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Pas d’embouteillages chez les fourmis

Des fourmis se déplacent sur un pont.

Des fourmis (Linepithema humile) se déplacent sur un pont.

Photo : CNRS/Emmanuel Perrin

Radio-Canada

Lorsque le nombre de fourmis augmente sur un trajet, leur flux croît à son tour pour atteindre une certaine constance, contrairement aux humains qui, eux, au-delà d’un certain seuil de densité, ralentissent jusqu’à provoquer un bouchon. Explications.

Dans les sociétés humaines, les embouteillages illustrent parfaitement le problème associé à une trop forte concentration d’individus qui circulent dans un même espace.

Chez les fourmis, toutefois, les déplacements d’un grand nombre d’entre elles ne semblent pas créer de problèmes de circulation, et ce, même quand la circulation est extrêmement dense. Une réalité qui leur permet de ne pas nuire à leur récolte de nourriture.

Observer pour comprendre

Des chercheurs américains (Université d’Arizona), français (Université Toulouse III – Paul Sabatier) et australiens (Université d’Adélaïde) ont voulu comprendre comment de grandes colonies de fourmis réussissent à se déplacer sans perdre d’efficacité.

Pour ce faire, la biologiste Laure-Anne Poissonnier et ses collègues ont mené 170 expériences filmées afin d’observer le trafic des fourmis (Linepithema humile) entre leur nid et une source de nourriture.

Ils ont parfois modifié la largeur de la route et le nombre de fourmis (de 400 à 25 600) pour y arriver

Le saviez-vous?

Il existe plus de 20 000 espèces de fourmis à l'échelle planétaire.

Surprise sur le chemin

Les fourmis accélèrent jusqu’à atteindre la capacité maximale d’individus que peut supporter la route. Lorsque la densité devient trop importante et que les collisions entre fourmis sont trop nombreuses, les fourmis changent alors de stratégie : elles préfèrent éviter les collisions, synonymes de retards, plutôt que de continuer d’accélérer.

Les humains, eux, au-delà d’un certain seuil de densité, ralentissent jusqu’à avoir un flux nul, ce qui provoque un embouteillage.

Toutefois, les auteurs de ces travaux publiés dans la revue eLife (Nouvelle fenêtre) (en anglais) ont aussi constaté que, lorsque la densité devient trop importante, les fourmis cessent de s’engager sur la route, préférant attendre le bon moment pour le faire.

Des buts différents

Il faut quand même noter que, si le trafic chez les fourmis présente de nombreuses analogies avec les mouvements de piétons et de véhicules, il repose aussi sur des différences fondamentales.

Ces insectes sont protégés par leur exosquelette et ne craignent pas les chocs. Cette réalité leur permet d’accélérer, alors que les humains doivent ralentir pour éviter les accidents et les blessures.

Un autre détail important doit être considéré : les colonies partagent un but commun lors de leurs déplacements, soit la récolte de nourriture. Pour cette raison, elles ont intérêt à ne pas perdre en efficacité, quelle que soit leur densité.

Elles adaptent en continu leurs règles de déplacement en fonction de la densité locale, tandis que le trafic automobile des humains, lui, doit se soumettre à des règles imposées comme les feux rouges, qui ont immanquablement un effet sur le trafic.

Zoologie

Science