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Écrasement d'Ethiopian Airlines : les dépouilles de 7 victimes rapatriées au Canada

Un avion d'Ethiopian Airlines, vu de l'extérieur, la nuit. Devant l'avion : des cercueils empilés sur une palette, sous un filet.

Les cercueils de sept victimes canadiennes de l'écrasement du Boeing 737 MAX en Éthiopie, en mars, ont été rapatriés au pays mardi.

Photo : Clariss Moore/Photo soumise

Camille Gris Roy

C’est la fin d’une longue attente pour les familles des Canadiens qui ont perdu la vie dans l’écrasement du Boeing 737 MAX d’Ethiopian Airlines. Sept mois après l'accident, les corps de Stéphanie, Danielle, Amina et plusieurs autres victimes ont finalement pu être rapatriés au pays mardi.

Sylvie Lamarche Lacroix a refait le voyage jusqu’en Éthiopie cette fin de semaine pour ramener le corps de sa fille, Stéphanie Lacroix, l’une des 18 victimes canadiennes de la catastrophe aérienne.

La jeune Franco-Ontarienne de 25 ans, originaire de Timmins, était coordonnatrice de projet de l’Association canadienne pour les Nations unies en Afrique.

Le 10 mars 2019, elle accompagnait trois jeunes leaders à une conférence de l’ONU pour l’environnement au Kenya. Leur avion à destination de Nairobi s’est écrasé quelques minutes après le décollage depuis la capitale de l’Éthiopie, Addis Abeba. Au total, 157 personnes de 35 pays différents sont mortes dans cet accident.

Une femme avec une tuque.

Stéphanie Lacroix, 25 ans, a perdu la vie dans l'écrasement d'avion en Éthiopie.

Photo : Facebook

C’est seulement le mois dernier que la famille Lamarche Lacroix a reçu l’appel de la compagnie responsable des analyses d’ADN et de l’identification des corps : Stéphanie allait enfin pouvoir revenir à Timmins.

Dès la première journée, on nous avait dit : 6 à 9 mois. Ça avait déjà été établi que, dans une tragédie comme celle-là, ça peut prendre très, très longtemps, confie Sylvie Lamarche Lacroix, en entrevue avec Martine Laberge pour Le matin du Nord.

Un homme et deux femmes, portant le même chandail gris avec l'inscription "Balance", devant une étendue d'eau dans un grand terrain vague.

Les parents de Stéphanie Lacroix, Alain et Sylvie, et sa sœur Dominique sont retournés en Éthiopie sur les lieux de l'accident d'avion, pour rendre hommage aux victimes.

Photo : Photo soumise/Sylvie Lamarche Lacroix

Il y a tellement de logistique d'impliquée, tellement de différents gouvernements, donc on savait que c’était comme ça que ça se passait et on était en attente, prêts à quitter lorsqu’on nous le demanderait.

À écouter :

Un témoignage plus long de Sylvie Lamarche Lacroix a été diffusé mercredi matin à l'émission Le matin du Nord. Vous pouvez l'écouter dans l'audiofil de l'émission à 7 h 16.

Un certain soulagement

Comme d’autres proches de victimes, la famille de Stéphanie s’était déjà rendue une première fois en Éthiopie juste après le drame, pour voir le lieu de l'accident. C’est en compagnie de quatre autres familles de victimes, avec qui ils ont tissé des liens depuis, qu’ils y sont retournés pour vivre cette étape importante de leur deuil.

Ça semble drôle, mais c’était positif de savoir qu’on aurait la chance de ramener Stéphanie chez nous.

Sylvie Lamarche Lacroix, mère de Stéphanie Lacroix

À son arrivée à l'aéroport Pearson de Toronto mardi, le vol qui transportait les cercueils a été escorté par des pompiers. Les proches se sont ensuite rassemblés dans la salle de prière de l’aéroport pour une courte cérémonie, en présence de représentants d’Affaires mondiales Canada et de l’ambassade d’Éthiopie au Canada.

Une dizaine de personnes assises dans une salle.

