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Langues officielles : les francophones veulent une nouvelle loi « dans 6 mois »

Affichette avec les mots « français » et « anglais » sur un comptoir.

La Loi sur les langues officielles a fêté ses 50 ans cette année (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au lendemain des élections fédérales, les acteurs de la francophonie entendent rappeler aux différents chefs des partis un de leurs engagements : mettre sur pied une nouvelle version de la Loi sur les langues officielles, plus moderne et en accord avec les besoins des francophones en milieu minoritaire.

Six mois : c’est le temps que se donnent les représentants des organismes francophones du Canada pour convaincre un Parlement fragmenté de moderniser la Loi sur les langues officielles (LLO).

Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) précise : On va lancer dès cette semaine des invitations ou des demandes de rencontres avec chacun des chefs pour confirmer l’engagement envers la modernisation.

Le président a notamment en tête les déclarations d'Yves-François Blanchet. Ce dernier a estimé que les francophones hors Québec devaient jouir des mêmes droits que les anglophones dans la Belle Province, dit Jean Johnson. Le président de la FCFA voit là un nouvel allié pour la cause.

Les conservateurs, les libéraux et les néo-démocrates ont aussi promis pendant la campagne de moderniser la loi, bien que la FCFA ait regretté le manque d'engagements sur certaines des mesures qu'elle souhaiterait voir dans la nouvelle loi.

Jean Johnson rappelle toutefois des déclarations d’Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada. Cette dernière a indiqué que, si elle était élue, elle ferait en sorte de présenter le nouveau texte à la Chambre des communes dans la première année de son mandat.

Le président de la FCFA souhaite aller plus vite. Le Sénat a travaillé deux ans sur la présentation de ce document-là. Les communautés francophones ont fait de même. Maintenant, il faut passer à la rédaction. Dans six mois, il n’y a rien qui nous empêcherait d’avoir un projet de loi présenté à la Chambre des communes , affirme Jean Johnson.

Attendue depuis longtemps, promise par Justin Trudeau lors de son dernier mandat, cette modernisation est dans tous les esprits au lendemain des élections fédérales.

Une division bénéfique?

Le Parti libéral est sorti vainqueur de cette élection, mais affaibli. Il devra composer avec le Parti conservateur, des députés néo-démocrates, bloquistes et verts.

Les Canadiens n’ont pas élu un gouvernement. Ils ont élu un Parlement, analyse Jean Johnson. Ce qui veut dire que Justin Trudeau va devoir travailler avec tous les partis pour s’assurer de gouverner.

Pour le président de la FCFA, fragmentation n’est en rien synonyme de ralentissement. C’est aussi que ce que pense le président de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), Christian Monnin.

Je crois c’est un moment très propice. Il est temps de rassembler, il est temps pour les partis de collaborer. C’est un moment où l'on peut vraiment faire de gros gains pour les communautés francophones, affirme-t-il.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin,estime lui aussi qu'un gouvernement minoritaire « va peut-être permettre de travailler plus efficacement parce qu’il va y avoir de la pression de part et d’autre pour faire avancer le dossier rapidement ».

La présidente de l'Association canadienne-française de l'Alberta, Sheila Risbud, pense aussi que la nouvelle composition du parlement pourra servir la cause des francophones hors Québec. La montée du Bloc québecois, dit-elle, permettra d'avoir une Chambre des communes plus francophone et ça fera peut-être aussi une dynamique différente dans le parlement.

De meilleurs services en français

Pour les organismes francophones, la modernisation de la loi reste la pierre angulaire pour améliorer les conditions de vie et de représentations des francophones en milieu minoritaire.

Le directeur général de la Fédération des aînés francophones du Canada (FAFC), Jean-Luc Racine, estime que l’augmentation des services en français dépend de ce texte.

On aimerait qu’il y ait des clauses linguistiques au niveau du transfert en santé car, en ce moment, le fédéral remet beaucoup d’argent aux provinces pour la santé. Mais, en échange, il n’exige absolument rien en termes de services en français. Or, nos aînés veulent des services en français, souligne Jean-Luc Racine.

Le député libéral Daniel Vandal, réélu dans Saint-Boniface–Saint-Vital, la circonscription avec la plus forte proportion de francophones de l'Ouest canadien, a confirmé son intention de travailler sur le texte d'une nouvelle loi sur les langues officielles. Nous allons avancer avec les partenaires ici à Saint-Boniface et au Manitoba, a-t-il affirmé. Il faut qu'on investisse dans la petite enfance pour que les parents puissent emmener leurs enfants dans des garderies en français et dans des écoles en français.

Pour Jean Johnson, la balle est désormais dans le camp des francophones. Les gens sont prêts! Il faut juste aller chercher le courage de leur conviction pour continuer de faire avancer le dossier, estime-t-il.

Avec des informations d'Abdoulaye Cissoko

Manitoba

Francophonie