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Risque de grève de 1500 fonctionnaires au Nouveau-Brunswick

Des manifestants devant un camion-remorque à l'arrêt

Des travailleurs d'une buanderie provinciale à Saint-Jean ont bloqué le passage de camions le 17 octobre. Ils ont reçu le lendemain l'ordre de reprendre le travail.

Photo : CBC/Hadeel Ibrahim

Jessica Savoie

Les négociations entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et environ 1500 de ses employés représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) sont dans une impasse, selon la Commission du travail et de l'emploi.

Il s'agit des négociations pour le renouvellement de la convention collective des membres de la section locale 1190 du SCFP qui représente des employés de plusieurs ministères provinciaux, dont ceux des Transports et du Tourisme.

On est dans une impasse parce que le gouvernement refuse de faire du mouvement dans les négociations pour la nouvelle convention collective de certains employés qui travaillent dans la buanderie, mais aussi des 1500 employés du gouvernement provincial représentés par le syndicat, affirme un représentant syndical au SCFP, Samuel LeBlanc.

Samuel LeBlanc à l'extérieur devant l'enseigne du SCFP.

Samuel LeBlanc, conseiller syndical au SCFP.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

C'est le syndicat au complet qui est dans une impasse.

Samuel LeBlanc, représentant syndical au SCFP

M. LeBlanc affirme que le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le SCFP, ont cinq jours pour répondre à la Commission du travail et de l'emploi et confirmer s'ils veulent ou non régler la question avec un arbitrage exécutoire. Le syndicat souhaite que le gouvernement choisisse cette option.

À ce point ici, vu qu'on est dans une impasse dans les négociations, la prochaine étape, c'est soit qu'on va sous un arbitrage exécutoire, donc qui est assez semblable à ce que les foyers de soins demandent au gouvernement Higgs. Mais on s'attend que le gouvernement n'acceptera peut-être pas ça, ce qui est dommage, explique Samuel LeBlanc.

Si le gouvernement n'accepte pas d'aller devant un arbitre, la prochaine étape, c'est une grève.

Samuel LeBlanc, représentant syndical au SCFP

Le gouvernement a répondu à la demande d'arbitrage en indiquant qu'une décision sera prise dans les délais prescrits. Nous avons été informé de la demande d'arbitrage de la centrale syndicale 1190. Le gouvernement va étudier la demande et informera la Commission sur les relations de travail de sa décision d'ici le délai ordonné par la Commission, soit le 29 octobre.

De meilleures conditions de travail

Le SCFP réclame une augmentation globale de 12 % des salaires syndiqués sur une période de quatre ans, recommandation qui a été publiée dans un rapport indépendant, selon M. LeBlanc.

Le syndicat demande aussi de meilleures conditions de travail pour les employés occasionnels de la fonction publique.

Mais selon Samuel LeBlanc, le gouvernement s'est montré totalement inflexible à ces propositions.

Blaine Higgs le 29 mars 2019.

Le premier ministre Blaine Higgs.

Photo : Radio-Canada

Si le gouvernement n'accepte pas ses propositions, le SCFP pourrait déclencher une grève générale. La situation pourrait être catastrophique pour le gouvernement, selon Samuel LeBlanc, parce qu'une grève pourrait ralentir fortement des activités et des services du gouvernement.

C'est vraiment quelque chose qui pourrait affecter le gouvernement dans son ensemble. Évidemment, on espère de ne pas se rendre là, mais on n'a pas le choix de se rendre à cette étape-là parce que le gouvernement ne veut pas négocier avec nous une nouvelle convention, soutient Samuel LeBlanc.

Il faut qu'on se demande si une grève est la seule façon pour que le gouvernement nous écoute. Ça semble être la seule façon pour ce gouvernement-là, le gouvernement Higgs, de nous écouter.

Des employés à bout de souffle

Des syndiqués de la buanderie de Saint-Jean, qui s'occupent du nettoyage de serviettes et de draps dans les hôpitaux de la province, ont fait une grève illégale de deux jours la semaine dernière. Ils voulaient faire valoir leurs droits à leur employeur, mais ils ont dû cesser la grève et retourner au travail.

Deux femmes avec de grands draps devant une machine industrielle.

Photos d'archives d'une buanderie industrielle.

Photo : Radio-Canada

La grève illégale a été brève, mais a eu des répercussions dans plusieurs hôpitaux dans la province. Au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton, par exemple, on a manqué ces derniers jours de serviettes et de draps propres.

Des employés à qui Radio-Canada a parlé dimanche affirment que leur milieu de travail est dangereux et qu'on les traite comme de la machinerie. Certains se plaignent notamment de recevoir des appels téléphoniques en pleine nuit pour se rendre au travail et d'être chronométrés lorsqu'ils vont aux toilettes.

Samuel LeBlanc ajoute que les employés des buanderies ne sont pas les seuls à vouloir que leurs conditions de travail soient réévaluées. Beaucoup d'employés occasionnels dans des secteurs saisonniers attendent aussi une réponse du gouvernement de Blaine Higgs.

Des manifestants avec des pancartes.

Des employés de foyers de soins du Nouveau-Brunswick ont manifesté devant les bureaux du ministre des Finances, Ernie Steeves.

Photo : Radio-Canada

C'est un peu une coïncidence dans le fond, mais, la semaine dernière les employés de la buanderie on fait une grève illégale [...] et on a vu à quel point ç'a eu un impact sur les hôpitaux, les cliniques, souligne Samuel LeBlanc.

Fredericton espère toujours s'entendre avec le syndicat

Le gouvernement ne fait pas de commentaires pour le moment et il croit toujours à la possibilité de reprendre les négociations.

Nous préférons réserver nos commentaires alors que nous demeurons confiants que les deux partis reviendront à la table des négociations et parviendront à une entente, explique la porte-parole du Conseil du Trésor, Vicky Deschênes.

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Nouveau-Brunswick

Politique provinciale