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Dérives, le rap engagé de Squerl Noir sur trame « old school »

Un jeune homme est assis sur un sofa et regarde la caméra.

Le mini-album « Dérives » du rappeur Squerl Noir sera en vente à compter du 25 octobre 2019.

Photo : Facebook : Squerl Noir / Crédit : Julien Lavoie

Christelle D'Amours

L’Ottavien Squerl Noir lance le mini-album Dérives, inspiré par le changement. Alors que les rythmes en 4/4 rappellent les origines du hip-hop, bouleversements climatiques, anxiété et violence faite aux femmes ancrent efficacement les textes dans l’actualité.

David Robquin, qui se fait depuis connaître sur scène sous son nom d'artiste Squerl Noir, quittait sa France natale pour s’établir à Ottawa il y a trois ans. C’est dans la capitale nationale qu’est né son projet musical alliant textes engagés et débit rythmé flirtant avec le rock.

J’ai une grosse influence old school, mentionne celui qui a découvert le rap français dans les années 2000.

C’est du rap alternatif, dans le sens où j’ai une grosse influence du post-rock et du rock progressif par la guitare, mais ça reste du rap dans la façon de délivrer : c’est rythm and poetry, ajoute le Franco-Ontarien d’adoption.

Squerl Noir se dit fier de s’inscrire dans le développement de la scène rap franco-ontarienne aux côtés d’artistes comme Yao, trois fois primé aux Trille Or 2019, Le R Premier ou encore Le FloFranco, qui a lancé son premier album en septembre.

Avec la collaboration des Torontois DJ Unpier et Kenan Belzner (pour le mixage), l’artiste lance une compilation se voulant différente de l’offre hip-hop actuelle dans la francophonie canadienne.

Ce ne sont pas les sonorités recherchées en ce moment, ''mainstream'' comme Loud ou les rappeurs comme Koriass, au Québec.

Squerl Noir

Avant de lancer Dérives, Squerl Noir a beaucoup réfléchi. Il lui aura fallu deux ans pour tester, travailler et réarranger seul les quatre titres du EP qui, au final, sont reliés par la conception du changement.

À l’aube de ses 30 ans, l'artiste se questionne sur son histoire, mais aussi sur son environnement.

Un homme regarde par la fenêtre, assis sur un divan.

L'artiste Squerl Noir est établi à Ottawa.

Photo : Julien Lavoie

Créer à flots et en flows

La pièce Solstice propose une habile allégorie : le rappeur compare la rivière des Outaouais, qui fond au printemps, à une femme se libérant de l’emprise d’un homme violent. C’était une façon d’apporter le sujet sans être trop frontal, explique-t-il.

Je trouvais ça intéressant de le mettre sous la métaphore de cette rivière parce que j’étais un peu mal à l’aise d’être un homme et de parler de ça.

Squerl Noir

Je parle beaucoup d’Ottawa, que je considère maintenant comme mon chez-moi, précise le rappeur. Ce que j’avais envie de dire et le besoin de le dire, c’est vraiment né de ce que j’ai vécu ici.

Ailleurs, le morceau le plus profond selon l’auteur-compositeur-interprète, raconte le regard de ses proches lorsqu’il a décidé de s’établir au Canada. Sa nouvelle vie lui a permis de grandir et de découvrir également que le changement apporte son lot d’incertitudes.

Mille feux rappelle cette anxiété, mais aussi la nécessité de lâcher prise.Se laisser aller, profiter de la vie et juste apprécier le fait qu’on est là, puis que les choses peuvent être pires, soutient l'auteur-compositeur-interprète.

À l’instar de ce qu’il appelle du « rap léger », Squerl Noir préfère dénoncer. Tempête aborde les changements climatiques devant lesquels on ne peut fermer les yeux, à son avis. Je me suis lâché lousse parce qu’il y a plein de choses qui m’exaspèrent sur l’environnement, sur les politiques du monde en ce moment. C’est le morceau contestataire, déclare-t-il.

Lors du lancement à l’espace Cinqhole, dans le quartier Hintonburg, à Ottawa, mercredi, c’est la revendication qu’on entendra, au son de la batterie bien sentie.

POUR Y ALLER
Le 23 octobre au Cinqhole, à Ottawa, 17 h
Le 24 octobre au Quai des Brumes, à Montréal, 17 h

Avec la collaboration de Jean-François Chevrier

Ottawa-Gatineau

Musique hip-hop