.

La journaliste Nancy Audet, originaire d'Amos, a témoigné de son expérience avec la DPJ lors de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Photo : Capture d'écran

Annie-Claude Luneau

La journaliste Nancy Audet, originaire d'Amos, a livré un témoignage poignant devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse mardi après-midi.

Elle s'est arrêtée à quelques reprises pendant qu'elle racontait son histoire aux commissaires, trop prise par l'émotion.

Au début de la quarantaine, Nancy Audet a choisi de raconter pour la première fois son histoire publiquement, alors que plusieurs de ses amis proches ne connaissaient même pas ces épisodes de sa jeunesse.

C'est une blessure qui est très très profonde. Et ça m'a pris du temps avant d'être assez solide pour dire "non, les gens vont continuer à m'aimer, les gens vont continuer à me respecter" et je dois moi, à 42 ans, être capable de me tenir droite, et être fière de mon parcours et être capable de dire aux enfants et aux adolescents qui sont aujourd'hui sous la protection de la jeunesse que c'est possible de réussir, a-t-elle expliqué devant la présidente de la Commission, Régine Laurent, et ses collègues.

Au début des années 80, à Amos, Nancy, alors âgée de 7 ans, a été placée pour la première fois dans une famille d'accueil d'urgence où elle a rencontré une femme aimante qui aura un impact important sur le reste de son parcours.

Elle retournera cependant rapidement dans sa famille, où elle vivra de la violence et de la négligence.

À l'âge de 14 ans, la jeune adolescente fugue. Retrouvée par les policiers quelques jours plus tard, elle retournera pour quelque temps chez la femme qui l'avait accueillie quelques années plus tôt.

Elle rencontrera d'autres personnes bienveillantes qui l'aideront à finir son secondaire et à poursuivre ses études.

Si je suis devant vous, c'est que je suis pleinement consciente de la chance immense que j'ai eue. Le destin m'a permis de croiser la route de personnes qui m'ont tendu la main.

Nancy Audet

Sans elles, je sais que je ne serais pas devant vous ici aujourd'hui. Je sais que malheureusement, bien des enfants, des adolescents qui se retrouvent sous la Direction de la protection de la jeunesse n'ont pas cette chance. La situation actuelle m'inquiète, énormément, a-t-elle mentionné devant la Commission.

Nancy Audet a elle-même vécu plusieurs épisodes de détresse, a eu des idées suicidaires, mais n'a jamais eu d'aide psychologique de la part de la protection de la jeunesse.

Elle suggère d'ailleurs d'améliorer le suivi psychologique des enfants, pendant leur passage à la DPJ, mais aussi après. Elle a elle-même eu recours à de l'aide professionnelle pour l'aider à guérir les blessures de son enfance. Elle a aussi suggéré d'améliorer les services dans les milieux isolés et dans les régions.

Abitibi–Témiscamingue

Jeunesse