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L'effet Trudeau est-il en train de s’essouffler en Outaouais et dans l'est ontarien?

Justin Trudeau salue la foule depuis son autobus de campagne.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors de la campagne de 2015 (archives)

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Angie Bonenfant

L’appui des élus libéraux de l’Outaouais et de l’est ontarien est-il en train de s’effriter? Une comparaison entre le pourcentage des votes qu’ils ont reçus lundi soir et le pourcentage reçu en 2015 indique que moins d’électeurs se sont bousculés aux urnes pour les appuyer.

Même s’ils ont gardé tous les sièges qu’ils avaient sous la main à la dissolution de la Chambre des communes, presque tous les libéraux ont connu une baisse dans le vote populaire.

Seuls Greg Fergus dans Hull—Aylmer et Catherine McKenna dans Ottawa-Centre ont reçu un appui plus important lundi soir qu’il y a quatre ans.

C’est la libérale Anita Vandenbeld dans Ottawa-Ouest—Nepean qui a reçu la baisse d’appui la plus importante avec 10,5 points de pourcentage en moins. En 2015, elle avait obtenu 56 % des voix. Lundi soir, ce taux a fondu à 45,5 %.

Karen McCrimmon dans Kanata—Carleton (-8,3 points de pourcentage) et David McGuinty dans Ottawa-Sud (-7,7) ont eux aussi connu une baisse importante dans le vote populaire.

Mona Fortier dans Ottawa—Vanier et Marie-France Lalonde dans Orléans ont toutes les deux moins bien « performé » que leurs prédécesseurs.

En 2015, feu Mauril Bélanger avait obtenu 57,2 % du vote contre 50,6 % pour Mme Fortier, lundi soir. Tandis que le général à la retraite Andrew Leslie avait obtenu 59,8 % des voix en 2015 contre 54,3 % pour Mme Lalonde.

Une tendance nationale

Faut-il s’en étonner? Non, répond Fannie Olivier, analyste politique sur la colline du Parlement pour Radio-Canada. Ces données reflètent ce qui se passe à travers le pays, dit-elle. Par rapport à 2015, à l’échelle nationale, l’appui des libéraux a baissé de plusieurs points de pourcentage.

C’est reflété dans presque toutes les régions. Il y a eu une baisse de l’appui populaire, du vote populaire, en pourcentage chez les libéraux, explique-t-elle. C’est normal, parce qu’il y avait une certaine lassitude de l’électorat.

Parti libéral du Canada

  • 2015 : 6 942 937 votes (39,5 %)
  • 2019 : 5 911 588 votes (33,1 %)

Lors des élections de 2015, Justin Trudeau surfait sur l’attrait de la nouveauté. Quatre ans plus tard, l’effet s’est dissipé.

M. Trudeau et son équipe avaient mené une campagne super audacieuse en 2015. Cela avait mobilisé des électeurs qui, autrement, ne seraient peut-être pas allés voter — comme les jeunes, par exemple. Et là, on n’a plus cet attrait de la nouveauté, observe Mme Olivier. Donc, peut-être que les électeurs étaient moins tentés de voter pour leur candidat.

Il y a une forme d’usure du pouvoir qui peut se refléter autant dans les chiffres de la région qu’à l’échelle nationale.

Fannie Olivier, analyste politique sur la colline du Parlement pour Radio-Canada

On peut aussi interpréter ces données comme étant une forme de sanction de l’électorat, poursuit l’analyste politique. Les électeurs acceptent de donner aux libéraux une deuxième chance, un deuxième mandat, mais avec des bémols.

Stabilité chez les conservateurs

À l’inverse, le nouvel élu conservateur dans Stormont—Dundas—Glengarry-Sud, Eric Duncan, a reçu 3,2 points de pourcentage de plus que son prédécesseur conservateur, Guy Lauzon, qui ne s'est pas représenté.

Le député conservateur sortant de Carleton, Pierre Poilièvre, a somme toute maintenu ses acquis. En 2015, il avait récolté 46,9 % des suffrages. Cette fois-ci, il en a obtenu 46,6 %.

Encore une fois, remarque Fannie Olivier, ceci n’est qu’une réflexion de ce qui s’est passé à l’échelle nationale. Les conservateurs ont augmenté leur vote populaire et même ils sont à 34,4 %, souligne-t-elle. Si on avait une proportionnelle, c’est eux qui auraient [formé] le gouvernement.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale