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Le plan d’Elizabeth Warren pour gagner les primaires démocrates

La sénatrice du Massachusetts a devancé l’ancien vice-président Joe Biden dans certains sondages. Mais sa campagne a des défis à surmonter.

La sénatrice Elizabeth Warren prononçant un discours.

La sénatrice Elizabeth Warren dans un rassemblement partisan, à Norfolk, en Virginie

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Raphaël Bouvier-Auclair

« J’ai un plan pour ça! »

C’est presque devenu le slogan de sa campagne. Quand Elizabeth Warren s’adresse à ses partisans, elle élabore une stratégie détaillée sur chacun des thèmes-clés de sa campagne.

J’aime qu’elle soit progressiste et qu’elle présente un plan pour les problèmes qu’elle veut régler, lance un jeune démocrate, venu assister vendredi dernier à un rassemblement partisan d’Elizabeth Warren à Norfolk, en Virginie.

Des pancartes électorales de la campagne d'Elizabeth Warren.

Des militants attendent le discours d'Elizabeth Warren en Virginie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Éducation, santé, lutte contre la corruption : dans son discours de près d’une heure, dans lequel elle parle très peu du président Trump, la sénatrice met l’accent sur ses propositions politiques, ce qui, visiblement, plaît aux militants.

Nous ne voulons pas d’un gouvernement qui travaillera pour les grandes entreprises multinationales, nous voulons un gouvernement qui travaillera pour nos familles.

Elizabeth Warren, candidate à l'investiture démocrate

Pour introduire ses promesses, la candidate, ancienne professeure à Harvard, revient sur ses origines modestes en Oklahoma. Elle détaille ensuite son parcours professionnel qui l’a menée à enseigner, puis à créer le Bureau américain de protection des consommateurs avant qu'elle ne se lance en politique active.

Certaines propositions d'Elizabeth Warren :

  • établir un système d’assurance maladie universel

  • offrir des services de garde abordables

  • fixer le salaire minimum à 15 $

  • effacer les dettes étudiantes

La sénatrice Elizabeth Warren, sur une scène.

Elizabeth Warren expose ses propositions politiques à Norfolk, en Virginie.

Photo : Radio-Canada

Cette dernière proposition plaît particulièrement à Gabrielle Blake, une démocrate de la région de Norfolk, qui, même dans la cinquantaine, traîne toujours une dette étudiante de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

J’aime les idées qu’elle propose pour le gouvernement, lance-t-elle, ajoutant du même trait qu’elle s’attend à plus de transparence de la part de la sénatrice.

« Comment va-t-elle payer? »

Combien ça coûte?, ajoute Tim, un républicain déçu tenté par les démocrates, faisant écho à une question que plusieurs électeurs se posent.

La question qui est sur toutes les lèvres : Comment va-t-elle payer pour ses programmes?, lance Alex, un militant démocrate.

Devant la foule, la candidate répète entre autres son intention d’imposer davantage les citoyens les plus riches, dont la fortune dépasse les 50 millions de dollars.

N’empêche que plusieurs de ses adversaires à l’investiture, notamment l’ancien vice-président Biden, lui reprochent de manquer de clarté à propos du possible impact sur les contribuables du système universel d’assurance maladie qu’elle promet d’établir.

Lundi, la candidate s'est finalement engagée à présenter au cours des prochaines semaines un plan qui évoquera spécifiquement les coûts liés à sa promesse.

Des chandails et des casquettes à l'effigie de la campagne d'Elizabeth Warren.

La campagne Warren profite des rassemblements pour vendre des produits promotionnels.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Le besoin d’élargir sa base

Dans les rassemblements d’Elizabeth Warren, l’intérêt pour la candidate est indéniable. À Norfolk, des centaines de militants ont patiemment attendu après l’événement pour obtenir leur égoportrait avec la candidate. Une scène qui est d’ailleurs devenue une tradition des événements de campagne.

Mais le niveau d’enthousiasme à l’égard de sa campagne n’est pas le même dans l’ensemble de l’électorat démocrate.

Elizabeth Warren prend une photo avec une partisane.

Après les rassemblements d'Elizabeth Warren, de nombreux militants veulent prendre une photo avec la candidate.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Au rassemblement de vendredi par exemple, les gradins étaient majoritairement remplis d’électeurs blancs, dans une région où les Afro-Américains représentent pourtant 40 % de la population.

Un récent sondage Hill-Harris X à propos de l’électorat noir, crucial au sein du Parti démocrate, donnait une avance de 24 % à Joe Biden sur Bernie Sanders, le sénateur du Vermont, qui arrivait bon deuxième dans les intentions de vote. Elizabeth Warren, elle, obtenait 8 % des appuis.

Des militants écoutent le discours d'Elizabeth Warren.

Les propositions d'Elizabeth Warren reçoivent un bon accueil de la part des militants présents au rassemblement.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Tant que nous aimons Barack Obama, nous allons aimer Joe Biden, admet Angel Brown, une militante afro-américaine qui croit néanmoins que le vent pourrait tourner en faveur d’Elizabeth Warren.

Le politologue de l’université Howard, Lorenzo Morris, qui est expert de l’électorat afro-américain, abonde dans le même sens, mentionnant des précédents historiques.

En 2008, Obama était derrière Hillary Clinton parmi les électeurs noirs jusqu’aux caucus et primaires d’Iowa et de Caroline du Sud [remportées par Obama]. À ce point-là, ils se sont rendu compte qu’Obama pouvait gagner, explique-t-il.

S’il affirme qu’Elizabeth Warren a encore du travail à accomplir pour se faire connaître, l’universitaire estime qu’elle pourrait finir par rallier une majorité d’électeurs afro-américains si elle semble être en meilleure posture que ses adversaires pour l’emporter, non seulement aux primaires, mais aussi lors de l’élection présidentielle.

Des personnes à un rassemblement partisan.

La campagne Warren estime que 4000 personnes se sont présentées au rassemblement partisan de Norfolk, vendredi dernier.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Cette question à propos de la possibilité d’être élu est d’ailleurs au coeur de la réflexion de nombreux militants démocrates.

Même si elle a quitté le rassemblement de vendredi, séduite par la sénatrice du Massachusetts, Gabrielle Blake admet se poser des questions sur les chances de victoire aux élections présidentielles d’une candidate progressiste comme Elizabeth Warren. Il y a dilemme entre voter pour celui qui peut gagner, comme Biden, ou voter pour le candidat qu’on veut, lance-t-elle.

Le camp Warren dispose d’environ trois mois, d’ici les premiers votes dans le cadre des primaires, pour convaincre ces militants qui, malgré leur enthousiasme, entretiennent toujours des doutes.

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