Les familles de plusieurs victimes canadiennes de l'accident d'avion sont revenues mardi matin d'Éthiopie avec les cercueils de leurs proches. Elles se sont rassemblées dans une petite salle de prière de l'aéroport Pearson à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Clariss Moore a ramené le corps de sa fille Danielle. La jeune femme de 24 ans, originaire de Scarborough, avait été choisie pour participer à la même conférence de l’ONU que Stéphanie.

Danielle revient enfin à la maison... mais elle revient dans un cercueil. Je n’aurais jamais imaginé que ça arriverait.

Clariss Moore, mère d'une des victimes de l'écrasement d'avion

Encore aujourd’hui, c’est un jour qui nous rappelle la réalité : que ma fille nous a été enlevée. Ça a été un long processus d’essayer de faire notre deuil. Je ne pense pas qu’on réussira un jour à trouver entièrement la paix. Mais là, c’est une pièce importante du casse-tête, ajoute son mari, Chris Moore.

Mohamed Ali, qui a perdu sa sœur Amina et sa nièce Sofia dans l’accident, a l’impression d’avoir passé les sept derniers mois de sa vie « en suspens », mais est soulagé de pouvoir enfin organiser leur enterrement.

Une femme enlace un homme dans une salle. Derrière eux, d'autres personnes sont rassemblées.

Clariss Moore enlace Mohamed Ali à l'aéroport international Pearson de Toronto, à leur retour d'Éthiopie. Tous deux ont perdu des proches dans l'écrasement du Boeing 737 MAX en mars.

Photo : Radio-Canada

On arrive vers la fin de ce voyage tragique, qui a commencé en mars. Ramener les corps, c’est vraiment significatif. Parce que maintenant, ils vont pouvoir reposer en paix.

C’est seulement quand vous touchez au cercueil que vous réalisez que votre être cher n’est plus ici.

Mohamed Ali, proche de deux victimes

Dans le cas de Stéphanie Lacroix, ses funérailles pourront finalement avoir lieu samedi, à Timmins, en Ontario.

Trouver des réponses

Mais le périple ne s’arrête pas là pour ces familles qui sont toujours en quête de réponses, alors que l’enquête sur les circonstances de l’accident se poursuit.

Des secouristes fouillent les débris du Boeing 737 MAX 8 qui s'est écrasé dimanche à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Des secouristes fouillent les débris du Boeing 737 MAX 8 qui s'est écrasé en mars à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Photo : The Associated Press / Mulugeta Ayene

Les parents de Danielle Moore, qui ont entrepris des démarches judiciaires contre Boeing, s’envolent pour Washington dans les prochains jours, où l’ancien PDG de la compagnie doit témoigner.

Chaque fois qu’il entend des nouvelles sur Boeing, et la façon dont le constructeur a géré l'arrivée des nouveaux appareils 737 MAX, Chris Moore revit la douleur. Ça nous rappelle que notre fille nous a été enlevée parce qu’on a bâclé le processus, on a apporté cette nouvelle technologie sans que les régulateurs la comprennent vraiment, affirme-t-il.

En mémoire des victimes

Les proches tentent aussi, à leur façon, de garder vivante la mémoire des victimes. Après l’accident, la famille de Danielle Moore a ouvert un fonds de réserve en son nom.

Stéphanie Lacroix a aussi un fonds humanitaire en son honneur. Pour qu’on puisse redonner, encourager des agences locales, et continuer le travail que Stéphanie avait commencé et changer le monde un petit peu à la fois, souligne sa mère.

Plus récemment, l'Université d’Ottawa, où la jeune fille avait étudié, les a d’ailleurs approchés pour créer une bourse. Pour d’autres étudiants en développement international qui aimeraient voyager à l’international pour avoir des expériences d’aide. On aimerait que d’autres étudiants aient la même opportunité que Stéphanie a eue. Dès qu’on aura assez de fonds, cette bourse-là sera établie.

Avec les informations de Martine Laberge et Sylvia Thomson

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