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Élections américaines 2020 : Facebook et Instagram s'attaquent à l'ingérence étrangère

Vladimir Poutine et Donald Trump en pleine discussion au Sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne, le 7 juillet 2017.

De multiples enquêtes aux États-Unis ont confirmé les tentatives d'ingérence de la Russie dans la course présidentielle de 2016, dont un rapport bipartisan du Sénat rendu en octobre.

Photo : La Presse canadienne / AP/Evan Vucci

Radio-Canada

Facebook a dévoilé lundi une série de dispositions visant à réduire la désinformation qui se propage sur sa plateforme, notamment une indication plus claire relative aux publications mensongères. Certaines de ces mesures s'appliqueront également à sa filiale Instagram, qui est un outil de plus en plus utilisé par les groupes étrangers qui se lancent dans des campagnes de manipulation de l'opinion publique.

Cette annonce survient peu de temps après que Facebook a été critiqué pour sa décision de ne pas soumettre les publicités électorales à une vérification des faits. Plus tôt ce mois-ci, Facebook a refusé de retirer des publicités de Donald Trump qualifiées de mensongères par l’équipe de campagne de Joe Biden, le candidat démocrate favori pour affronter Trump en 2020.

Facebook a opposé une fin de non-recevoir au camp Biden, faisant valoir que sa politique de vérification des faits portant sur les publicités diffusées sur le réseau social ne s’applique pas aux hommes et aux femmes politiques.

Facebook Protect : une protection supplémentaire pour les comptes politiques

Parmi les changements annoncés, le réseau social introduit le programme Facebook Protect (Nouvelle fenêtre), qui vise à protéger davantage les comptes des candidats et des candidates aux élections, des élus et des élues, des départements d'État et des comités multipartites.

Ceux et celles qui s'inscriront à ce programme volontaire seront soumis à une authentification à deux facteurs et leurs comptes seront surveillés de près pour repérer d'éventuelles menaces, comme des tentatives de connexion à partir d'un lieu ou d'un appareil inhabituels.

Nous avons la responsabilité de mettre fin aux abus et à l'ingérence dans les élections qui se déroulent sur notre plateforme. C'est pourquoi, depuis 2016, nous avons fait des investissements considérables afin de déceler les nouvelles menaces, de colmater les brèches de sécurité et de réduire la propagation de la désinformation virale et des faux comptes.

L'équipe de Facebook

Des étiquettes pour reconnaître les fausses nouvelles

Facebook et Instagram vont également ajouter une mention indiquant clairement le contenu à risque. Au cours des prochains mois, les contenus qui auront été évalués comme étant faux ou partiellement faux par des vérificateurs ou des vérificatrices des faits indépendants seront étiquetés plus clairement; vous pourrez ainsi mieux reconnaître l'information qui est fiable, a affirmé Facebook.

Deux écrans de téléphone montrant une page Facebook et une page Instagram avec la mention « Fausse information » en anglaisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La nouvelle mention visant à reconnaître la fausse information sur Facebook et Instagram

Photo : Facebook Newsroom

De plus, lorsqu'un ou une internaute voudra partager un tel contenu sur Instagram, une fenêtre apparaîtra pour l'avertir qu'il s'agit d'une fausse nouvelle, comme cela se fait sur Facebook depuis quelque temps. L'internaute pourra alors décider d'abandonner sa publication ou de la relayer en toute connaissance de cause.

Téléphone montrant une page Instagram avec la mention « Fausse information dans la publication » en anglaisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une fenêtre apparaîtra à l'écran lorsque vous voudrez partagez une fausse nouvelle sur Facebook ou Instagram.

Photo : Facebook Newsroom

D'autres mesures ont été annoncées par Facebook pour accroître la transparence et réduire la désinformation. Par exemple, l'identité du ou de la propriétaire d'une page devra clairement être fournie, les pages des médias contrôlés par l'État devront être déterminées comme telles et le réseau ajoutera une fonction pour suivre les dépenses électorales des candidats ou candidates en publicité sur Facebook.

Finalement, les publicités payantes suggérant que le vote est inutile seront bannies. Un investissement de deux millions de dollars sera fait pour soutenir des projets d'éducation aux médias.

Parallèlement à l'annonce sur les nouveaux outils en vigueur, Facebook a également affirmé avoir fermé quatre réseaux de comptes Facebook et Instagram provenant de Russie et d'Iran à l'origine d'« activités inauthentiques ».

Instagram, nouvelle arme de désinformation

L'utilisation d'Instagram pour semer la bisbille au sein de l'électorat américain est une tactique de plus en plus répandue. Par exemple, le réseau russe démantelé lundi comptait un seul compte Facebook, mais 50 comptes Instagram.

Selon des spécialistes interrogés par la chaîne NBC News, les mèmes et les vidéos sont en voie de devenir la principale source de désinformation lors de la prochaine campagne électorale.

La Russie pourrait même se tourner vers de nouvelles plateformes comme TikTok et Snapchat, des plateformes vidéo où les gens peuvent envoyer des messages sans se faire prendre, a expliqué à NBC News Charity Wright, une ancienne analyste en cybersécurité pour l'armée américaine et l'Agence de sécurité nationale (NSA).

Éviter que le scénario de 2016 se reproduise

Lors de l'élection présidentielle américaine de 2016, Facebook avait été sévèrement critiqué pour son laxisme dans l'affaire de l'ingérence russe. La compagnie affirme avoir investi des sommes importantes pour s'assurer que la situation ne se répète pas en 2020, mais les activités malveillantes ne semblent pas s'essouffler.

Facebook a affirmé que le réseau de faux comptes russes fermé lundi est lié à Internet Research Agency, l'organisation de propagande russe qui était au cœur de la campagne de manipulation orchestrée en 2016.

Les annonces faites par Facebook surviennent à la veille de la présence de son président et fondateur Mark Zuckerberg à Washington; celui-ci est attendu mercredi devant le Congrès des États-Unis, où il sera probablement appelé à témoigner sur le rôle de Facebook pour protéger le processus électoral des manipulations extérieures, selon le Washington Post.

Avec les informations de The Verge, NBC News, et Washington Post

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