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Photo d'un homme en complet devant un micro

Le premier ministre Doug Ford (archives)

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Julie-Anne Lamoureux

ANALYSE - Doug Ford a félicité Justin Trudeau pour sa victoire et a souligné la campagne « exceptionnelle » de tous les chefs.

Il a fait ces commentaires devant les membres de l'Association de la Police provinciale de l'Ontario au lendemain de l'élection générale fédérale. Un événement auquel les médias n'étaient pas conviés.

La semaine dernière, de passage à Kenora dans le Nord-Ouest de l'Ontario, le premier ministre ontarien a répété qu'il travaillerait avec le prochain gouvernement fédéral, peu importe qui le dirigerait.

Chaque fois sur un ton conciliant et calme. Aucune arrogance. Aucune combativité.

Il a même blagué en parlant de Justin Trudeau : Il doit m'aimer parce qu'il parle de moi constamment, alors que le chef libéral l'a critiqué et provoqué tout au long de la campagne électorale.

Justin Trudeau a évoqué le nom et l'impopularité de Doug Ford et il a tenté de les associer au chef conservateur fédéral pour discréditer Andrew Scheer.

On a connu un Doug Ford beaucoup plus impulsif et combatif dans le passé, mais pas cette fois.

Doug Ford est-il un homme nouveau après une pause parlementaire de près de cinq mois? Après un séjour loin des projecteurs et des médias? Ou est-ce l'épreuve et la réalité du pouvoir qui commencent à faire leur chemin?

Les derniers mois ont été difficiles pour Doug Ford : mécontentement populaire, volte-face sur les sujets controversés, taux d'approbation bas. Diriger n'est pas toujours facile et les progressistes-conservateurs provinciaux tentent de redorer leur image.

Recréer des liens

Les conservateurs d'Andrew Scheer ont tout fait pour s'éloigner de Doug Ford durant la campagne, comme s'il était devenu toxique. Le premier ministre a donc des ponts à rebâtir avec les Ontariens, mais aussi avec ses homologues fédéraux.

Malgré une conversation téléphonique positive et constructive entre Doug Ford et Justin Trudeau au lendemain de l'élection, on peut présumer que les deux hommes n'ont pas beaucoup d'atomes crochus. Ils ont convenu de travailler ensemble sur des dossiers prioritaires, le transport en commun par exemple.

Et la taxe du carbone dans tout ça?

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, estime que les électeurs se sont prononcés lundi sur la taxe fédérale sur le carbone. Et devant la victoire libérale, il tentera de proposer un plan pour le Nouveau-Brunswick qui puisse satisfaire le fédéral.

Au mois d'août, Doug Ford a laissé entendre qu'il pourrait abandonner sa bataille judiciaire contre la taxe du carbone si les libéraux étaient reportés au pouvoir. Son nouveau ton conciliant ira-t-il jusque là?

Son bureau répond dans une déclaration laconique qu'il évalue les résultats de l'élection fédérale et que le premier ministre va continuer à discuter des efforts de son gouvernement pour combattre la taxe fédérale sur le carbone.

Un équilibre des forces

Historiquement, les Ontariens ont souvent choisi d'équilibrer les forces et de confier le pouvoir au provincial et au fédéral à des partis différents. Le conservateur Mike Harris a dirigé l'Ontario pendant une bonne partie des années libérales de Jean Chrétien, par exemple. À l'inverse, les années de Dalton McGuinty se sont déroulées avec un gouvernement conservateur de Stephen Harper à Ottawa. Cette fois-ci encore, les Ontariens n'ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier.

Il ne fait aucun doute que le facteur Ford a nui aux conservateurs fédéraux. Les libéraux continuent de dominer la grande région de Toronto, un secteur névralgique pour tout parti qui souhaite diriger le pays. Il reste que Justin Trudeau est lui aussi affaibli au lendemain de cette élection avec un mandat minoritaire. Lui aussi devra adopter un ton conciliant avec Doug Ford qu'il a attaqué tout au long de la campagne.

Il y aura des poignées de main tendues et des sourires polis, disons. Beaucoup d'humilité pour tous... Au bout du compte, ce sont peut-être les électeurs qui en bénéficieront.

Toronto

Politique fédérale